Une co-production de

Générique : “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2010 Ultimae Records, 2015 Blood Music (remastered)
Voix du générique : Karine

Crédits musiques

  • “Unknown Presence” Solar Fields (Origin #2) 2010 Ultimae Records
  • “Cycloid” Arovane & Porya Hatami (C.H.R.O.N.O.S) 2019 Karlrecords
  • “Everlasting (Album Edit)” Asura (Radio Universe) 2014 Ultimae Records
  • “Dysnomia” ASC (Trans-Neptunian Objects) 2017 Auxiliary

Les artistes

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Texte de l'épisode

Un peu de hauteur

La nuit est toujours aussi douce en haut de ta colline.

Les yeux perdus dans la voûte céleste, tu es comme hypnotisé par toutes ces étoiles, qui te paraissent un peu plus familière chaque fois que tu les regarde.

Ce ciel est devenu “ton ciel” maintenant.

Les étoiles deviennent un peu ton troupeau, et tu les observes avec tendresse comme le ferait un berger.

Tu aimeras les voir de plus près, voyager au milieu de cet amas de lumières.

Alors allonge toi, respire profondément.

inspire expire

On a besoin d’une destination, alors remettons la Lune, visons-la et commençons notre ascension.

Je t’annonce, on part pour un sacré voyage.

3, 2, 1, on commence à l’élever dans les airs, et tu sens la vitesse croître doucement

1m,

5m,

10m,

50m,

Jette un oeil en arrière et regarde le sol s’éloigner.

100m,

200m

300 m, on vient de passer la taille de la tour eiffel, le sol commence à ressembler à une maquette ou aux vues aériennes des sites comme Google Map.

830m, la taille du burj khalifa, on est désormais plus haut que le plus grand édifice construit par l’homme.

5 km, la taille du Mont Blanc

10 kilomètres au-dessus du sol, au-dessus de la plupart des nuages, c’est l’altitude d’un avion de ligne, c’est à peu près la taille du Mont Everest, la montagne la plus haute de la Terre.

Si ça te parait grand, dis toi que si la Terre était une sphère parfaite, de la taille d’un ballon de basket, le mont Everest serait quasi indiscernable, 2 dixièmes de millimètre.

Ce serait de l’ordre d’un grain de sable.

On continue à monter :
De 10 à 50 kilomètres au-dessus de la surface, c’est l’altitude des avions supersoniques, des ballons sondes et de la couche d’ozone. On n’a jamais encore volé plus haut sans un engin spatial.

Lorsque Felix Baumgartner a “sauté depuis l’espace”, il a sauté de cette partie-là, à 40 km au-dessus du sol.

Tu verras qu’en réalité c’est assez loin de l’espace.

Au-dessus de ces 50 km, c’est là que commencent les choses sérieuses, on rencontre les aurores boréales et les météorites, les fameuses étoiles filantes.

Très peu d’humains ont atteint ou dépassé cette altitude. Pourtant, au sol, cela parait tellement peu 50km...

C’est souvent un aller-retour à la ville d’à côté.

De cette hauteur tu peux presque voir toute la France.

100 km d’altitude, félicitations, tu es officiellement un astronaute.

En effet, tu as dépassé la ligne de Kármán, cette frontière arbitraire qui désigne la limite entre l'atmosphère terrestre et l’espace.

Elle est arbitraire parce que les effets de l’atmosphère se font en réalité sentir bien plus loin.

Le physicien hongro-américain, Theodore von Kármán proposa cet valeur car quelle que soit l’aéronef, il ne pourra plus utiliser l’air pour voler au-delà de cette hauteur.

Elle désigne donc plutôt une frontière entre aéronautique et astronautique.

Il n’y a pas vraiment de ligne bien définie entre la Terre et l’espace.
Les gaz sont simplement de moins en moins présent, de manière très graduelle.

Dans le cas d’une rentrée dans l’atmosphère d’une capsule spatiale, par exemple, on considère qu’il n’y a plus d’action notable à partir de 120km d’altitude.

120 km, cela paraît déjà un peu plus conséquent : une heure de conduite sur autoroute, 400 tours Eiffel.

Mais à l’échelle de la Terre, ce cocon protecteur ne représente qu’il filme ténu.
Si on reprend l’exemple du ballon de basket, l’épaisseur de l’atmosphère serait de 2,3 mm environ.

Ce n’est rien du tout.

La station spatiale internationale est à 400 km de la terre, ce qui veut dire qu’elle est encore soumise à des frottements, ténus, certes, mais suffisamment pour la ralentir de manière significative et nécessite d’être régulièrement rehaussée, re-propulsée.

Il faut monter jusqu’à plus de 500 km, ou un centimètre sur notre ballon, pour considérer être complètement hors de toute influence atmosphérique.

Imagine un humain, à plus de 400 km de tout autre présence humaine.

Cela n’est pas si difficile réaliser, en fait. C’est être seul au milieu d’une zone de la taille de la France.

Sur un des océans, on peut tout à fait se retrouver dans cette situation.

