business-performance

Titre : Décryptualité du 9 novembre 2020 - Soyons plus productifs !
Intervenants : Manu - Luc
Lieu : April - Studio d'enregistrement
Date : 9 novembre 2020
Durée : 15 min
Écouter ou enregistrer le podcast
Revue de presse pour la semaine 45 de l'année 2020
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : business-performance, Bertrand Duperrin's notepad - Licence Creative Commons Attribution-Noncommercial-Share Alike 2.0.
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Description

Être plus productifs, un objectif que nous devrions tous viser.

Transcription

Luc : Semaine 45. Salut Manu.

Manu : Salut Luc.

Luc : Sommaire.

Manu : Cinq petits articles. On sent que les journalistes sont un peu au repos en ce moment.

Luc : C’est l’automne.
Next INpact, « Health Data Hub : le sombre diagnostic du Dr CNIL », un article de Marc Rees.

Manu : Sombre parce que nos données de santé, les données de santé de tous les Français sont en ce moment aux États-Unis. Microsoft qui les a prises en otage.

Luc : Il n’y a pas de problème puisque le Conseil d’État a dit que c’était bon.

Manu : Oui. N’est-ce pas, mais ça n’empêche que les institutions sont en train de faire remarquer « oui, on va peut-être rapatrier tout ça en Europe ». À un moment donné, nos lois sont quand même mieux maîtrisées que les lois des États-Unis.

Luc : C’est un peu gros quand même !
Le Monde Informatique, « La Banquiz cherche start-ups open source en Nouvelle-Aquitaine », un article de Maryse Gross.

Manu : La Banquiz c’est quoi, tu te rappelles ? On en a déjà parlé. Une association d’entreprises, une sorte de pépinière et effectivement, elles cherchent à faire monter des entreprises dans le logiciel libre, donc ce sont des gens bien.

Luc : Oui, en tout cas Ils ne peuvent pas être complètement mauvais.
ZDNet France, « Logiciel libre : disparition de Laurent Séguin, ancien président de l'AFUL, militant et musicien », un article de Thierry Noisette.

Manu : C’est très triste. On a rencontré Laurent Seguin dans différentes activités du logiciel libre. L’AFUL c’est l’association française des utilisateurs de logiciels libres, mais il ne faisait pas que ça, J’ai découvert qu’il avait produit pas mal de musiques, de musiques intéressantes.

Luc : Oui, j’en ai écouté.

Manu : Il y a en qui sont passées à Libre à vous !. C’est assez sympa. On est désolés qu'il nous ai quittés.

Luc : 44 ans, c’est quand même très jeune. Condoléances à tous ses amis, sa famille, tous les gens qui ont pu le connaître.
Le Monde.fr, « Cryptomonnaies : « La Chine menace le cœur de l'économie mondiale : l'Internet de l'argent » », un article de Vincent Lorphelin et Christian Saint-Étienne.

Manu : L’Internet de l’argent ça ne veut pas dire grand-chose. Là, il se trouve que c’est le vieux sujet des cryptomonnaies, les bitcoins par exemple, et toute la technologie qu’il y a autour donc la blockchain. Là, la Chine a l’air de dire « on va se lancer sur la blockchain, mais une blockchain chinoise et avec ça on va détrôner — en tout cas ça a l’air d’aller dans cette direction — le dollar ». S’ils y arrivent ça pourrait effectivement changer l’économie mondiale. Aujourd’hui, le dollar reste le sang qui fait fonctionner l’économie.

Luc : Il y a des gens qui disent qu’il y a une nouvelle guerre froide qui a commencé entre la Chine et les États-Unis. Ce serait effectivement une belle manœuvre pour aller dans cette direction. Effectivement, la monnaie est un instrument considérable de pouvoir et les États-Unis profitent abondamment du statut du dollar.
Siècle Digital, « Numérique responsable : où en sont les éditeurs de logiciels et de SaaS ? », un article de Brice Schwartz.

