Bannière de l'émission

Titre : Émission Libre à vous ! diffusée mardi 1er septembre 2020 sur radio Cause Commune
Intervenant·e·s : Jean-François Clair - Renaud de Colombel - Marie-Odile Morandi - Étienne Gonnu - Frédéric Couchet - Étienne Gonnu à la régie
Lieu : Radio Cause Commune
Date : 1er septembre 2020
Durée : 1 h 30 min
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Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Bannière de l'émission Libre à vous ! de Antoine Bardelli, disponible selon les termes de, au moins, une des licences suivantes : licence CC BY-SA 2.0 FR ou supérieure ; licence Art Libre 1.3 ou supérieure et General Free Documentation License V1.3 ou supérieure. Logo de la radio Cause Commune utilisé avec l'accord de Olivier Grieco.
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.
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Sommaire 
  1. Les nouveautés de la saison 4 de l'émission
  2. Syndicats de l'Éducation et logiciel libre, avec Jean-François Clair du SNES-FSU et Renaud de Colombel du Sgen-CFDT
  3. Chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe Transcriptions et administratrice de l'April : « En cette rentrée, n’oublions pas que "Partager est bon", retour sur les chroniques de Véronique Bonnet »
  4. Annonces

logo cause commune

Voix off : Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre.

Frédéric Couchet : Bonjour à toutes. Bonjour à tous.
Quel plaisir d’entendre ce générique ! C’est la rentrée ! Nous espérons que vous avez passé un bel été malgré le contexte et que vous êtes en pleine forme. Nous sommes ravis d’être de retour avec vous.
L’été a tout de même été actif de notre côté pour préparer une belle saison 4 de Libre à vous !, l’émission sur les libertés informatiques.
En ce jour de rentrée on fait bien sûr un message amical et un soutien à tous les élèves qui ont repris et aux personnels de l‘Éducation nationale avec un petit message particulier à ma femme qui est professeur des écoles et à mes trois enfants qui ont repris aujourd’hui.

Au programme du jour, eh bien on va parler d’Éducation nationale, de syndicats et du logiciel libre. Ce sera le sujet principal de l’émission, avec également au programme les nouveautés de la saison 4 de Libre à vous! et également la chronique de Marie-Odile Morandi qui nous fera un retour sur les chroniques de Véronique Bonnet intitulées « Partager est bon ». Nous allons parler de tout cela dans l’émission du jour.

Vous êtes sur la radio Cause Commune, la voix des possibles, 93.1 FM en Île-de-France et partout dans le monde sur le site causecommune.fm. La radio diffuse également en DAB+ en Île-de-France.

Soyez les bienvenus pour cette édition de Libre à vous !, l’émission pour comprendre et agir avec l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Je suis Frédéric Couchet, le délégué général de l’April. À la réalisation aujourd’hui mon collègue Étienne Gonnu en charge des affaires publiques. Bonjour Étienne.

Étienne Gonnu : Salut Fred.

Frédéric Couchet : Tu n’as pas trop chaud dans ton petit espace de régie avec le masque ?

Étienne Gonnu : Non, ça va.

Frédéric Couchet : Ça va. OK. Bonne réalisation.

Étienne Gonnu : Bonne émission à toi.

Frédéric Couchet : Le site web de l’April c’est april.org, vous pouvez y trouver une page consacrée à cette l’émission avec tous les liens et références utiles, les détails sur les pauses musicales et toute autre information utile en complément de l’émission et également les moyens de nous contacter. N’hésitez pas à nous faire des retours pour indiquer ce qui vous a plu mais également des points d’amélioration.

Nous sommes mardi 1er septembre 2020, nous diffusons en direct, mais vous écoutez peut-être une rediffusion ou un podcast.

Si vous souhaitez réagir, poser une question pendant ce direct, n’hésitez pas à vous connecter sur le salon web de la radio. Pour cela rendez-vous sur le site de la radio, causecommune.fm, cliquez sur le bouton « chat » et rejoignez-nous sur le salon dédié à l’émission #libreavous.
Nous vous souhaitons une excellente écoute et tout de suite place au premier sujet.

[Virgule musicale]

Les nouveautés de la saison 4 de l'émission

Frédéric Couchet : Nous allons commencer par accueillir les personnes qui découvrent l’émission en rappelant le concept de l’émission et on parlera de quelques nouveautés de la saison 4.
L’April est l’association nationale de promotion et de défense du logiciel libre.
Un logiciel est dit libre quand il accorde, par sa licence d’utilisation, la liberté de l’utiliser sans restriction, mais également celle d’étudier son fonctionnement, de le copier, de le modifier et de le redistribuer, quatre libertés fondamentales. C’est l’accès au code source du logiciel, la recette de cuisine quelque part, la recette de fabrication, qui permet l’accomplissement de ces quatre libertés fondamentales.
Depuis mai 2018, l’April anime une émission d’explications et d’échanges sur la radio Cause Commune sur le thème des libertés informatiques ; le titre : « Libre à vous ! ». L’émission se veut avant tout une émission d’explications et d’échanges sur les dossiers politiques et juridiques que l’association traite, sur les actions qu’elle mène, pour les libertés informatiques en général et, évidemment, particulièrement le logiciel libre.
Libre à vous ! c’est aussi un point sur les actualités du Libre, des personnes invitées aux profils variés, de la musique sous licence libre – et on va en parler dans les nouveautés -, des actions de sensibilisation. Donner à chacune et chacun, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux, mais aussi proposer des moyens d’action, tel est l’objectif de cette émission hebdomadaire.

Les podcasts des trois premières saisons sont à votre disposition : 71 émissions découpées en plusieurs sujets disponibles individuellement d’une dizaine de minutes à une heure.

La radio c’est avant tout des voix et peut-être aimeriez-vous explorer les coulisses de l’émission, voir comment cela se passe derrière les micros de Cause Commune. Pour cela nous avons mis en ligne, sur le site de l’April, une bande-annonce vidéo pour montrer des images, des visages. Donc vous pouvez retrouver sur april.org mais également sur causecommune.fm une bande-annonce qui vous permet de découvrir un petit peu les coulisses.

Je vous rappelle que la radio dispose également d’un webchat, donc utilisez votre navigateur web, rendez-vous sur le site de la radio, causecommune.fm, cliquez sur « chat » et retrouvez nous sur le salon dédié à l’émission.

Toute nouvelle saison apporte son lot de nouveautés. Aujourd’hui c’est la saison 4.
Libre à vous!, c’est aussi, en plus des personnes invitées, des chroniques mensuelles sur des thèmes variés. L’équipe des chroniqueurs se renouvelle à l’intersaison, un petit peu comme dans le sport, certaines personnes sont parties et d’autres sont arrivées. Ainsi Emmanuel Revah et Xavier Berne ont décidé d’arrêter leurs chroniques. Emmanuel interviendra ponctuellement dans l’émission. Quant à Xavier Berne, qui était journaliste au magazine d’actualité Next INpact, il a rejoint l’équipe parlementaire de la députée Paula Forteza et, évidemment, nous lui souhaitons le meilleur dans cette aventure.
Nous avons le plaisir d’accueillir dans l’équipe des chroniqueurs deux nouvelles personnes : Éric Fraudain du site Au Bout du Fil, auboutdufil.com, qui propose une sélection de musiques libres dans tous les styles musicaux. Éric fera une chronique musicale mensuelle : sa première chronique aura lieu mardi 15 septembre. Éric va également nous aider dans la programmation musicale de l’émission en nous sélectionnant des pépites musicales libres. Si vous voulez découvrir un peu plus le site auboutdufil.com vous pouvez évidemment le visiter et également écouter l’interview d’Éric dans l’émission du 14 avril 2020.
Nous avons également la joie d’accueillir Isabelle Carrère de l’association Antanak, antanak.com, qui agit notamment pour l’appropriation de l’informatique par toutes et tous. Il se trouve que les locaux d’Antanak, sont situés juste à côté du studio de la radio. Le studio est au 22 rue Bernard Dimey dans le 18e à Paris, les locaux d’Antanak c’est au 18. Dans sa chronique, Isabelle nous fera partager son expérience notamment dans l’accompagnement de personnes débutantes en informatique. Sa première chronique aura lieu mardi 8 septembre, donc la semaine prochaine. Si vous voulez en savoir plus sur son activité à Antamak, vous pouvez écouter le podcast de l’émission du 23 juin 2020 sur le thème du réemploi informatique dans laquelle Isabelle intervenait. Je précise également que Isabelle Carrère anime aussi une émission sur Cause Commune intitulée Un coin quelque part qui porte sur la maison, sur l’habitat.
Toujours dans les nouveautés, nous avons mis en place une lettre d’information pour l’émission. Vous pouvez vous y abonner depuis les pages consacrées à l’émission sur april.org ou causecommune.fm pour recevoir les annonces des podcasts, les émissions à venir et toute autre actualité en lien avec l’émission.
Et enfin, vous pouvez nous laisser un message sur le répondeur de la radio pour réagir à un des sujets de l’émission, pour nous poser une question ou tout simplement pour nous laisser un message de sympathie et on adore les messages de sympathie ! Il faut savoir qu’à la radio on a très peu de retours, donc on est preneurs de retours. N’hésitez pas ! Si vous avez simplement envie de nous dire que vous aimez bien l’émission, vous pouvez nous laisser un message et si vous avez envie d’apporter des points d’amélioration ou même des critiques constructives, n’hésitez pas. Le numéro du répondeur : 09 72 51 55 46, je répète 09 72 51 55 46.

