Henri Verdier en 2013

Titre : Un État plateforme, mais pour quoi faire, avec qui ?
Intervenants : Henri Verdier - Thierry Guerrier, animateur
Lieu : Grand débat de la donnée 2018 - Syntec Numérique
Date : avril 2018
Durée : 17 min 35
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Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : Henri Verdier en 2013 - Licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

Thierry Guerrier : Merci du privilège que vous nous faites d’être là. Vous êtes en effet un peu le monsieur de l’informatique, le « monsieur données » pour le compte de l’État, je le disais, directeur du numérique pour l’État, Etalab1. Le sujet c’est la donnée et ce concept d’État plateforme que vous avez développé. Qu’est-ce que ça signifie ? Je vous en prie.

Henri Verdier : Bonjour. Tout d’abord je me sens chez moi avec vous, j’ai quand même été 20 ans entrepreneur et 5 ans dans l’État donc c’est un retour aux sources.

Pour lancer mon court propos, il y a une chose qui m’étonne en ce moment c’est que tout le monde nous présente les GAFAM comme des pilleurs de données et, pour moi, ce sont d’abord des gens qui nous fournissent des données. Je veux juste qu’on réfléchisse à ça deux secondes. La puissance des plateformes qui aujourd’hui dominent à ce point l’économie c’est la puissance de gens qui sont devenus des centres d’innovation parce qu’ils ont commencé par partager des ressources.
La première fois que j’ai entendu parler du SDK d’Apple c’était par des développeurs qui me disaient : « C’est incroyable ! Regarde ce qu’on peut faire, je peux utiliser un téléphone, un écran tactile, une boussole, une géolocalisation, de l’échange de données, etc. Je peux inventer les applications de mes rêves ! »
Aujourd’hui, ces géants de l’économie numérique sont d’abord et avant tout des gens qui partagent leurs ressources. Partageant leurs ressources ils attirent à eux des innovateurs. Ils se débrouillent pour reprendre des informations supplémentaires à ces innovateurs, ils créent [ils les aident à créer, Note de l'orateur] de la valeur ajoutée, ils en prennent une grosse part pour eux, ils en redistribuent un peu et ils deviennent de facto les patrons d’un écosystème d’innovation.
J’ai souvent combattu l’expression « la donnée est un nouveau pétrole » pour de nombreuses raisons dont vous avez sûrement parlé. La donnée n’a rien à voir avec du pétrole : ce n’est pas un bien rival, quand quelqu’un s’en sert il ne la détruit pas, souvent même il l’apprécie parce qu’il génère des métadonnées. Donc déjà ça n’a rien à voir avec une ressource rare qui s’épuise. Un jour un des gars de l’équipe m’a dit tu n’as qu’à rajouter un « s » et dire data is the new soil. En fait, ça se passe beaucoup plus comme ça, la donnée est un humus, un terreau sur lequel il est possible d’entreprendre et de créer de la valeur. Vous me voyez venir !
Aujourd’hui on est dans un monde où des plateformes géantes, parce qu’elles ont commencé par partager de la ressource – je dis ressource parce que ça peut être de la donnée, ça peut être du cloud, ça peut être de la géolocalisation, ça peut être des briques logicielles, ça peut être de l’identité, ce n’est pas seulement de la donnée, mais c’est principalement de la donnée – où ces géants sont en train de devenir le terreau sur lequel s’installe l’économie. Une des choses qui me préoccupe le plus dans le monde dans lequel nous sommes en train d’entrer, c’est… regardez ce qu’il y a dans vos téléphones : déjà si ces applications sont dans vos téléphones, elles ont demandé une permission à Android ou à Apple pour avoir le droit d’innover et d’exister ; elles ont accepté des conditions générales d’utilisation, elles sont sous permission, sous contrainte. Mais regardez d’un peu plus près, je pense que chacune de ces applications utilise PayPal, Facebook Connect, Google Maps… Aujourd’hui nous sommes en train d’entrer dans une économie où il est pratiquement impossible d’innover réellement sans demander la permission à un GAFAM et c’est vraiment préoccupant.
Une anecdote, je n’ai que sept minutes… L’hiver dernier aux vacances de Noël, il y a trois mois, la préfecture de Savoie a voulu faire un système d’information trafic routier et enneigement, elle avait fait un très beau site qui est tombé en panne le premier jour des vacances de Noël parce qu’ils avaient délégué ça à une petite PME locale qui, elle-même, avait tapé dans Google Maps sans lire les conditions générales d’utilisation. Au bout de 25 000 appels par jour à l’API [Interface de programmation d’application] c’est tombé en panne, ça a été fermé comme le prévoient les conditions générales d’utilisation. Et là, ils ont voulu appeler à Mountain View. Ils sont tombés sur un stagiaire qui a dit : « Il y a des CGU, c’est quoi la Savoie ? c’est quoi une préfecture ? c’est quoi la neige ? » [je brode un peu, là, Note de l'orateur] et il a fallu 15 jours pour rebooter le système, c’est-à-dire la fin des vacances de Noël.
C’est vraiment important de se rendre compte qu’on est en train de s’installer dans une organisation du monde où il y a de la data, il y a le droit californien, il y a les CGU, il y a la policy, il y a les réseaux d'alerte, etc. La puissance publique a le devoir, si vous suivez ce que je viens de dire, de préserver plusieurs choses. D’une part elle a le devoir de comprendre comment ces stratégies créent réellement de la valeur, parce que ça crée de la valeur, parce que ce sont des millions, des dizaines de millions d’applications réelles qui innovent, qui délivrent du service, qui ont des clients, etc. Et ensuite elle doit comprendre comment, en tant que puissance publique, elle doit quand même continuer à garantir, prenons un mot pompeux, la souveraineté, la souveraineté de l’État, mais la vôtre aussi, la liberté d’innover dans un monde sans demander la permission à des gens qu’on admire, qui sont des gens remarquables, mais qui tout simplement ne procèdent pas de la souveraineté du peuple français qui a le droit, le peuple français, de choisir comment il entend protéger la vie privée, quelle transparence il exige des algorithmes, qui il peut privilégier dans un retour à l’emploi, etc.
L’État plateforme est une réponse à une bonne partie des choses dont je viens de vous parler. C’est l’idée que nous pouvons penser et agir comme des plateformes, mais nous, nous sommes la puissance publique, nous sommes au service de vous, de nous, du peuple souverain. Donc on ne crée pas de la valeur pour faire du bénéfice pour actionnaires, on crée de la valeur pour défendre l’intérêt général et permettre aux entreprises d’innover dans une économie sur laquelle nous avons encore un droit de regard ou un droit de décision.