Manu : SaaS, c’est Software as a Service. C’est un petit peu ce qu’on appelle l’informatique en nuage. Effectivement, il y a pas mal de choses intéressantes sur le sujet, mais il y a des problématiques écologiques. Certes, on peut travailler mieux avec les logiciels, mais souvent ça coûte cher écologiquement, ça coûte cher à produire, ça coûte cher à faire tourner en électricité, en matériaux. Donc la promesse d’efficacité accrue est un peu compliquée. Ça reste un sujet vaste qu’on va sûrement encore aborder, je pense.

Luc : Effectivement, il y a plein d’initiatives dans le domaine et c’est un sujet essentiel.

Manu : De quoi veux-parler cette semaine ?

Luc : Cette semaine, je voulais qu’on soit productifs.

Manu : Tu veux être productif. Tu veux parler de fric, je le sens !

Luc : Indirectement oui. Je pensais que c’était intéressant de parler de productivité et de dire à quel point la productivité c’est quelque chose de bien et qu’il faut souhaiter.

Manu : Tu veux augmenter les cadences. Tu veux faire bosser plus les travailleurs, je le vois dans tes yeux.

Luc : C’est ça. Bossez bande de feignants !
On rappelle que la productivité, économiquement dans le principe, c’est l’idée de qu’est-ce qu’on est capable de produire, au sens général, avec les moyens qu’on a. Donc on va mettre un certain effort et obtenir un résultat plus ou moins important.

Manu : C’est souvent ce qui est calculé avec les PIB, PNB.

Luc : On n’utilise plus trop le PNB, mais le PIB. Souvent, au niveau économique, quand on va parler de la productivité d’un pays, on va prendre le nombre d’heures travaillées, estimé par les statistiques, avec le PIB. Effectivement, on a plein de critiques qui disent que c’est un truc d’exploitation, on veut que les gens bossent plus, qui est encore centré sur le PIB qui est un indicateur très critiquable, qui va vers plus de pollution, vers plus de capitalisme, etc. Mais on peut voir la productivité sous un angle complètement différent et se dire que oui, tu veux être le plus efficace possible pour atteindre les buts qui sont importants pour toi.

Manu : Mais les buts qui sont importants pour ce genre de sujet, c’est l’argent. Est-ce que c’est vraiment important ?

Luc : Ce n’est pas que l’argent Ça peut être, par exemple, le temps de travail. Historiquement, il y a quelques siècles, on avait 90 %, minimum, de la population qui travaillait dans les champs. Aujourd’hui on a plein de gens qu’on arrive à sortir de cette activité de production pure et dure, qui deviennent profs, qui deviennent médecins, ce qui permet d’élever et de soigner nos enfants. Moi je n’en ai pas, toi non plus, mais ceux d’un certain nombre de nos auditeurs, et on trouve ça plutôt bien que de se dire qu’ils ont ça plutôt qu’aller bosser à six ans dans les champs et mourir à 13 ans.

Manu : Peut-être qu’on n’a plus tout le monde qui est dans les champs, mais on a aussi plein de chômeurs. C’est très négatif.

Luc : Effectivement, c’est cette question de comment on fait ce partage des gains de productivité. L’économie des entreprises, etc., a fait des progrès considérables des 40 dernières années.

Manu : Notamment grâce à l’informatique.

Luc : Notamment, effectivement. On a eu des doublements, triplements de productivité, c’est énorme. Mais, pour des raisons politiques, à partir des années 80, on a arrêté ce qu’on appelait le partage des gains de productivité qui était de dire « puisqu’on arrive à être plus efficaces, on partage ces gains ». Ça peut être soit avec de l’argent, soit, par exemple, par une réduction du temps de travail, c’est une autre façon de partager les gains de productivité. Tout l’enjeu politique et là où les travailleurs se sont bien fait avoir depuis une quarantaine d’années, c’est que ces gains ont été entièrement absorbés par entreprise et capital et on voit les résultats aujourd’hui.