C’étaient les principales nouveautés de la saison 4.

On va faire une petite pause musicale.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Cette pause musicale n’a pas été proposée par Éric Fraudain, elle a été proposée par Marie-Odile Morandi qui interviendra en fin d’émission.
Nous allons écouter Pixel Peeker Polka par Kevin MacLeod. On se retrouve juste après. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.

Pause musicale : Pixel Peeker Polka par Kevin MacLeod.

Voix off : Cause Commune, 93.1.

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Pixel Peeker Polka par Kevin MacLeod disponible sous licence libre Creative Commons Attribution, CC By, c’est-à-dire que vous pouvez utiliser cette musique comme bon vous semble à partir du moment où vous créditez l’auteur de la musique. Vous retrouverez les références sur le site de l’April, april.org et sur causecommune.fm.
Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause Commune, la voix des possibles, 93.1 FM et en DAB+ en Île-de-France et partout dans le monde sur le site causecommune.fm.
Nous allons passer maintenant au sujet suivant.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous allons poursuivre avec notre sujet principal qui porte sur les syndicats de l’Éducation et le logiciel libre. Le sujet a été enregistré il y a quelques jours, car les deux personnes invitées travaillent aujourd’hui lors de la diffusion de l’émission car c’est la rentrée des classes comme vous le savez. Nous allons écouter ce sujet enregistré et on se retrouve après.

Syndicats de l'Éducation et logiciel libre, avec Jean-François Clair du SNES-FSU et Renaud de Colombel du Sgen-CFDT

Étienne Gonnu : Bonjour. Je m’appelle Étienne Gonnu, je suis en charge des affaires publiques pour l’April et j’ai le plaisir d’être aujourd’hui avec Jean-François Clair du Syndicat national de l’Enseignement supérieur, SNES-FSU, et Renaud de Colombel du Syndicat général de l'Éducation nationale, Sgen-CGDT, pour échanger sur la question du logiciel libre dans l’Éducation nationale avec la grille de lecture qui est la leur, celle des syndicats.
Nous sommes le mardi 25 août et, une fois n’est pas coutume, nous enregistrons notre sujet en avance pour la simple raison qu’au moment de la diffusion de l’émission qui sera, elle, en direct le mardi 1er septembre, ce sera la rentrée des classes et que nos invités seront, à ce titre, bien occupés.
Jean-François me corrige c’est de l’enseignement secondaire, pas supérieur. Excusez-moi.
Jean-François Clair, Renaud de Colombel. Bonjour. Je vais aussi préciser qu’étant donné le contexte sanitaire en Île-de-France nous enregistrons l’émission non pas en studio, dans le studio de la radio Cause Commune, mais bien sûr à distance avec le logiciel libre Mumble comme nous le faisions à la fin de la saison précédente.
Pour commencer, est-ce que vous pourriez-vous vous présenter, s’il vous plaît, vous-même et vos structures syndicales ? Jean-François Clair, du SNES-FSU, est-ce que tu pourrais te présenter s’il te plaît ?

Jean-François Clair : Bonjour. Le SNES-FSU c’est le syndicat majoritaire dans l’enseignement secondaire, donc SNES, et FSU c’est la Fédération syndicale unitaire qui regroupe une quarantaine d’organisations syndicales essentiellement sur la fonction publique, mais originellement aussi autour de l’enseignement, donc on a le SNUipp pour le primaire, le SNESUP pour le supérieur, etc.
Le secondaire c’est de la 6e à la terminale avec quand même aussi, de temps en temps, des BTS et des classes préparatoires. Je ne sais pas ce que vous voudriez bien que je dise d’autre pour présenter, comme ça, juste le syndicat.

Étienne Gonnu : Et toi, du coup, je ne sais pas si tu travailles à temps plein dans ton syndicat. Quel est ton mandat dans ce syndicat ?

Jean-François Clair : J’ai oublié de me présenter effectivement, je pensais trop à mon organisation syndicale. Je suis professeur de mathématiques dans un collège REP + à Paris. J’ai une toute petite décharge de deux heures pour m’occuper du numérique. Donc je suis responsable de tout ce qui est numérique au sein du SNES-FSU. On a une équipe numérique qui travaille à l’intérieur du SNES de la même manière qu’il y a, de temps en temps, des regroupements des différents responsables ou interlocuteurs privilégiés des autres organisations syndicales à l’intérieur de la FSU. Par exemple, en ce moment, on est en train de travailler pour la FSU sur l’élaboration d’une demande de service public numérique pour l’Éducation.

Étienne Gonnu : OK. Je précise décharge, tu pourras me corriger, mais en gros, un certain nombre d’heures de temps de travail peuvent être allouées au travail pour le syndicat.

Jean-François Clair : C’est ça.

Renaud de Colombel: Absolument. C’est l’équivalent de ce que le privé appelle de la délégation syndicale.

Étienne Gonnu : Parfait.
Renaud de Colombel. Bonjour à nouveau. Est-ce que toi aussi tu peux te présenter ainsi que ta structure, s’il te plaît ?

Renaud de Colombel : Bonjour à tous et toutes, auditeurs, auditrices. Je suis Renaud de Colombel, je suis militant technique pour la fédération des Sgen-CFDT. Les Sgen ce sont les syndicats généraux de l’Éducation nationale, ce sont des syndicats qui représentent toutes les catégories de personnels, des titulaires comme des non-titulaires, des enseignants, des personnels techniques et administratifs, les personnels de direction, les secrétaires, etc. Le Sgen représente les personnels de plusieurs ministères, le ministère de l’Éducation nationale de la Jeunesse et des Sports, mais aussi de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et l’Innovation, la partie enseignement du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Mon rôle, dans cette fédération syndicale, c’est d’être un peu la personne ressource numérique qu’on trouve dans les établissements pour la fédération, c’est-à-dire de fournir à mes camarades les moyens de travailler avec les outils numériques.

Étienne Gonnu : Du coup tu es déchargé à 100 % si je ne me trompe pas.

Renaud de Colombel : Voilà. J’étais professeur des écoles et je ne suis plus en classe pour le moment puisque je travaille à 80 % pour la fédération au niveau national et 20 % pour le syndicat Sgen-CFDT Alsace.

Étienne Gonnu : OK. Merci de ces précisions. C’est intéressant de voir justement qu’il y a différents profils, différentes manières de participer au sein d’une structure syndicale et, du coup, vos prismes de lecture peuvent aussi varier par rapport à ça. Je pense que c’est intéressant au-delà des positionnements politiques de vos syndicats respectifs.
Je vais d’ailleurs préciser que vos deux structures syndicales sont membres de l’April ce qui, du point de vue de l’April, dans la mission de promotion et de défense du logiciel libre, la mission qu’elle se donne, est quelque chose de très intéressant de par l’impact politique que peuvent avoir les syndicats et des capacités de sensibilisation au sein des professions que vous représentez, en plus dans l’Éducation nationale ; c’est quelque chose d’extrêmement important d’avoir du poids pour promouvoir et défendre le logiciel libre.
Avant qu’on aille au cœur de notre vaste sujet du jour, l’Éducation nationale et le logiciel libre, d’ailleurs il est possible qu’on fasse d’autres émissions sur ce sujet, sans doute même, au sein de cette saison 4 de Libre à vous !, je pense qu’il serait intéressant que vous nous précisiez votre grille de lecture justement, le sens de votre action et c’est pour ça que j’aimerais vous poser une question d’apparence toute simple : c’est quoi un syndicat ? Renaud, si tu veux continuer ta prise de parole.

Renaud de Colombel : Absolument. Un syndicat, si on regarde une définition comme celle qui est sur Wikipédia par exemple, on peut lire, on peut résumer, « organisation de défense des intérêts des salariés ». Les salariés, je l’ai dit, pour nous ce sont toutes les catégories de salariés. Les intérêts des personnels c’est le suivi de carrière, le salaire, l’avancement, les conditions de travail, le recrutement, les horaires, ce qui est attendu par l’employeur. Comment on procède, entre guillemets, pour « défendre » tous ces personnels ?, eh bien tout simplement en écoutant les personnels en les rencontrant à différents niveaux dans les établissements, dans des réunions, dans des heures d’information, etc., sur les réseaux sociaux, dans nos colloques, dans nos conseils syndicaux. On construit ensemble des propositions, un peu un programme politique si on peut dire, qu’on va présenter après et essayer de faire adopter par l’administration dans différentes instances.

Étienne Gonnu : Super. Très clair. Merci. Jean-François quelle est ta lecture de cette question d’apparence simple ?

Jean-François Clair : Je n’ai pas grand-chose de différent à dire. Effectivement, un syndicat c’est destiné essentiellement à défendre les salariés, les personnes qui travaillent, on pourrait parler plutôt de travailleurs dans un sens un peu plus général. Je préciserais juste une chose par rapport à ce que Renaud a dit quand il parlait de la façon dont on construisait une espèce de politique. En fait, on se dote à ce moment-là, à l’intérieur d’une organisation syndicale, de ce que l’on appelle des mandats. Par exemple, là, moi je suis tout à fait mandaté pour parler au nom du SNES-FSU, je ne suis pas mandaté pour parler au nom de la FSU. Par contre, je peux présenter des mandats de la FSU puisqu’on est adhérents à la FSU. Donc il y a des structures à l’intérieur d’une organisation syndicale, mais, en gros, le syndicat est fait par ses syndiqués. C’est-à-dire que ce sont les adhérents qui vont déterminer à travers leur expression, leur action, les élections internes qu’il va y avoir dans l’organisation syndicale au moment des congrès, quelle est l’orientation que va devoir suivre l’organisation syndicale.