Et bien lorsque l’ISS se trouve au-dessus, les humains les plus proches de lui seront des astronautes.

On est encore bien loins d’être des explorateurs de l’espace, notre station spatiale, c’est un peu comme un enfant qui part à l’aventure en plantant une tente dans le jardin de la maison familiale.

Passons l’ISS, sortons totalement de l'atmosphère.

590 km, c’est l’altitude du télescope le plus connu, le télescope spatial Hubble.

Avec son miroir grande taille (2,4 mètres de diamètre, tout de même) et son emplacement idéal, loin de toute pollution visuelle, Hubble a contribué à des découvertes de grande ampleur, telles que la mesure du taux d'expansion de l'Univers, la confirmation de la présence de trous noirs supermassifs au centre des galaxies ou l'existence de la matière noire et de l'énergie noire.

Saluons-le, en le remerciant pour ces connaissances, dont je te ferai bientôt part, et continuons notre éloignement de la surface de notre planète

Allons jusqu’à atteindre une altitude de 850 km environ.

Ici, à l’abri des frottements, on retrouve les satellites de Météo France, tournant autour de la Terre en prenant des clichés qui permettront de réaliser ces animations que tu verras à la télévision avant le journal.

Si tu regardes la Terre, en tournant la tête, tu peux voir des pays scandinaves au sahara, ainsi que l’atlantique au large du portugal jusqu’à l’ouest de la Russie en passant par la botte caractéristique de l’Italie.

Nous n’avons toujours pas atteint la distance qui correspond à la France du Nord au Sud. On est encore tellement proche de la Terre.

Alors allons encore plus loin, plus vite

1000km,

5000km,

10 000km

A 20 000 km, nous atteignons les 24 satellites GPS

Pour te donner une idée de ce que représente 20 000 km, c’est à peu près la distance que tu aurais à parcourir pour partir du pôle Nord et atteindre le pôle Sud, en suivant la courbure de la terre. C’est plus de 3 fois le rayon de notre planète.

D’ailleurs, tu peux voir cette distance sur la Terre, maintenant.
Tu peux distinguer les deux calottes polaires, ces étendues blanches au Nord et au Sud de notre cailloux spatial.

Sur cette orbite, les satellites font le tour la Terre toutes les 12 heures environ.

Est-ce que tu as remarqué ?
Plus on s’éloigne, plus le temps pour faire le tour de la Terre est long.

Tu vas me “c’est normal puisqu’on parcours un cercle plus grand”
Mais ce n’est pas que cela : plus on est éloigné de la Terre, moins on a besoin d’aller vite pour rester en orbite.
L’ISS va à 27 600 km/h, les satellites GPS, eux, ne vont “qu’à” 13 600 km/h.

J’expliquerai pourquoi très bientôt.

A 36 000 km environ, soit un peu moins que la circonférence de la Terre, on atteint une distance où le temps mis pour faire le tour de notre planète est de 24h…

Cela qui veut dire qu’un objet sur cette orbite et dans le plan de rotation de la Terre sera toujours positionné au-dessus d’un même point au sol.

C’est ce qu’on appelle l’orbite géostationnaire. Elle est très utile pour la télécommunication, la transmission.

On envoie un signal vers ce point fixe depuis un bout du monde, le satellite le renvoie et peut être capté depuis un autre point du globe.

Ces satellites agissent comme des miroirs à signaux.
Et comme pour un miroir, il est essentiel qu’il ne bouge pas pour pouvoir maintenir un signal stable.

On est déjà bien loin du sol. Si on regarde derrière nous, on commencer à admirer notre planète dans sa globalité.

Mais la Lune ne paraît pas avoir changé de taille… et elle parait toujours si loin, ou si proche… C’est un peu dur de jauger les distances aussi grandes, surtout dans le vide spatial.
En fait, nous avons parcouru moins d’un dixième de la distance qui sépare la Terre de la Lune. Elle est à 380 000 km de la terre et nous ne sommes qu’à 36 000 km.

Si l’on reprend notre échelle de la terre de la taille d’un ballon de basket, nous sommes à 70cm de sa surface, à peine plus qu’à bout de bras, mais la Lune, elle, est à 7m et demi, la hauteur d’une maison avec un étage, en comptant le toit.

Alors continuons notre ascension dans sa direction.

Distances lumières

Un peu avant d’arriver à la Lune, arrêtons-nous à la distance de 300 000 km.

Tu peux prendre une seconde pour profiter de la proximité de la Lune pour en apprécier la beauté,

Mais regarde en direction de la Terre maintenant.

Elle a bien rétréci depuis notre dernière étape. Elle a presque la taille d’un simple ballon maintenant.

Mais sais-tu que tu vois ? Ce que tu as sous les yeux, ce n’est pas la Terre telle qu’elle est maintenant, mais telle qu’elle était dans le passé.

Non, ne cherche pas les dinosaures ou les hommes préhistoriques.
Tu vois actuellement la Terre telle qu’elle était il y a exactement 1 seconde.

Parce que la lumière se déplace et a une vitesse, de la même manière que le son. Sa vitesse est d’environ 300 000 km par seconde, c’est pour ça qu’on s’est stoppés ici.