Manu : Je vais me faire l’avocat du diable, mais ce sont des gars comme Jeff Bezos ou Bill Gates qui transforment la planète et c’est grâce à cet argent qu’on leur donne les moyens de changer le monde. Regarde Elon Musk ! Elon Musk va nous emmener sur Mars grâce à l’argent qu’on lui donne, nous, la société humaine.

Luc : Il va peut-être s’emmener sur Mars pour y mourir ! Le truc, c’est qu’ils la transforment en la détruisant, ils prennent du pouvoir. Effectivement, le nombre de milliardaires dans le monde, y compris en France, a explosé, certains de nos milliardaires ont fait, par exemple, plus de 20 % de fortune en un an. Ce sont des trucs complètement dingues.

Manu : Je pense qu’avec la covid, ça va encore s’améliorer pour leur fortune !

Luc : Jeff Bezos, c’est la machine à cash. On peut avoir des discussions à l’infini : personne n’a besoin d’avoir autant d’argent pour vivre même très confortablement.

Manu : Ça l’aide à mieux dormir parce que le matelas est plus doux ! Tu comprends !

Luc : C’est ça. De fait il y a plein de choses, de mécanismes — on ne va pas rentrer dans le détail là-dessus, d’une part parce que je ne suis pas expert — qui se mettent en place. Il y a de la pauvreté, il y a de la destruction de l’environnement puisqu’on est dans un modèle imposé qui va pousser les gens à consommer toujours plus, toujours plus.

Manu : On est dans un modèle de croissance.

Luc : Oui, si on peut appeler ça comme ça. Après c’est toujours qu’est-ce que tu appelles la croissance ? Qu’est-ce que tu appelles la réussite ?

Manu : C’est la croissance économique. C’est la quantité d’argent qu’on va produire avec des biens qu’on va vendre.

Luc : Tout ça ne nous dit pas quel est le rapport avec l’informatique. Là, on parle de sujets qui sont quand même très éloignés. Juste pour dire, vouloir la productivité c’est important pour moi parce que ça veut dire que sur les choses qui nous importent on veut essayer d’être plus efficaces pour faire plus, autant qu’on peut, avec ce qu’on a.
L’April1 est une association où Fred, qui est notre délégué général, est un fou furieux de méthodes et des méthodes de travail beaucoup plus efficaces à l’April que dans beaucoup de contextes professionnels dans lesquels j’ai pu bosser.

Manu : Vas-y. Parle de ton passé. Accuse ! Dénonce ! Raconte un peu ton patron en ce moment comment il est ! Ça va être difficile pour toi.

Luc : Eh bien non, je ne le ferai pas, pas cette fois. Tout le monde connaît ça, on a dans le boulot des gens qui roulent pour eux, des gens qui font des trucs dans leur coin, ne partagent pas les infos. Dans l’informatique il y a un certain nombre d’outils qui sont orientés vers la productivité et qui ont permis d’être plus efficaces.

Manu : En gros, tu penses à des gestionnaires de tickets, des outils qui permettent de stocker de l’information facilement ?

Luc : Oui, notamment les wikis2, qui permettent d’organiser l’information et de travailler ensemble à plusieurs. Le gestionnaire de tickets est en fait un gestionnaire de tâches3. On va avoir un outil où on va dire il faut faire ceci, on peut l’affecter à une personne. On peut vérifier où ça en est. On peut décrire tout ce qui est à faire précisément, ça fait partie de la méthode, pour que les gens puissent avoir une liste claire de qu’ils doivent faire, s’ils ont des questions pouvoir poser des questions, on garde tout l’historique et avoir quelque chose de beaucoup plus efficace pour mener les actions qu’on a à mener.

Manu : Ça évite de ne pas oublier qu’il fallait remplacer le rouleau de papier toilette parce qu’on te l’a dit il n’y a pas longtemps. Non, il y a un ticket qui te l’indique.

Luc : Oui. Et de fait, ce sont des méthodes de l‘informatique mais qu’on peut parfaitement utiliser dans d’autres domaines, dans son milieu associatif, dans ses activités militantes si on veut, pour être plus efficaces tous ensemble.