Renaud de Colombel : Absolument, c’est lors des congrès, c’est un peu comme quand on réunit le Parlement entre guillemets – les congrès ce n’est pas tout le temps, ce sont des évènements exceptionnels qui se tiennent à peu près tous les quatre ans chez nous – que les adhérents font entendre leur voix et pèsent par le vote. Nous, dans CFDT, le « D » c’est « démocratique », donc à tous les niveaux de nos instances, comme disait Jean-François, on prend des décisions sur des bases démocratiques, c’est-à-dire du vote des mandats en fonction du poids des uns et des autres.

Étienne Gonnu : Merci de ces précisions. C’est vrai que cette notion de mandat est très importante. Je me permets un petit parallèle que j’ai déjà fait par ailleurs. On voit aussi, peut-être d’une autre manière, un parallèle qu’on peut faire par rapport à une association comme l’April, l’April n’est pas du tout un syndicat, elle réunit non pas des travailleurs et travailleuses mais plutôt des personnes qui vont partager une certaine conception de l’intérêt général, une éthique, l’éthique du logiciel libre, qui vont se réunir au sein d’une structure pour défendre ce qui leur semble être leur éthique, tout simplement.
Puisqu’on commence justement à parler de politique, finalement de défense de certaines convictions, comme je disais vos deux structures sont membres, ont adhéré à l’April, donc ça montre déjà, ne serait-ce que par cette action, un engagement vers le logiciel libre. Pour l’April, comme je l’ai dit, c’est quelque chose de très positif, on est très heureux que ce genre de personne morale adhère, soit membre de notre association. À l’inverse, selon vous, pourquoi c’est important pour des syndicats, notamment des syndicats de l’enseignement secondaire, d’adhérer à une association comme l’April ?

Renaud de Colombel : Jean-François c’est pour toi cette question parce qu’on parle du secondaire, moi ça sera une réponse un peu plus large.

Jean-François Clair : C’est très simple. C’est tout simplement parce que ça fait partie de nos convictions fondamentales. Depuis des années nous avons comme mandat, justement, la défense du logiciel libre et, dans la mesure du possible, l’utilisation prioritaire de tout ce qui est logiciel libre, parce que c’est aussi une philosophie, une façon de penser, on va dire, le monde informatique, donc ça nous a semblé tout à fait naturel de rejoindre l’April en y adhérant.

Renaud de Colombel : Si je peux me permettre de resituer un petit peu, enfin de rappeler certains principes peut-être pour les auditeurs qui découvriront le logiciel libre ou le logiciel libre dans l’Éducation nationale avec cette émission. Par rapport aux quatre libertés offertes par le logiciel, par la licence d’utilisation du logiciel libre, qui sont d’utiliser quel que soit, qui qu’on soit, où qu’on soit, d’étudier le code, voir comment fonctionne le logiciel, redistribuer les logiciels, avoir le droit de donner des copies de ce logiciel à qui on veut et puis de modifier et de diffuser ces modifications, nos valeurs, les valeurs de la CFDT, les cinq valeurs de la CFDT sont quasiment parallèles, on va dire, ou se recoupent largement avec les valeurs du logiciel libre.
Parmi les valeurs CFDT :

  • l’émancipation : avoir les outils pour être maître de sa vie ;
  • la démocratie : être acteur, participer aux prises de décision ;
  • l’indépendance de tout État, de tout parti, de toute religion, l’indépendance est aussi un des bénéfices de l’utilisation des logiciels libres ;
  • l’autonomie, ne pas être tributaire de ressources externes, est permise par le modèle économique du logiciel libre
  • et la solidarité, l’entraide, la défense du droit de tous et la lutte contre les discriminations sont assurées largement.

Je ne vous fais pas le détail des croisements qu’on peut avoir entre les quatre libertés offertes par logiciel libre et les valeurs de la CFDT, ça paraît assez évident. C’est pour nous la base de notre adhésion au logiciel libre donc de notre soutien à l’April qui promeut et défend les logiciels libres au niveau national.

Étienne Gonnu : Super et merci. Je parlais d’éthique du logiciel libre, tu as parfaitement défini ce à quoi ça correspond. Merci Renaud de Colombel.
Du coup, si je comprends ce que vous nous dites, l’adhésion n’a pas fait l’objet de résistances particulières, elle est arrivée comme une évidence au sein de vos structures ? Ou vous avez dû batailler pour l’obtenir, c'est vrai que ce n’est pas toujours évident ?

Jean-François Clair : Dans le cas de mon organisation syndicale, ça n’entrait pas directement dans le champ des partenariats qu’on pouvait établir en général. Ceci dit, il n’y a pas eu de résistance particulière. Renaud a très bien expliqué les quatre points fondamentaux autour du logiciel libre. Comme il s’agit de valeurs qu’on défend aussi, c’est venu naturellement.

Renaud de Colombel : Personnellement, la petite anecdote de l’émission, c’est que moi j’ai rejoint un syndicat, le Sgen-CFDT, il y a plus de 20 ans parce que ce syndicat avait lancé un appel à soutenir le logiciel libre. Ils m’avaient envoyé ça dans un document Word, donc je suis allé les trouver et je leur ai proposé de leur apporter mon aide pour se mettre en conformité avec leurs idées. Ça fait quatre ou cinq ans qu’on a adhéré à l’April, je ne sais plus, donc le chemin est parfois long, je ne suis pas le seul, il y a plein de monde dans nos structures qui est convaincu des intérêts des logiciels libres et de la nécessité de les défendre, de les faire avancer. « Le chemin est long mais la voie est libre », comme dirait Framasoft.

Étienne Gonnu : Belle citation. Tu soulèves quelque chose, je te donne la parole juste après Jean-François, que je pense important au-delà du sujet de l’Éducation nationale, au-delà de la question des syndicats, dans ton attitude. Tu as vu quelque chose, une incohérence ; c’est quelque chose qu’on peut voir au quotidien avec les administrations, au sein d’une entreprise, peu importe. Il ne faut pas tout de suite arriver avec l’idée « ce sont des nuls, je vais leur rentrer dedans », mais au contraire y voir des opportunités de proposer autre chose, de montrer autre chose. On peut pointer une incohérence, et c’est bien de le faire, mais on peut le faire de manière constructive comme tu as su le faire et on voit, du coup, quel bénéfice ça a pu produire.
Jean-François Clair, tu souhaitais ajouter quelque chose.

Jean-François Clair : Je voulais juste aller un peu dans le sens de ce qui disait Renaud, faire preuve aussi d’une forme de pragmatisme. C’est vrai que c’est toi qui viens de le signaler, à savoir qu’il y a aussi des mauvais réflexes, des habitudes. Il y a tout un apprentissage à faire parce que, finalement, le logiciel libre n’est pas toujours « formaté », entre guillemets, pour être aussi facilement utilisable que peut l’être celui qui est vendu de manière tout à fait commerciale et propriétaire, parce qu’il y a aussi ce côté propriétaire. Je vois bien, on est à l’April, au SNES on utilise énormément d’outils qui viennent du monde du Libre, l’ensemble de notre infrastructure informatique est basée sur des solutions libres et, à côté de ça, on a quand même toujours des collègues qui préfèrent sérieusement utiliser un document Word plutôt qu’utiliser un document, je ne me souviens plus comment ça s’appelle, en Apache.

Étienne Gonnu : OpenDocument.

Jean-François Clair : ODT, voilà, c’est ça.

Renaud de Colombel : C’est très important en tant que militant non pas syndical mais militant du logiciel libre. Je fais aussi partie d’un LUG.

Étienne Gonnu : Qui est un groupe d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciels libres, je me permets juste de le préciser.

Renaud de Colombel : Merci Étienne, un groupe d’utilisateurs et d’utilisatrices de logiciels libres. Quand on milite, quand on agit dans un groupe comme ça et qu’on va à la rencontre du public, c’est pareil quand on essaie d’expliquer ça à nos collègues, ça ne va pas de soi, mais expliquer, montrer les avantages, essayer d’emporter l’adhésion, est pour moi, de mon expérience, la seule démarche qui produise des fruits à long terme.

Étienne Gonnu : Très juste. Jean-François, tu souhaitais rajouter ?

Jean-François Clair : Oui, j’aurais presque fait un parallèle, finalement, avec la protection des données et le RGPD [Réglement général de protection des données], c’est-à-dire qu’il y a une idée, une grande idée, et derrière il faut arriver à la mettre en place et, pour la mettre en place, ça nécessite énormément de pédagogie.

Étienne Gonnu : On le sait, de toute façon, surtout que vos structures ne sont pas des petites structures et c’est toute la logique d’accompagnement au changement dans des démarches pragmatiques aussi, en partant des besoins des utilisateurs et des utilisatrices. Toujours montrer l’exemple, ça ce sont des choses importantes.
Par ailleurs vous avez répondu à une question que je me posais : au sein de vos structures qui affichent clairement les valeurs d’éthique du logiciel libre, quel est justement l’état d’utilisation ? Visiblement, de ce que je comprends dans ce que vous me dites, ça va plutôt dans le bon sens, ça traduit aussi en actes l’engagement à l’April.