La première couche, Simon vient d’en parler amplement, la première couche de cet état plateforme c’est effectivement ce slogan que tu avais trouvé « des données sur lesquelles vous pouvez compter » et aujourd’hui on a construit trois étages dans la diffusion de ces données sur lesquelles vous pouvez compter. Il y a d'abord une très grande ambition d’open data. L’open data on pourrait dire que c’est un quart des données, en fait. Imaginons un tableau à double entrée : données produites par l’État ou par les acteurs privés ; données protégées ou non par des secrets légaux. Les secrets légaux c’est la vie privée, le secret des affaires, le secret industriel, le secret médical, le secret statistique. Rassurez-vous, les informations que vous transmettez aux services statistiques sont couvertes par le secret statistique. Donc l’open data ce sont les données produites ou détenues par la puissance publique et qui ne sont pas couvertes par des secrets légaux. Pour celles-là l’affaire est juridiquement entendue, elles doivent être diffusées gratuitement dans des formats ouverts avec totale liberté de réutilisation. Point barre.
Et puis, comme l’a dit Simon, on a compris qu’il ne fallait pas seulement donner des données en vrac dans l’état où on les reçoit nous, mais être capables d’assurer sur des informations critiques, les données de référence, la fraîcheur, la qualité, la disponibilité 24/24 sur du haut débit et on a bâti le service public de la donnée qui est, cette fois-ci, une obligation de résultat.
C’est venu de certains d’entre vous, c’est venu de gens qui nous disaient :« Mais alors, est-ce que je peux débrancher mon système d’information et m’appuyer directement sur le vôtre ? » Tant qu’on ne faisait que de l’open data on a dit « surtout pas » et on s’est dit mais quand même sur des choses comme le cadastre, la base Sirene, ces référentiels sur lesquels tout le monde se synchronise tout le tout le temps, l’État a peut-être le devoir de le penser comme une infrastructure et de garantir la pérennité et la qualité de l’infrastructure.
Et puis dans cette famille de données librement accessibles, utilisables par tous, on aime bien, nous, aller encore un cran plus loin et travailler à l’émergence de communs, c’est-à-dire de données qui sont produites par l’alliance de l’État, des producteurs, des utilisateurs. C’est comme ça qu’on travaille la base nationale adresses, la géolocalisation de toutes les adresses postales, avec l’IGN, avec La Poste et avec OpenStreetMap2 et ses 10 000 contributeurs bénévoles en France. C’est comme ça qu’on travaille OpenFisca3, je ne sais pas si vous avez vu, on maintient la base des 40 000 règles du droit fiscal et social et les collectivités locales, notamment, l’enrichissent de leurs propres règles. C’est un outil super intéressant pour Open Law4, je ne sais pas ce que tu en diras. On en fera d’autres et probablement dans des sujets comme le transport, l’énergie. Il y a plus de logique à faire une coconstruction avec les acteurs, y compris privés, qui ont tous besoin de ces données et qui en possèdent beaucoup, plutôt qu’à séparer les données qui viennent de l’État et celles qui viennent du secteur privé. Donc c’est une première couche.