Manu : Moi j’ai un côté ingénieur, comme tu le sais. Je vois une autre solution pour améliorer notre vie, c’est non pas d’augmenter la productivité, mais d’être sobres et d’enlever les besoins. C’est ce que disent souvent certains écologistes : non, il ne faut améliorer les ampoules, non, il ne faut plus se réveiller la nuit, enfin avoir des activités de nuit. C’est plus facile de profiter simplement de la lumière du soleil, par exemple.

Luc : Oui, sauf que le monde est hostile. Si tu veux changer le monde, ça veut dire qu’il faut arrêter Bezoz, il faut arrêter tout ce système-là, convaincre plein de gens qu’on va droit dans le mur et que le comportement, avec la politique actuelle, est suicidaire. Et ça, tu ne peux le faire qu’en te confrontant aux autres. Pour moi, ce truc de vivre à l’économie, ça marche si tu es dans un environnement qui ne veut pas ta mort.

Manu : Sachant en plus qu’en informatique c’est un peu compliqué. Là, je prône pour une autre église que la mienne. Non, je veux de l’informatique plus efficace, je veux des serveurs plus importants, je veux pouvoir travailler encore mieux avec mes outils. Effectivement, la sobriété en informatique, j’ai un petit peu de mal. Je veux des gros data centers.

Luc : Après, c’est toujours cette question de qu’est-ce qu'est le mieux ? Au final, tout le monde veut le mieux. C’est comment tu le définis. Si un jour on a tout un truc qui dit le mieux c’est quand on arrivera à dépenser moins d’énergie, à construire moins de matériel et à rendre quand même le service, eh bien dans ce cas-là, peut-être que les prochaines générations d’ingénieurs seront super contentes d’avoir trouvé l’astuce qui permet d’utiliser du vieux matériel, d’avoir développé le truc qui est beaucoup moins gourmand en ressources, qui consomme moins d’énergie, etc.

Manu : Je verrais un mieux aussi dans une autre direction, c’est la motivation. Je trouve que si on peut motiver les travailleurs dans les entreprises, les gens qui participent dans les associations ou dans le monde politique à faire les choses mieux, mieux pour eux, je trouve que c’est intéressant en soi et que ça va améliorer la qualité du travail et aussi la qualité de ce qui est fourni en résultat. Ça c’est une motivation qu’on appelle la motivation intrinsèque, qui est souvent mise en opposition avec la motivation dite extrinsèque. Par exemple, le fait qu’on ait un salaire à la fin du mois, c’est une motivation pour aller au travail, mais ce n’est pas une motivation très forte et tenable sur le long terme. On ne fait pas forcément le meilleur travail possible.

Luc : Je pense qu’il y a plein de gens qui vont au boulot pour avoir les sous, mais effectivement, quand tu vas bosser tu vas faire le minimum syndical comme on dit.

Manu : Si c’est ta seule motivation.

Luc : Si c’est ta seule motivation. Effectivement, pourquoi essayer de trouver de meilleures astuces ou des choses comme ça. Après, sur cette question de la motivation et pour revenir au Libre, je pense que c’est un des trucs qu’on a dans le Libre qui marche bien : les gens qui sont dans le mouvement ont cette conviction de participer à quelque chose qui les dépasse, donc ça donne du sens à leur boulot. Il y a des gens, dans leur coin, qui contribuent à un logiciel sur un truc technique, ils n’ont les honneurs de personne, ils bossent, etc. Je pense qu’ils aimeraient bien avoir de la reconnaissance, éventuellement, mais ils sont là quand même, malgré tout, et ce sont ces gens-là qui vont avancer les choses.

Manu : Ils sont motivés parce ce qu’ils font, en soi, je trouve ça admirable. Maintenant ils y en a d’autres qui sont motivés par d’autres délires, d’autres rêves. Les startupeurs, tous ces petits jeunes qui bossent 70 heures par semaine sur un logiciel de gestion, je ne sais pas, de croquettes pour chien, et qui vont être super motivés par ce qu’ils font, certes, mais aussi par une sorte de rêve un petit peu bizarre, une loterie.