Renaud de Colombel : Oui. Comme dans le cas de Jean-François et du SNES, enfin de la FSU, les infrastructures sont majoritairement sur des logiciels libres – serveurs, applications web, etc., mais on laisse le choix du système d’exploitation sur le matériel qu’on confie aux militants qui travaillent beaucoup avec nous, parce que certaines personnes ne veulent pas prendre le temps de découvrir de nouveaux usages et on se dit qu’on ne va pas les forcer et les braquer, mais plutôt leur montrer que sur l’ordinateur qui est équipé de Linux ça marche, peut-être des fois mieux, que sur l’ordinateur qui est équipé de Windows ; que LibreOffice, pour ce qu’on en fait, fonctionne tout aussi bien voire mieux que la suite Microsoft Office, etc. Chez nous on a à peu près 47 % d’ordinateurs personnels sous Windows et 42 % sous Linux, par exemple, plus des Mac pour les services de communication qui font de la PAO, etc.

Étienne Gonnu : Merci de ces précisions. On va avancer parce qu’en fait on n’est pas encore entrés dans le vif du sujet.
Jean-François, tu souhaites apporter une précision ?

Jean-François Clair : Juste un petit truc, quand on organise nos congrès, tous les congressistes ont accès à une salle informatique qui est installée et tous les postes sont sous Linux à ce moment-là. Les seuls postes qui peuvent être sous un autre système d’exploitation sont ceux qui appartiennent aux syndiqués.

Étienne Gonnu : C’est vrai qu’en plus, du coup, au sein de vos structures les membres de ces organisations syndicales sont plutôt des gens qui ont un engagement politique et qui sont, du moins, plus susceptibles de passer à GNU/Linux et d’accepter ce pas supplémentaire.br/>
J’aurais peut-être une dernière question avant qu’on fasse notre pause musicale et qu’on entre dans le vif du sujet de l’éducation : puisque vous êtes des structures politiques, est-ce que vous avez le sentiment que les enjeux relatifs aux technologies numériques sont perçus, justement, comme des questions politiques notamment en termes de conditions de travail, ce qui est un peu le sel de vos structures, ou est-ce que, entre guillemets, ça reste perçu comme juste « une petite question », un sujet technique qui ne concernerait que les geeks ? J’en appelle plus à votre sentiment qui est quelque chose d’empirique, mais quel est votre sentiment par rapport à ça ?

Renaud de Colombel : Je dirais que certains collègues sont sensibilisés à ces enjeux-là et voient la question comme politique, philosophique, etc. Ceux-là, quand ils arrivent vers nous, ont déjà franchi le pas de s’équiper en logiciels libres, soit c’est l’occasion parce que je travaille dans un service qui met les outils à disposition et qui peut faciliter la transition vers les logiciels libres, et puis d’autres le voient un peu comme une question technique. Je veux dire que c’est plutôt ceux-là qui se disent qu’ils vont se concentrer sur leur mandat politique ; ils n’ont peut-être pas de temps à dépenser à apprendre de nouveaux usages.

Jean-François Clair : En ce qui nous concerne, ça fait une bonne quinzaine d’années, maintenant, que je m’occupe du numérique au sein du SNES et ça a été l’occasion pour moi de lancer une dynamique à l’intérieur du SNES, justement pour en faire véritablement une question politique. En fait c’est assez paradoxal. On s’aperçoit qu’on a des collègues qui vont défendre à tout crin, on va dire, l’informatique libre et puis, d’un autre côté, qui ne vont pas hésiter à continuer de travailler avec un logiciel de Microsoft pour publier leurs textes ou pour faire leurs présentations. On est avec ce paradoxe que pointait Renaud à savoir que oui, parfois il y a des collègues qui sont plus, comment dire, sur leur mandat politique hors numérique ou informatique et qui considèrent que ça ce sont plus des questions techniques. Une chose est sûre : l’évolution de la société fait que, actuellement, les gens se posent de plus en plus de questions et que les collègues sont de plus en plus sensibilisés à toutes ces questions de logiciel libre et de principes qui se retrouvent derrière.

Étienne Gonnu : Parfait.

Renaud de Colombel : Tout à l’heure je parlais de prendre des décisions démocratiques. Le soutien au logiciel libre par notre organisation a fait l’objet de débats et de prise de position officielle. C’est-à-dire que même si tout le monde dans la Fédération ne travaille pas avec des logiciels libres, la majorité d’entre nous a pris la décision de dire que notre organisation soutenait les logiciels libres.

Étienne Gonnu : Merci de ces précisions.
Je vous propose, comme je vous le disais, de faire une pause musicale.

[Virgule sonore]

Étienne Gonnu : Nous allons écouter Uncatchable d’Alexandr Zhelanov. On se retrouve juste après. On vous souhaite une belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.

Pause musicale : Uncatchable par Alexandr Zhelanov.

Étienne Gonnu : Nous venons d’écouter Uncatchable d’Alexandr Zhelanov, disponible sous licence libre Creative Commons Attribution. Vous retrouverez les références sur le site de l’April, april.org.

Nous échangeons avec Jean-François Clair du SNES-FSU et Renaud de Colombel du Sgen-CFDT, deux syndicats de l‘enseignement et nous discutions déjà de leurs pratiques syndicales au sein de ces structures par rapport au logiciel libre et là nous allons entrer dans le « vif », entre guillemets, de notre sujet qui est la question dans l’Éducation nationale du recours au logiciel libre et des enjeux qui y sont attachés.
Je pense que tout le monde est au courant qu’il y a eu une période assez particulière cette année du fait de la situation sanitaire à cause du coronavirus, donc la période du confinement et de ce que cette période de confinement a nécessité en termes d’organisation et même d’imagination de la part du personnel enseignant. De mon humble prisme de lecture j’ai quand même le sentiment que l’importance du travail fourni par ces personnes a été largement sous-estimé. Cette période de confinement a soulevé des enjeux importants par rapport à l’usage des technologies numériques dans l’enseignement particulièrement parce que, de fait, elles étaient indispensables pour assurer ce qu’il a été convenu d’appeler la continuité pédagogique. C’est passé par les courriels, les outils de visioconférence – notamment on a entendu beaucoup parler de Zoom, il faut savoir qu’il y a le logiciel libre BigBlueBottom qui existe en parallèle – des outils de travail contributif plus poussés, il y a eu toutes sortes d’outils disponibles. On pourrait bien sûr faire un sujet entier là-dessus, voire plusieurs.
Déjà, dans un premier temps, ce qui me va m’intéresser c’est avoir votre analyse générale des enseignements politiques qu’on a pu tirer de cette période et peut-être, éventuellement, un point, un enjeu particulier qui vous a paru particulièrement marquant, emblématique de cette période. Jean-François Clair.

Jean-François Clair : La leçon principale c’est qu’on a eu un ministère qui a été en dessous de tout et un ministre qui a surtout joué de la communication et a été complètement débordé. Il faut dire que depuis des années, avec les suppressions massives de postes dans l’Éducation nationale, que ce soit chez les enseignants ou que ce soit chez les personnels techniques et administratifs, ils ont de plus en plus de mal à arriver à assurer un certain nombre de choses, mais là on a quand même touché le fond. Il a fallu attendre près d’un mois avant que le ministère ne propose une suite complète de logiciels libres, non propriétaires, et surtout respectueux du RGPD. On a eu des discours particulièrement contradictoires de la part de l’administration où, en gros, des fois ils encourageaient l’utilisation de logiciels dont on savait que toutes les données personnelles étaient pillées pour être envoyées et analysées aux États-Unis et, en gros, le discours de l’administration c’était « écoutez, pour l’instant vous vous débrouillez et après on verra, on se posera les questions autrement ». C’est quand même assez catastrophique. Ça a montré que l’Éducation nationale n’était pas prête du tout pour utiliser intelligemment le numérique. D’ailleurs on peut se poser la question de savoir ce que va donner la consultation qu’a lancée le ministère, ces États généraux du numérique à l’automne.

Étienne Gonnu : On reviendra dessus.

Jean-François Clair : On en reparlera après. Et surtout les collègues se sont retrouvés particulièrement seuls. Il ne faut pas oublier une chose c’est qu’en matière de vraie formation aux usages du numérique, on en a quand même très peu. On a surtout des formations qui consistent à apprendre à essayer de faire des choses ou utiliser des logiciels ; je me souviens d’une formation pour savoir utiliser une messagerie Gmail, proposée par un plan académique de formation, ce n’est pas de ça que les collègues ont besoin.

Étienne Gonnu : Je précise que Gmail c’est la solution de courriel proposée par Google.

Jean-François Clair : Voilà c’est ça. On s’est retrouvés quand même particulièrement seuls, créatifs, on s’est beaucoup entraidés, mais au final ce n’est pas nous qui avons eu la prime, ce sont les chefs d’établissement.

Renaud de Colombel : Je partage à peu près le constat général que Jean-François a décrit mais en plus positif, parce qu’il y a dans l’Éducation nationale beaucoup d’agents qui font tout leur possible et la fourniture, justement, de ce apps.education.fr, des logiciels libres mis à disposition dans les académies, est quand même intervenue, certes trop tard, mais elle est intervenue. Il faut bien savoir aussi que l’Éducation nationale est une machine qui fonctionne à plusieurs niveaux. C’est-à-dire que quand la Direction pour le numérique éducatif, la DNE, partie du ministère qui s’occupe du numérique éducatif, propose une solution, ce n’est pas elle qui la déploie pour les utilisateurs finaux. C’est après que les protocoles d’installation, de mises en route, sont retransmis dans toutes les académies et les académies, avec leurs propres moyens, essayent de suivre et de mettre en place ce qui est proposé par le ministère.
Il est vrai que nous n’étions pas prêts, à tous les niveaux, à affronter cette crise du covid et du confinement. Il y a beaucoup de choses à dire sur la formation des personnels, peut-être aussi sur l’enseignement, c’est-à-dire ce qu’on a fait passer aux élèves comme connaissances et capacités à utiliser le numérique. Il y a évidemment un discours où, à la fois, on « valorise » le logiciel libre entre guillemets, je parle de l’État, l’État est souvent schizophrène ; on fait un référentiel des logiciels libres pour les services de l’État et puis dans le même temps, effectivement, on utilise des logiciels propriétaires. Et surtout, ce que je regrette, c’est le manque de vision stratégique de l’État. S’il y a bien un organisme, un lieu où on doit déployer une vision stratégique sur le long terme, volontariste, c’est-à-dire en mettant des moyens, c’est au niveau de l’État.