La deuxième couche de l’État plateforme – comme vous voyez là je ne suis pas encore en train de vous parler d’une plateforme, je suis en train de vous parler de données accessibles – c’est justement de savoir devenir plateforme, c’est-à-dire savoir devenir le lieu où l’on vient innover parce qu’il y a l’ensemble des ressources bien compilées, bien designées. Donc, par ailleurs, l’État a maintenant une vraie stratégie de plateformisation de son système d’information. Au cœur de ça comme partout et comme tout le monde devrait le faire, l’« APIfication » généralisée du système. Aujourd’hui, de plus en plus, le fonctionnement de l’État s’organise sur des très grandes API, interfaces de programmation d’applications. Il y a une API entreprises qui livre quelques centaines de millions de pièces par an. Il y a une API d’informations personnelles dont nous avons fait en sorte qu’on ne s’en serve qu’avec le consentement express de l’utilisateur grâce à France Connect5 qui est encore un peu moins utilisé parce qu’il y a moins de gens particuliers qui ont droit d’utiliser l’API, mais elle est utilisée par de très nombreuses administrations. Il y a une API géographique et on aura comme ça une petite dizaine d’API qui seront le cœur du cœur du SI de l’État.

Il y a une capacité à gérer l’identité. Vous connaissez, j’espère, ce bouton France Connect qui permet de se loguer. D’abord c’est un single sign on, ça permet de se loguer à n’importe quel service public : il a gardé en mémoire votre mot de passe donc vous pouvez entrer dans le service public. C'est aussi pour nous un principe de design de nos systèmes d’information puisque ça permet que la plupart du temps, en tout cas par défaut, quand on fait un service qui utilise des données personnelles, on les utilise avec le recueil du consentement de l’usager. C’est aussi un système assez malin dont le concepteur est dans la salle. On n’a pas essayé nous, la DINSIC6, qui est une petite DSI corporate, à la taille de l’État, de refaire le système d’identité. Donc on a pris des identités qui existaient déjà, celles qu’utilise la DGFiP [Direction générale des Finances publiques], celles qu’utilise la CNAM, et on est désormais en train de lancer le mouvement pour avoir des identités fortes qui permettront de faire des usages régaliens comme aller porter plainte en ligne au pénal. Bien sûr on ne laisse pas faire ça avec des identités faibles. Donc on est à la fois capables de travailler avec des identités fortes du secteur privé, Orange, La Poste sont de très bons candidats, et vous avez peut-être vu qu’on a lancé une mission parce que le ministère de l’Intérieur émettra aussi une identité forte faite par l’État puisque c’est une des responsabilités de l’État de proposer une identité universelle, c’est-à-dire que toute personne a le droit de refuser.