Si la Terre venait à disparaître d’un coup, tu serais le dernier humain à le savoir.

Redescendons sur Terre, revenons sur ta colline, il faut que je te parle des années lumières.

Bien installé ? Parfait.

C’est quoi une année lumière ?
Ce n’est pas une mesure de la durée, mais une unité de distance. Une année lumière c’est la distance que parcourt la lumière en un an.

Elle parcourt en une seconde ce que les astronautes des missions Apollo ont mis 4 jours à faire ce que nous avons fait en une poignée de minutes d’imagination.
Une année lumière c’est gigantesque. C’est très très grand. Tu ne peux même pas imaginer à quel point c’est vaste.

Pour donner une idée d’échelle :
une seconde pour aller sur la Lune, ok.

Pour atteindre le Soleil, c’est environ 150 millions de km, soit 500 fois la distance, donc 500 fois la durée.

Il faut 8 minutes et 20 secondes à la lumière du Soleil pour nous atteindre.
Si le soleil venait à s’éteindre maintenant, tu aurais le temps de te faire cuire des coquillettes avant qu’il fasse sombre sur Terre.

Il y a un nom d’ailleurs pour la distance Soleil-Terre : c’est ce qu’on appelle une Unité astronomique. C’est un peu le mètre spatial pour tout ce qui concerne le système solaire.

Mercure, la planète la plus proche du soleil est à 0.4 unité astronomique, et Pluton se trouve à près environ 39.5 unités astronomiques de notre étoile.
Il faut à la lumière du soleil environ 5h et demi pour atteindre la planète naine.

Tout comme l’atmosphère de la terre, notre système solaire n’a pas de frontière réellement définie. La gravité du soleil se ressent partout dans l’univers, mais elle décroît avec le carré de la distance.

Quand on est 2 fois plus loin, on est 4x moins attiré, 10x plus loin, on est 100 fois moins attiré... mais la gravité ne s’arrête jamais totalement.

Une des frontières pourrait être 15 milliards de kilomètres, 100 unités astronomiques, là où les vents solaires ainsi que le champs magnétique de notre étoile s’arrêtent.

Il faudrait près de 14h à la lumière pour atteindre cet endroit.

Mais si l’on veut que la gravité du Soleil soit négligeable, il faut aller jusqu’à 100 000 unités astronomiques, là où le nuage de débris datant de la formation du système solaire semble s'arrêter.

Atteindre le nuage d’Oort, le nom donné à cette partie du système solaire, c’est 1 000 unités astronomiques, en sortir, c’est 100 000 ua.

La lumière met 140h à l’atteindre, un peu moins de 6 jours mais il lui faut 14 000 h pour en sortir, quitter ce nuage d’oort, soit un an et demi.

Proxima Centauri, est l'étoile la plus proche de notre système solaire.

Elle est à une distance d'environ 4,22 années-lumières, soit 270 000 unités astronomiques.

Cela parait beaucoup, mais ce n’est toujours rien comparé aux autres étoiles.

Tu te souviens quand on regardait la Grande Ourse ? D’après toi, à quelle distance se trouvent les étoiles de cette constellation ?

Je vais devoir te décevoir mais la grande ourse n’existe pas vraiment autre part que depuis la Terre.
La distance varie d’une étoile à l’autre, ce qui veut dire que vu de côté, ou depuis une planète d’un autre système, le chariot ne ressemble à rien.

Mizar par exemple est à 78 années lumières de nous, et Alcor, l’étoile qui semble être si proche est 3 années lumière plus loin, à 81 années lumières de nous.

Pour les autres, cela varie d’environ 50 à 250 années lumières.

Cela veut dire que lorsque tu regardes la Grande Ourse, tu voies les étoiles telles qu’elles brillaient lors de la guerre froide pour certaines ou bien la révolution française pour d’autres.

Dans le reste du ciel, tu peux apercevoir des étoiles à plus de 3000 années lumières. C’est à dire que la lumière qui t’atteint aujourd’hui a quitté l’étoile en -1000 avant notre ère. Bien avant les philosophes grecs, par exemple.

Regarder les étoiles c’est donc remonter dans le temps.

Imagine-toi pouvoir te téléporter à 65 millions d’années lumière de la Terre et être capable de l’observer… tu pourrais assister à l’extinction des dinosaures.

Cela veut dire que si l’on regarde suffisamment loin, on peut voir l’univers tel qu’il était il y a des millions d’années, voir même des milliards d’années.

On pourrait alors, en théorie, en voir sa naissance, il y a 13,7 milliards d’années.

Bien avant la Terre, bien avant le Soleil, bien avant la Voie Lactée, au moment où tout a été créé, y compris le temps lui-même.

Au final ce que tu as sous les yeux, c’est l’Univers, tel qu’il a été à des époques plus ou moins éloignées.

Alors regarde le ciel nocturne étoile par étoile, comme on feuillette un album de famille un peu désordonné, et demande-toi de quand datent les photons qui touchent un a un ta rétine.