Étienne Gonnu : Oui, clairement. Je voulais juste souligner que c’est aussi ce qu’on défend. On a défendu le projet de loi pour l’école de la confiance. On défendait, dans ce cadre-là, une priorité au logiciel libre, en fait on ne défend que ça, c’est-à-dire une vraie stratégie, une vraie politique publique qui pense en profondeur les enjeux relatifs aux technologies numériques et notamment celle de la liberté, en plus on ne parle pas de la liberté de n’importe qui mais de celle des élèves pour leur apprendre à avoir un rapport on va dire émancipé par rapport aux technologies qui prennent une place énorme dans notre société. Je pense que ce point est très important.
Jean-François Clair, tu avais une précision que tu souhaitais apporter.

Jean-François Clair : Juste pour aller dans le sens de ce que disait Renaud. C’est vrai que mon discours était quand même particulièrement négatif. Il y a énormément d’agents qui ont fait tout ce qu’ils ont pu pendant la période du confinement. J’ai été très présent sur les réseaux sociaux et j’ai réussi à faire passer, au nom du SNES, à un certain nombre de collègues, éventuellement des collègues non-adhérents d’ailleurs, des collègues qui regardaient sur les réseaux sociaux, des choses de ce genre-là, beaucoup de choses, beaucoup d’aides qu’on n’arrivait pas à obtenir par ailleurs. Ces aides-là, en fait, j’ai souvent réussi à les obtenir par des collègues qui parfois travaillaient dans des DANE de telle académie ou de telle autre académie.

Étienne Gonnu : Une DANE c’est quoi ?

Jean-François Clair : Direction académique du numérique pour l’éducation. Ce sont les cellules académiques qui s’occupent du numérique où il y a donc des collègues qui sont souvent détachés, parfois ont un poste complet d’informaticien, etc. C’est en particulier grâce à ces collègues qu’on a réussi à faire circuler un certain nombre d’informations et finalement à se débrouiller. On a créé nos propres réseaux.
Juste une autre chose à propos de l’enseignement, c’est vrai que c’est assez catastrophique de voir la façon dont on peut aborder la chose informatique au sein du secondaire, je ne vais parler que du secondaire. On s’attendait tous à ce qu’il y ait un confinement. On s’attendait à avoir un certain nombre de consignes ministérielles. Il ne s’agissait pas de passer par différentes étapes, etc., il s’agissait de la parole du ministre, simplement. Près de 15 jours avant qu’on se retrouve confinés j’avais commencé à faire travailler mes élèves spécifiquement sur des procédures d’enregistrement de fichiers, de transfert de fichiers par messagerie, par l’environnement numérique de travail de l’établissement, etc. J’ai fait ça sur mes propres heures de cours. On n’a eu aucune consigne là-dessus. Or, si on avait eu ne serait-ce qu’une petite consigne du style « assurez-vous que les élèves savent correctement envoyer des fichiers, savent correctement lire ou connaissent les extensions de fichiers pour s’assurer qu’ils ont bien le logiciel qui leur permet de le faire », on aurait eu quand même beaucoup moins de déconvenues et sans doute qu’on aurait perdu beaucoup moins d’élèves.

Renaud de Colombel : Dans ce contexte particulier qui était le nôtre, j’ai des adhérents personnels de direction qui m’ont rapporté qu’ils se sont rendu compte, à l’occasion du confinement, que certains élèves ne savaient pas se servir de leurs environnements numériques de travail, ne savaient pas se connecter, ne savaient pas envoyer un mail, etc. Donc il y a de la formation à faire, on va dire à tous les étages, et il faut mettre le paquet !

Étienne Gonnu : Oui. On ne peut que soutenir cette prise de position.
Pour parler d’une chose positive qui a été évoquée, vous parlez de l’engagement de certains personnels et que ce sont aussi les membres de l’Éducation nationale, les travailleurs et les travailleuses de l’Éducation nationale qui font l’Éducation nationale, en fait ce qu’est cette l’administration et on sait qu’il y a là aussi des libristes, des gens convaincus qui œuvrent pour une meilleure prise en compte du logiciel libre.
Jean-François Clair, tu mentionnais qu’une plateforme avec des logiciels libres pour permettre justement aux enseignants de travailler dans cette période de confinement avait été mise à disposition. On mettra le lien, c’est apps.education.fr, quelque chose comme ça. Il faut savoir que ce sont aussi des libristes au sein de l’administration qui ont mis ça en place, qui ont poussé pour que ce soit mis en ligne, vu les besoins je pense qu’ils n’ont pas eu à beaucoup insister pour que ce soit fait et c’est une vraie réussite qui part effectivement de la base. D’ailleurs j’invite les personnes que ça intéresse à retrouver notre podcast de la 65e émission de Libre à vous ! du 5 mai 2020 où nous avions reçu Luc Bourdot qui est responsable du pôle national de Compétences Logiciels Libres, le pôle EOLE, et qui était chargé du pilotage des développements et de l’intégration des composants libres au sein de l’équipe de cette plateforme apps.education.fr qui est, en soi, une belle réussite justement de libristes sein de l’administration.
Du coup, ce qui m’amène à m’interroger, plutôt à vous interroger, dans votre perspective syndicale. On sait que ce qui est important en termes de lutte syndicale c’est notamment la question du rapport de forces pour faire pencher les arbitrages décisionnels, les arbitrages politiques d’un côté ou de l’autre.
Qu’est-ce que tout cela dit en cette période de confinement, la réussite de ce site, de la place du Libre et des libristes au sein de l’Éducation nationale, de leur poids possible dans les prises de décision ? Est-ce que ça évolue positivement ? Et, à l’inverse, peut-être de la place que peuvent occuper certaines entreprises comme Google et Microsoft pour ne mentionner qu’elles ? Quelle est votre lecture du rapport de forces sur ces questions ? Renaud de Colombel.

Renaud de Colombel : Pour moi, clairement, on trouve beaucoup de gens qui sont impliqués dans le logiciel libre, à la cause du logiciel libre, parmi les personnels de l’Éducation nationale, à un niveau individuel.
Maintenant dans le rapport de forces, il faut savoir que, outre les actions traditionnelles héritées d’une action on va dire de longue date du mouvement ouvrier, etc., outre ces actions de grève, de blocage, etc., la CFDT et les syndicats de la CFDT se positionnent plutôt sur un syndicalisme de proposition, c’est-à-dire un peu comme on fait pour faire progresser le logiciel libre à des niveaux associatifs ou individuels, être une force de proposition et de montrer que ça marche, ça pourrait mieux marcher, etc., mais il faut savoir que, malgré tout, si on n’est pas bon en présentation, en négociation, etc., on ne peut pas forcer le ministère à faire quoi que ce soit. Les syndicats ont un rôle, entre guillemets, « consultatif ». On a des pouvoirs dans des commissions paritaires, de moins en moins d’ailleurs, ça c’est un autre sujet, mais c’est surtout par nos propositions et une démarche constructive qu’on arrive à amener l’administration à évoluer sur certaines pratiques.

Étienne Gonnu : Jean-François, je pense que ta position ne sera peut-être pas exactement la même.

Jean-François Clair : Elle ne va pas être très éloignée parce que, effectivement, l’enjeu c’est d’arriver à être une vraie force de proposition. D’un autre côté, on se confronte quand même à des grosses entreprises qui ont des modes de fonctionnement qui ne relèvent pas complètement du lobbyisme au sens où à la loi le définit. On voit par exemple que la DNE, Direction du numérique pour l’éducation, a été quand même, à un moment donné, pas mal noyautée par des gens qui ont fait leurs armes d’informaticien chez Google et qui, finalement, sont venus en vendant des idées Google. On parle souvent de Microsoft, mais Google est tout aussi inquiétant. D’ailleurs l’ancien directeur de la DNE [Mathieu Jeandron, NdT] est parti pantoufler chez Amazon.
C’est assez difficile. Par contre, effectivement au niveau individuel, il y a une progression de la prise de conscience des collègues, et là ce sont des personnes avec lesquelles on peut travailler, sur la nécessité de pouvoir utiliser des logiciels libres, de ne pas se retrouver complètement enfermés, prisonniers finalement de solutions qui privent des libertés.