Enfin, pour devenir plateforme, il faut gérer des données, il faut savoir gérer de l’identité, il faut savoir gérer la confiance donc les certificats de confiance. Je ne sais pas si vous imaginez à quel point ce cœur du cœur de machine bouleverse l’informatique de l’État, puisqu’une informatique qui était massivement en silo, extrêmement verticale, on refaisait tout à chaque fois, est en train de devenir une informatique qui s’échange toutes les données, toutes les ressources d’identité, des petits morceaux de logiciels et qu’il devient très facile d’utiliser, je le dis parfois, comme un Lego géant.

[C’est assez bizarre de vous parler parce que je suis totalement ébloui donc je ne vous vois pas. C’est un peu curieux !]

Bien entendu, puisqu’on se pense comme un État plateforme, ce dont je vous parle sera accessible le plus possible aux entreprises, aux citoyens, aux associations, à la société civile. Sur les données l’affaire est entendue.
Sur France Connect vous avez peut-être vu que le Premier ministre a annoncé le 1er février dernier son ouverture au secteur privé. On va y aller par cercles concentriques parce que, évidemment, je ne peux pas du jour au lendemain accepter qu’un million 800 000 entreprises françaises que nous ne connaissons pas et que nous ne voyons pas puissent utiliser France Connect pour des usages qu’on ne surveille pas… [Les citoyens nous demanderaient rapidement des comptes, Note de l'orateur]. Donc on va d’abord commencer par des entreprises qui sont presque des services publics, banques, assurances, mutuelles, etc., puis on va élargir par cercles concentriques disons sur une trajectoire de 18 mois à deux ans.

[Je n’arrive pas non plus à relire mes notes.]

Après, si on veut se penser dans une stratégie de plateforme, je rappelle juste qu’il ne suffit pas d’avoir des données et de les partager, d’avoir une mécanique des plateformes, ni même d’avoir une stratégie d’ouverture très grande et de bienveillance très grande à l’innovation autour de nous, il faut aussi avoir une stratégie de standard ouvert. Il faut avoir une prédilection pour le logiciel libre, parce que, en fait, si vous vous ouvrez et si vous dites « il faut que tout le monde utilise ma ressource », alors il faut que tout le monde sache l’utiliser et il vaut mieux être sur des standards les plus partagés possible. Si vous regardez bien le travail de la DINSIC elle pousse quand même dans l’État un réflexe assez logiciel libre, mais, comme vous avez peut-être remarqué, pas comme une stratégie d’achat ; le plus important pour moi c’est que l'on soit dans les communautés, que l'on contribue, que les agents publics qui contribuent soient reconnus pour ceci, encouragés et valorisés ; que nos standards soient eux-mêmes partagés, nos codes sources soient publiés, documentés, critiquables, améliorables, etc.
Et enfin, et dans toute stratégie de plateforme c’est le même chose, il faut aussi savoir innover soi-même avec cette plateforme parce qu’on ne devient pas plateforme passivement en disant « j’espère qu’un jour les usages vont venir ». On devient plateforme si on fait naître des usages, si on montre l’efficacité de la plateforme et si on designe la plateforme en fonction des usages réels. Donc dans notre stratégie de plateformisation du SI de l’État, la création de valeur par les méthodes agiles avec de l’impact rapide, avec des équipes qui savent pivoter, qui savent coller au plus près de l’expérience utilisateur, faire de l’amélioration incrémentale et continue, ça fait partie intégrante d’une stratégie de plateforme sinon vous avez designé une plateforme à blanc, sans réels retours d’usage, et vous avez toute chance de taper à côté de la plaque.