Luc : J’ai lu un certain nombre de témoignages de jeunes startupeurs qui se sont un peu fait manipuler par la personne qui monte la boîte et qui leur dit : « On est une équipe, on fait un super produit, on travaille ensemble, on est une famille ». Un jeune qui débarque sur le marché du travail, un peu naïf, va arriver là-dedans et va finalement s’apercevoir qu’en fait il n’est pas l’égal du patron, etc. Le truc ultime c’est quand la boîte fonctionne et qu’elle est revendue, il y a une certain nombre de gens qui peuvent s’investir dans la boîte en disant que c’est super et, au final, le patron se barre avec les millions et ils se retrouvent revendus à une grosse boite quelconque qui, éventuellement, va les tuer parce qu’elle veut juste le carnet de commande et les clients. D’où l’importance d’avoir toujours une démarche politique et de se dire « je sais pourquoi je m’implique, je sais quels sont mes objectifs et je ne laisse personne me dicter l’idéal particulier ».

Manu : C’est vrai que, dans ce cadre-là, des coopératives seraient un mécanisme intéressant parce que, au moins, on aurait tous une forme d’égalité entre nous dans la participation à un groupe, et on pourrait voir un projet de bout en bout et pas juste se le faire piquer. Parce que quand le patron d’une start-up se réveille, qu'il fait à son petit jeune « tu n’es pas mon égal, c’est moi qui décide », là le réveil est difficile, les étoiles dans les yeux s’envolent et on se réveille avec la gueule de bois et au chômage.

Luc : Effectivement, c’est une leçon durement acquise. Mais, pour moi, chercher la productivité ça reste quand même important. D’une part, parce que si on l’a fait une fois on pourra le faire ailleurs, dans d’autres domaines, où c’est réellement important et où on aura choisi de s’investir. Également, même si on est dans un contexte de boulot qui n’est pas hyper satisfaisant, il y a ce que Crozier4 appelait le contrôle de la zone d’incertitude. Ça dépend du type de boulot qu’on fait, mais c’est une zone où personne ne sait ce que tu fais vraiment et quand tu dis « là je n’ai pas le temps », eh bien on te croit sur parole. En général, plus tu montes dans la hiérarchie, plus c’est vrai. Effectivement, quand tu bosses à l’usine à la chaîne, eh bien tu es surveillé de très près.

Manu : Le micromanagement.

Luc : Et on sait exactement tout ce que tu fais. Il y a d’autres moyens d’avoir du contrôle de sa zone d’incertitude, notamment par l’absentéisme ou, par exemple, en faisant grève.
Toujours est-il que quand tu fais ça, et ça m’est arrivé dans le boulot, former des gens, une femme qui fait un truc sur son ordinateur et qui fait ça de façon inefficace. Je lui dis : « Vous pouvez le faire comme ça, ça va plus vite ». Elle me dit : « Moi je ne change pas », sous entendu « je ne vais pas me mettre à travailler plus ». Je lui dis : « Je ne suis pas votre chef, si vous faites ça, vous pouvez faire 15 minutes de plus de Facebook, je m’en fous, mais, au moins vous aurez fait moins de trucs cons pendant votre journée ». C’est une autre façon de voir la productivité. Ça peut être bien pour se ménager du temps, se ménager du confort dans son boulot même si le boulot n’est pas super rigolo.

Manu : Dans tous les cas, ce qui serait bien, c’est de faire en sorte que les gens qui augmentent leur productivité en profitent eux-mêmes, de plein de manières différentes. On n‘oublie pas ce point-là et on essaye de passer dans une société un peu plus partageuse, un peu plus égalitaire, ce serait quand même sympa.

Luc : Oui. Je pense que tu es un idéaliste, mais bon ! Voilà. On se retrouve la semaine prochaine.

Manu : À la semaine prochaine, Luc.

Luc : Salut.