Étienne Gonnu : Très bien.
Je crois que c’est Jean-François qui mentionnait, qui parlait des États généraux du numérique. Ça a été initié par le gouvernement pour répondre aux enjeux soulevés ou plutôt ce qu’ils ont considéré comme enjeux soulevés pendant la période du confinement, donc les États généraux du numérique pour l’éducation. Des rencontres nationales, de mémoire, sont prévues début novembre et sont censées être le point d’orgue de ces États généraux. En amont de ça il y a des rencontres territoriales, si j’ai bien compris, il y a une consultation en ligne – on sait qu’ils aiment beaucoup faire des consultations en ligne maintenant – autour de différents thèmes proposés, on mettra le lien si ça vous intéresse sur april.org. Cette plateforme a pour but, on va dire, de générer des propositions. On verra s’ils en retiendront ou s’ils retiennent uniquement celles qui correspondent à ce qu’ils avaient prévu de faire, je me positionne peut-être en disant cela. Quelle est votre lecture de ces États généraux du numérique ? Qu’en attendez-vous ? Est-ce que vous en attendez quelque chose ?
Jean-François, je te passerai la parole parce que j’ai vu passer un communiqué du SNES-FSU qui disait notamment qu’ « il est à craindre que seul le numérique et ses possibilités d’ouvrir les portes des établissements à toutes les officines de l’EdTech soient reconnues », donc les techniques de l’Éducation, on sait qu’il y a un gros marché là-dessus, qu’il y a beaucoup d’argent en jeu. Ces craintes que seules les officines de l'EdTech ne soient reconnues. Plutôt un regard critique, on va dire, et méfiant de ce que j’en entends.
Jean-François Clair, au SNES-FSU, qu’est-ce qu’on attend de ces États généraux du numérique ?

Jean-François Clair : Malheureusement on n’en attend pas grand-chose pour différentes raisons.
La première c’est que ce n’est pas uniquement cette histoire de confinement, de covid, qui est à l’origine de ces États généraux du numérique. Il y en ce moment toute une stratégie de l’État pour, en fait, numériser l’ensemble des services de l’État et les numériser totalement, donc ça, ça s’inscrit aussi dans cette lignée-là parce qu’il n’y a pas que les classes virtuelles qui sont concernées.
Ensuite on va vu, on va remonter jusqu’à la commission Thélot. La commission Thélot, c’est quand Chirac était président de la République et qu’il y avait eu de grosses grèves à l‘Éducation nationale parce qu’il y avait un grand malaise enseignant, donc il avait créé cette commission pour faire disparaître le malaise enseignant. Ils avaient associé ça à des forums en ligne, des choses de ce genre-là et, en fait, on retrouve maintenant systématiquement tous ces outils où n’importe qui peut venir dire n’importe quoi sans être identifié, éventuellement on peut même mettre parfois des robots qui vont raconter dix fois la même chose. Après, c’est dépouillé par des logiciels de traitement statistique des textes. Globalement il n’y a pas véritablement d’êtres humains derrière. En plus, quand on regarde les questions qui sont posées dans le questionnaire qui accompagne la préparation de ces États généraux du numérique, on s’aperçoit que les questions sont quand même assez relativement orientées. Par contre, on peut espérer que les contributions que vont y faire les personnes, les groupes, que ce soit des groupes de pression, que ce soit des groupes constitués qui ont une idée à exprimer, etc., puissent apporter quelque chose au débat, sous réserve que quelqu’un prenne la peine de les décompiler et de les lire toutes ce qui, à mon avis, ne se produira certainement pas.
Je reviens enfin sur le communiqué de presse du SNES-FSU, c’est notre grande crainte. En gros, il ne faut pas oublier qu’on a quand même un ministre qui est un juriste, juriste qui a pondu, lorsqu’il était directeur général de l’enseignement scolaire, l’arrêté relatif au cahier de texte numérique, qui était quelque chose de complètement lamentable en termes de rédaction.
En gros, il s’agit de faire en sorte que l’Éducation nationale coûte moins cher, donc le seul moyen c’est d’externaliser un certain nombre de services et pas uniquement des services administratifs, etc., finalement de faire en sorte qu’un enseignant soit de moins en moins concepteur de son métier. Et là, on est en contradiction totale avec les principes du logiciel libre.

Renaud de Colombel : Et on est en contradiction totale avec ce que, je pense, revendiquent beaucoup de syndicats à savoir faire confiance aux équipes, aux salariés, aux travailleurs pour s’organiser sur leur lieu de travail, on va dire sur différents bassins de vie et de travail pour être maîtres de leur activité professionnelle.
Le Sgen-CFDT se prépare aux États généraux du numérique. On n’a pas trop d’illusions mais toutes les occasions sont bonnes à prendre pour faire avancer la cause, donc nous participerons. Les syndicats Sgen dans les différentes académies pourront participer. On essaiera de tout notre poids de faire avancer les choses dans la bonne direction.

Étienne Gonnu : Juste une question par rapport à ce que tu évoquais : est-ce que les syndicats ont été sollicités en tant que structures spécifiques par le gouvernement ou ils vont juste se saisir des outils proposés pour le faire ?

Renaud de Colombel : Dans les consultations en région il y aura la possibilité pour les organismes comme les syndicats de faire valoir leurs positions et leurs propositions.

Étienne Gonnu : D’accord.
Jean-François Clair, tu souhaitais ajouter quelque chose je crois.

Jean-François Clair : Ce que je voulais dire, entre autres, c’est qu’on n’a pas été sollicités directement, c’est-à-dire qu’on fait partie de toutes ces choses, ces organismes, ces sociétés, ces groupements de personnes, etc., qui peuvent intervenir. Quelque part ça fait partie de la démocratie, de la liberté d’expression, mais on n’a pas été particulièrement associés à quoi que ce soit alors que bon, ça aurait peut-être été intéressant que les syndicats des personnels soient un petit peu plus associés et pas mis au même niveau, par exemple, que la petite EdTech qui va proposer une espèce de moteur d’intelligence artificielle pour décrypter des QCM ou bien la grosse division d’entreprises que peut être Microsoft Education. Ceci dit, nous aussi nous allons y participer, nous allons apporter nos contributions. Depuis 2016/2017 on produit régulièrement, pour nos adhérents, des brochures relatives au numérique dans l’Éducation nationale. On devait en produire une juste avant le confinement, du coup on n’a pas pu finaliser à ce moment-là, on va la publier au moment de la rentrée et on va la verser aux contributions pour ce débat. On se prépare aussi, cette fois-ci du côté de la FSU, on se dit que ça serait peut-être une bonne idée non pas de faire des contre-journées, en tout cas de faire un truc qui soit un peu plus en rapport avec les attentes que les personnels peuvent avoir de ces États généraux.

Renaud de Colombel : D’une manière plus large que l’Éducation nationale, on voit bien ces dernières années que les syndicats doivent faire face à une conception un peu particulière du dialogue social des deux derniers gouvernements et, en particulier, de l’actuel gouvernement. L’intéressant c’est dans la prise de position, la construction d’une position, le recensement des « forces », entre guillemets, la mise en place de formations, de partenariats avec des associations comme l’April, parce que nous, les syndicats, serons toujours là quand le prochain gouvernement remplacera l’actuel.

Étienne Gonnu : Oui. C’est sûr que la continuité de cette action-là est très importante.
Notre échange, malheureusement parce qu’on aurait encore des tas de choses à dire, touche à sa fin. Si vous avez une dernière chose à ajouter, vous avez une minute chacun, on va dire, pour un dernier mot, sinon je vous souhaiterai une bonne journée. Un mot de conclusion ou c’est bon pour vous ? Renaud.

Renaud de Colombel : Je vais commencer le mot de conclusion. Le syndicat c’est vous, c’est-à-dire que le syndicat ce sont les adhérents, ce sont les gens qui se reconnaissent dans les valeurs et qui rejoignent le mouvement, comme l’Éducation nationale ce sont les personnels qui la composent. Donc n’hésitez pas à faire réseau, n’hésitez pas à faire entendre votre voix. Rejoignez le syndicat qui correspond le mieux à vos idées et ensemble on arrivera peut-être à faire bouger le mammouth.

Étienne Gonnu : Jean-François Clair, un mot de fin.

Jean-François Clair : Je suis tout à fait d’accord avec ce que Renaud vient de dire. J’encouragerais peut-être véritablement les personnels, tous les personnels, à être particulièrement combatifs, c’est-à-dire à ne pas se dire « oui, mais de toute façon ça n’y change rien ». On a toujours un rôle à jouer. On a un poids qui est quand même toujours extrêmement important. La société c’est quand même nous, ce ne sont pas uniquement les politiques qui sont au gouvernement, parce que, comme disait très justement Renaud, ceux qui sont au gouvernement actuellement, n’y seront plus dans un an, dans deux ans, dans trois, mais les organisations syndicales existeront encore.

Étienne Gonnu : Un grand merci à tous les deux d’avoir pris ce temps d’échange. J’ai trouvé ça très intéressant, j’espère que ça l’a été aussi pour vous et pour les auditeurs et auditrices. Je vous souhaite une bonne fin de journée et une très belle rentrée aussi combative que nécessaire.
Très bonne journée à François Clair du SNES-FSU et à Renaud de Colombel du Sgen-CFDT. Merci encore à vous. Bonne fin de journée.

Renaud de Colombel : Bonne fin de journée. Bonne rentrée à tous et à toutes.

Jean-François Clair : Idem.

Frédéric Couchet : Vous êtes de retour en direct sur radio Cause commune. Nous venons d’entendre un sujet enregistré il y a quelques jours consacré au sujet du logiciel libre et des syndicats de l’Éducation nationale.

Nous allons faire une petite pause musicale.

[Virgule musicale]

Frédéric Couchet : Nous allons écouter Breathe in the light par Stellardrone. On se retrouve juste après. Belle journée à l’écoute de Cause Commune, la voix des possibles.

Pause musicale : Breathe in the light par Stellardrone.