Voilà un petit aspect de la politique des données. J’espère que vous pourrez vous dire que ça a commencé. J’espère que vous commencez à vous dire que dans une bataille économique terrible, géostratégique, mondiale, la puissance publique est en train de s’armer pour desserrer un tout petit peu l’étau et partager avec la société civile une capacité d’être un peu plus autonome et un peu plus souveraine dans cette compétition.

Thierry Guerrier : Henri Verdier, s’il vous plaît.

{Applaudissements]

Thierry Guerrier : Ce n’est pas de la flagornerie, il n’y a pas de petit aspect, vous venez de le souligner. Tout ça s’inscrit dans une bagarre mondiale socio-économique considérable et où les États doivent jouer, les États nations, face à des puissances, les GAFAM [Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft], les BATX [Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi] qui ont autant de puissance qu’eux aujourd’hui, même de la quatrième ou la cinquième mondiale comme la France, évidemment. Donc on voit bien en quoi c’est déterminant.
Il y a un aspect sur lequel on peut s’interroger c’est la capacité d’adhésion à la démarche, à cette souplesse que vous essayez d’introduire dans la gestion d’un élément fondamental qu’est la donnée et la donnée publique. Est-ce que vous avez mesuré ça auprès des acteurs de l’État, des fonctionnaires ? Comment est-ce que vous êtes perçu aujourd’hui ? Il n’y a pas que les nouvelles générations, tout le monde est en capacité aujourd’hui d’adhérer au projet. Est-ce que vous mesurez ça ? Est-ce que vous travaillez sur cet aspect de l’adhésion des acteurs publics ?

Henri Verdier : Bien sûr. J’y ai fait allusion tout à l’heure. J’ai passé 20 ans dans le privé, j’ai créé trois startups et puis j’ai rejoint l’État tardivement.
En fait c’est très contrasté. C’est-à-dire qu’on a des handicaps que vous imaginez facilement et on a aussi des avantages que je n’avais pas forcément prévus.
L’État c’est d’abord énormément de monde et beaucoup d’entre eux sont très autonomes en fait. Songez au nombre de profs qui sont contributeurs à des communautés de logiciel libre, à Wikipédia. Je dis souvent que dans n’importe quelle organisation il y a au moins 5 % d’innovateurs radicaux. En France il y a 5 millions d’agents publics, donc il y a au moins 250 000 innovateurs radicaux, donc c’est plus que la Silicon Valley. Déjà on les a, ils sont les « intrapreneurs ».
Ensuite il y a un une profonde conscience qu’« il faut que tout change pour que rien ne change », c’est-à-dire que si on veut garder une autorité de l’État il faut qu’il change sinon il sera jeté dans les poubelles de l’histoire. Donc il y a une appétence au changement qui existe. Ça ne veut pas dire qu’on sait dans quel sens il faut aller mais qu’on sait qu’il va falloir que ça bouge.
Je vois aussi dans la salle des représentants de plusieurs de ces communautés, Open Law et autres. Comme on travaille pour l’intérêt général, on peut faire des alliances plus faciles. Moi je n’ai pas de concurrent direct qui veut me piquer des parts de marché, donc ce n’est pas gênant que je publie mon code source, mes algorithmes, mes data, personne ne va faire un contre État. On peut affaiblir l’État ou le renforcer, mais on ne va pas faire un autre État à côté. On peut aller voir des gens en disant « je suis en train de faire de l’intérêt général, d’aider les handicapés à Metz, etc., est-ce que vous voulez donner un coup de main ? », et les gens viennent donner un coup de main.
On a de vrais handicaps terribles, on pourrait en parler, organisationnels, managériaux, budgétaires, RH, historiques, et on a aussi de vrais atouts. Donc c’est juste que c’est contrasté, Ce n’est pas la même manière de travailler que dans le secteur privé.