Frédéric Couchet : Nous venons d’écouter Breathe in the light par Stellardrone, disponible sous licence libre Creative Commons Attribution. Vous retrouverez les références sur le site de l’April, april.org, et sur le site de la radio causecommune.fm. Je précise que cette musique nous a été proposée par Éric Fraudain du site auboutdufil.com sur lequel vous pourrez trouver une présentation plus complète de l’artiste ; voilà l’introduction « le compositeur talentueux originaire de Vilnius en Lituanie n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il a déjà composé une dizaine d’albums dans le genre depuis 2007. On pourrait qualifier son style musical de drone ambiant ou encore de SoundScape, sous-genre de la musique électronique ». Vous retrouverez les critiques complètes d’un autre morceau de cet artiste sur le site auboutdufil.com.

Vous écoutez toujours l’émission Libre à vous ! sur radio Cause commune, la vois des possibles. Nous allons passer au sujet suivant.

[Virgule musicale]

Chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe Transcriptions et administratrice de l'April : « En cette rentrée, n’oublions pas que "Partager est bon", retour sur les chroniques de Véronique Bonnet »

Frédéric Couchet : Les choix, voire les coups de cœur de Marie-Odile Morandi, qui met en valeur deux ou trois transcriptions dont elle conseille la lecture, c’est la chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi qui est animatrice de notre groupe de travail Transcriptions. Le thème du jour en cette rentrée : « N’oublions pas que «Partager est bon » , retour sur les chroniques de Véronique Bonnet ».
Bonjour Marie-Odile. Marie-Odile, tu es avec nous ? Étienne essaye de nous connecter avec Marie-Odile, on va voir si on peut la récupérer.

[Problème de téléphone au niveau de la régie suite au changement d’opérateur pendant l’été : le numéro utilisé n’était pas relié à la console. Problème résolu pour les prochaines émissions Libre à vous !]

Frédéric Couchet : Je vais en profiter pour rappeler que la radio Cause Commune est une radio associative, n’hésitez pas à la soutenir en faisant un don sur son site causecommune.fm, parce que, comme toute radio, elle a des frais, des frais tout simplement de loyer, de diffusion par rapport à l’émetteur.
On entend Marie-Odile.
je vais continuer sur mes annonces, je vous laisse résoudre le problème, sinon on fera autre chose.
Donc n’hésitez pas à faire un don pour couvrir les frais de fonctionnement de la radio, c’est une radio associative, vous allez sur causecommune.fm.
L’émission est également contributive, vous pouvez proposer des thèmes pour les sujets, vous pouvez proposer des invités, des musiques. Vous pouvez également proposer des contributions à l’April ou à la radio, vous trouverez toutes les informations sur le site de l’April, april.org et sur le site de la radio, causecommune.fm. N’hésitez pas à proposer.
Dans le cadre de notre émission un point important concerne la post-production, les traitements des podcasts. En effet les podcasts resteront la mémoire et la trace des émissions, c’est pour ça qu’il faut apporter un soin particulier à leur traitement avant la mise en ligne. Dernièrement, pour la saison 3, le traitement était fait principalement par Sylvain Kuntzmann, bénévole à l’April, mais Sylvain ne peut plus assurer cette action. Évidemment nous le remercions chaleureusement pour nous avoir aidés tout au long de la saison 3. Antoine a commencé à nous aider mais ce serait bien si on pouvait avoir une autre personne en plus pour répartir le travail. Si vous avez de l’expérience, des compétences, des idées, n’hésitez pas à nous contacter. Vous pouvez aussi relayer notre appel que vous trouverez sur april.org et sur causecommune.fm.
Est-ce qu'on a récupéré Marie-Odile au téléphone ?

[Problème de connectique non résolu]

Frédéric Couchet : Comme j’ai les notes de Marie-Odile, je vais essayer de le faire en direct à la place de Marie-Odile, on va voir ce que ça va donner.

Marie-Odile souhaitait revisiter en notre compagnie les chroniques de Véronique Bonnet. Véronique est professeure de philosophie en classe préparatoire aux grandes écoles, discipline que Marie-Odile a beaucoup apprécié dans sa lointaine classe de terminale. Véronique est actuellement présidente de l’April après en avoir été vice-présidente pendant plusieurs années.

L’intitulé général des chroniques de Véronique est « Partager est bon », expression que prononce assez souvent Richard Stallman, le fondateur du mouvement du logiciel libre,et il ajoute « attaquer le partage c’est attaquer la société ».

Pourquoi ce choix en ce début de mois de septembre, traditionnel mois de rentrée ? Il semble à Marie-Odile qu’il est bon de régulièrement revenir aux fondamentaux du logiciel libre, de relire les textes de Richard Stallman, en plus à la lueur des explications d´une philosophe. On trouve les textes originaux sur le site gnu.org, traduits principalement par le groupe de travail Traduction de la philosophie GNU de l’April. Ces textes sont donc à notre disposition, en français.

Depuis le 26 février 2019, Véronique nous a proposé dix chroniques. Dans chacune, elle met le focus sur un texte qu’elle commente en utilisant, comme elle dit, sa discipline de prédilection qu’est la philosophie. Tous les textes sont de Richard Stallman avec une exception, un texte de Benjamin Mako Hill intitulé « Quand le logiciel libre n’est pas supérieur, en pratique », qui a été intégré à la philosophie GNU en 2013. Certes un logiciel peut être pratique, efficace, pertinent mais ne pas s’inscrire dans une logique d’émancipation, être privé de la préoccupation éthique du logiciel libre. Véronique souligne que dans le free software la liberté est bien le but et l’efficacité un moyen de ce but.

Cette finalité essentielle, la liberté, est mise en exergue dans le texte « En quoi l’open source perd de vue l’éthique du logiciel libre ». Si on n’a rien à faire de considérations éthiques dont on dit qu’elles pourraient lasser, qu’elles pourraient énerver, arguments fallacieux de l’open source, alors l’autonomie, la liberté, sont versées au magasin des antiquités. Richard Stallman parle de crainte de la liberté, comme s’il était devenu malpoli ou incongru de l’évoquer. Il appelle à une jubilation, à une fierté, et nous invite à ne pas hésiter à choquer intellectuellement : « Nous devons leur dire que c’est du logiciel libre et qu’il te donne la liberté », je cite Richard Stallman. Et Véronique de préciser que dire « logiciel libre » et non open source, c’est faire avancer la cause du logiciel libre.

En effet, un nom mal choisi donne aux gens une idée fausse d’où « L’importance d’utiliser la dénomination GNU/Linux ». Si on se contente de dire « Linux », dispositif technique à un moment donné du développement de GNU, alors on réduit l’informatique libre à un épisode qui sera seulement technique, on ne se réfère qu’à une partie du projet. GNU est un projet éthique, politique, humaniste : c’est écrire du code pour rendre l’utilisateur et évidemment l’utilisatrice autonomes. GNU est ce qui donne direction et sens à la communauté du logiciel libre. Véronique nous exhorte à ne pas oublier la racine idéaliste de ce projet quand on se réfère au logiciel libre et que dire « GNU » ce n’est pas dire « je », c’est dire « nous ».

Racine idéaliste précisée dans le texte « Idéalisme pragmatique ». Le logiciel libre va bien au-delà d’une seule affaire d’écriture de code. Elle cite Richard Stallman : « C’est un but idéaliste qui motive mon travail pour le logiciel libre, propager la liberté et la coopération, rendre ainsi notre société meilleure, fraternelle ». L’intransigeance est extrêmement forte : le logiciel doit être libre ; il n’y a aucune raison que l’informatique se trouve sous copyright. Comment serait une société soumise à des contraintes qui empêcheraient de développer l’inventivité qui relève de la rencontre de plusieurs ? Cela porterait atteinte à la liberté, à l’égalité et à la fraternité des humains. Et moi, Frédéric, je cite Marie-Odile, dans cet échange avec Véronique, tu as rappelé que Richard Stallman commence très souvent ses conférences en France par l´expression : « Je peux définir le logiciel libre en trois mots : liberté, égalité, fraternité », ajoutant souvent un commentaire par rapport au pouvoir politique présent, quel qu’il soit rarement dans cet état d’esprit.

En 1997, Richard Stallman avait publié un article, on peut dire une fiction, intitulé « Le droit de lire ». Dans une de ses chroniques, Véronique décrit le scénario, prémonitoire d’une certaine façon, une histoire d’amour sur fond d’impossibilité d’accéder aux savoirs contenus dans les livres. Avoir accès à l’ensemble des savoirs, permettre de les partager, ce sont les propositions du projet GNU : l’architecture informatique doit permettre l’accès aux documents et aux processus. Véronique rappelle l’un des slogans de l’April « Informatique libre, société libre ».

Le texte « Les raisons d’écrire du logiciel libre » se présente sous la forme d’une énumération de dix raisons qui vont d’une vision large vers des raisons plus étroites mais qui ne demandent qu’à grandir. Ainsi Véronique de remercier le logiciel libre d’avoir fait grandir nos raisons d’écrire du code.

Dans un autre registre, on pourrait dire plus politique, deux textes sont commentés :

  • « Mesures à la portée des gouvernements pour promouvoir le logiciel libre ». Pour Richard Stallman, « La mission de l’État est d’organiser la société avec pour objectif la liberté et le bien-être de la population ». Prendre des décisions pour d’autres humains impose des devoirs pour accomplir cette mission humaniste : respecter les citoyens comme humains et ainsi les gouvernements se respecteront eux-mêmes.
    Je vous laisse relire la transcription de cette chronique dans laquelle chaque considération devrait pousser à un engagement fort que ce soit dans la lutte contre le gaspillage ou dans la défense de notre souveraineté numérique.
  • « Quel niveau de surveillance la démocratie peut-elle endurer ? » Certes, pour fonctionner, la démocratie doit se protéger, mais il faut aussi qu’elle soit lisible, car le peuple doit savoir ce qui s’y passe. Il ne s’agit pas de supprimer la surveillance, il s’agit de la réduire pour éviter les excès. Les lanceurs d’alerte, avec référence à Edward Snowden, doivent pouvoir agir et pour cela il faut préserver un espace intime qui permettra le recul pour la réflexion et la critique. Bien entendu, chacun d’entre nous doit être prudent en étant acteur de la protection de sa propre vie privée. Pour cela logiciels libres et solutions libres sont proposées avec une mise en garde : méfions-nous des objets connectés, gardons nos données dispersées, ne facilitons pas les choses.

Une autre façon de faire avancer la cause du logiciel libre consistera à « Dire non à l’informatique injuste, même une seule fois ». Tout rejet qui va dans un sens émancipateur est bon à prendre.
Dans cette chronique Véronique nous parle de son expérience d’enseignante pendant la période de confinement et des pas qu’elle a faits en refusant, avec une fermeté bienveillante, d’utiliser les logiciels et les solutions privatrices qui lui étaient proposées. Tout refus ponctuel est constructif, il permet d’alerter nos interlocuteurs, mais il ne suffit pas. Véronique a proposé à ses étudiants des alternatives libres pour les aider à avancer vers l’autonomie, pour leur montrer combien elle les respecte et combien, en se détachant des solutions propriétaires, ils se respecteront eux-mêmes, gagneront en liberté et avec eux leur communauté.

En cette période de rentrée scolaire, il est impératif de rappeler, marteler partout où cela est possible « Pourquoi les écoles doivent utiliser exclusivement du logiciel libre » afin de faire de la bonne éducation.
Véronique nous rappelle que dans ses arguments, comme souvent, Richard Stallman part de ce qui lui parait le moins essentiel, l’argument monétaire – les logiciels libres sont souvent gratuits – pour arriver, en passant par la formation des futurs informaticiens qui, par l’accès au code source pourront lire beaucoup de bon code, à l’éducation morale, l’habitude d’aider les autres : une éducation tournée vers les autres, qui ne sera pas repliée sur soi, qui ouvre à l’autonomie, ce que le pragmatisme, de courte vue, parfois ne comprend pas.
Éduquer c’est amener quelqu’un à sortir de ses intérêts particuliers, de ses impulsions immédiates, de ses préjugés, pour aller vers les autres.
« Enseigner un programme non libre revient à enseigner la dépendance ce qui est contraire à la mission de l’école », dit encore Richard Stallman, d’où la proposition de ne distribuer et de n’utiliser que du logiciel libre dans les écoles. Outre le devenir autonome des individus, cela garantira l’avenir politique d’une nation. Et pourtant, il y a parfois des contrats étonnants qui sont passés avec les GAFAM, donc les géants du Web qui se gavent de nos données personnelles, hélas notamment par notre ministère de l’Éducation nationale. On en a déjà plusieurs fois parlé et pas plus tard que tout à l’heure.
L’école a une mission sociale celle de former les élèves à être citoyens d’une société forte, capable, indépendante, solidaire et libre. Ainsi formés, les humains qui utilisent maintenant tous l’informatique, pourront contrôler leur propre ordinateur, auront leur autonomie préservée et la liberté de coopérer, de vivre dans la droiture morale.
À la façon d’un clin d’œil, Véronique nous propose de décliner la formule de Lessig, une formule beaucoup appréciée par mon collègue Étienne, Code is Law en Code is Education, puisque écrire du logiciel libre fait grandir, contribuer au logiciel libre amène à dépasser son propre horizon, ses préjugés, pour aller vers les autres, s’ouvrir.

Marie-Odile invite les auditeurs et les auditrices qui écoutent en direct l’émission ou qui écouteront le podcast, à relire les transcriptions des chroniques de Véronique Bonnet. Elle espère qu’elle nous fera encore partager ses commentaires de philosophe des textes de Richard Stallman durant la saison 4 Libre à vous ! car cela est bon !

Je précise que Véronique Bonnet continuera évidemment à nous proposer des chroniques « Partager est bon » dans le cadre de Libre à vous saison 4.
C’était la chronique de Marie-Odile qu’on a pu faire vu qu’elle envoie ses notes en avance. Je ne sais pas si on a pu la récupérer ou pas du tout. On espère que la prochaine fois on l’aura et on fera un test une fois l’émission terminée pour comprendre ce qui s’est passé.
C’était la chronique, dite par moi, de Marie-Odile Morandi, qui est animatrice du groupe de travail Transcriptions de l’April, qui est également administratrice de l’April.
J’invite les gens qui nous écoutent à rejoindre ce groupe Transcriptions. Je disais tout à l’heure que l’émission est une émission contributive, l’April est une association contributive. Les transcriptions sont faites par des bénévoles et on a besoin de gens pour aider soit à transcrire, soit simplement à relire des textes, il n’y a pas forcément besoin de compétences, il n’y a pas forcément besoin de beaucoup de temps, il y a des textes qui sont relativement courts. N’hésitez pas à vous connecter sur le site de l’April pour découvrir les activités notamment du groupe Transcriptions, donc april.org.

On va passer maintenant aux annonces de fin.

[Virgule musicale]

Annonces

Frédéric Couchet : Les annonces de fin, je crois qu’en fait je les ai déjà faites tout à l’heure, mais je vais quand même vous rappeler rapidement notre appel pour le traitement des podcasts. Le montage audio est un travail très important. D’ailleurs plus globalement, si vous souhaitez aider la radio à traiter les podcasts de toutes les émissions, n’hésitez pas à nous contacter : vous vous connectez sur causecommune.fm ou sur april.org et vous trouverez les informations de contact, parce que c’est un point important le traitement de ces podcasts. Le direct est évidemment essentiel à la radio, mais il y a beaucoup de gens qui écoutent en podcast, donc il y a un travail à faire pour rendre ces fichiers de podcasts de la meilleure qualité possible. Je précise aussi qu’un travail fait par les personnes qui montent les podcasts c’est ensuite de découper les podcasts en sujets séparés de manière à faciliter l’écoute. Par exemple dans une émission où on a un sujet long et deux courts, eh bien vous aurez un podcast pour toute l’émission et vous aurez un podcast pour les deux sujets courts et un podcast pour le sujet long.
Je rappelle aussi que vous pouvez faire un don à la radio Cause Commune pour financer tout simplement la partie matérielle de la radio. Vous allez sur causecommune.fm.
Est-ce qu’il restait d’autres annonces ?
Il y a peut-être quelques évènements qui commencent à être organisés à nouveau, évidemment ça va dépendre des conditions sanitaires de la rentrée. Il y a notamment la Fête des Possibles.
Je vous invite à consulter le site de l’Agenda du Libre, agendadulibre.org, vous verrez que quelques évènements sont organisés. Certains sont aussi organisés tout simplement à distance. N’hésitez pas à vous connecter sur le site de l’Agenda du Libre, agendadulibre.org, vous y trouverez tous les évènements qui sont organisés en France, en Belgique et dans d’autres pays, vous permettant soit de découvrir le logiciel libre, soit de vous perfectionner autour du logiciel libre, en tout cas de trouver des évènements autour des libertés informatiques.

Notre émission se termine, un petit peu chaotique à la fin, mais c’est la reprise, c’est comme ça !
Je remercie les personnes qui ont participé à l'émission : Marie-Odile Morandi pour avoir évidemment préparé sa chronique, Jean-François Clair, Renaud de Colombel ; à la régie et au sujet long Étienne Gonnu. Ça a été aujourd’hui, avec les conditions, Étienne ?

Étienne Gonnu :Un peu sportives comme tu as pu le voir.

Frédéric Couchet :Un peu sportives. Je pense qu´on méritera peut-être une bière après, quoique toi tu es en vélo, ce n’est peut-être pas très bien !

Étienne Gonnu :En tout cas ça m’a fait plaisir de revenir en régie, ça c’est clair.

Frédéric Couchet :C’est effectivement un grand plaisir de revenir en studio.
Merci également à Sylvain Kuntzmann, Antoine, bénévoles à l’April, Olivier Grieco, le directeur d’antenne de la radio, qui s’occupent de la post-production des podcasts.
Merci également à Quentin Gibeaux, bénévole à l’April, qui découpe le podcast complet en podcasts individuels par sujet.
Vous retrouverez sur notre site web, april.org, et sur le site de la radio, causecommune.fm, toutes les références utiles. Vous pouvez trouver également les moyens de nous contacter pour nous faire des retours.
Je vous rappelle que vous pouvez aussi nous laisser un message sur le répondeur de la radio pour réagir à l’un des sujets de l’émission, pour poser une question ou simplement nous laisser un message. Le numéro du répondeur est 09 72 51 55 46.

Nous vous remercions d’avoir écouté l’émission. La prochaine émission aura lieu en direct mardi 8 septembre 2020 à 15 heures 30. Notre sujet principal portera sur l’initiation à la programmation pour les femmes avec Ada Tech School, Ladies of Code Paris et Django Girls. Malgré ces noms, on parlera en français.

Nous vous souhaitons de passer une belle fin de journée. On se retrouve en direct mardi 8 septembre et d’ici là portez-vous bien.

Générique de fin d'émission : Wesh Tone par Realaze.