Lutter contre la pourriture grise ou botrytis

Le botrytis, appelé également « pourriture grise », est une maladie cryptogamique. Redouté, à juste titre, par les jardiniers, il s’agit d’un adversaire de taille, car sa propagation est fulgurante et il se révèle très tenace. Heureusement, ses symptômes sont facilement reconnaissables et permettent un diagnostic rapide. 

Voyons ensemble comment identifier le botrytis et quels sont les moyens de prévention et de traitements naturels permettant une lutte efficace contre ce champignon.

Les symptômes du botrytis

Cette maladie cryptogamique est causée par des champignons du genre Botrytis, le plus fréquent étant Botrytis Cinerea.

Son surnom de « pourriture grise » est évocateur des dégâts qu’il provoque. En effet, vous reconnaîtrez facilement une attaque par le feutrage gris qui se développe sur les fruits. Mais d’autres parties de la plante peuvent être atteintes et présenter des symptômes différents :

  • les fleurs, qui flétrissent prématurément ;
  • les feuilles, sur lesquelles apparaissent des taches foliaires brunes entraînant leur dessèchement et des nécroses ;
  • les tiges, qui s’assèchent et meurent ; 
  • les racines, dont le pourrissement entraîne la mort de la plante.

Le botrytis peut également être à l’origine d’une fonte des semis.

À noter que Botrytis cinerea présente une utilité étonnante en viticulture : afin d’augmenter le taux de sucre du raisin, il est parfois introduit, sous étroite surveillance, sur des vignes destinées à la production de vins liquoreux, comme le Sauterne ou le Monbazillac. Dans ce cas exceptionnel, il prend alors le surnom de « pourriture noble ».

En dehors de cette utilisation, le botrytis est craint car il provoque d’importants dégâts, rendant les fruits impropres à la consommation et, dans certains cas, mettant en jeu la survie de la plante. C’est pourquoi il est redouté tant des jardiniers que des agriculteurs : on estime que ce champignon serait responsable de la perte de 20 % des récoltes mondiales !

Conditions de développement

Le botrytis est un champignon très résistant, qui peut survivre sur des végétaux aussi bien vivants que morts. Le vent et les éclaboussures transportent les spores et leur permettent de contaminer les plantes. 

Comme la plupart des maladies cryptogamiques, le botrytis raffole des températures douces (17 à 23 °C), et de l’humidité, causée par de longs épisodes pluvieux par exemple, ou encore l’atmosphère humide d’une serre. La période la plus favorable à sa prolifération se situe entre avril et septembre.

Comme pour la rouille, une mauvaise aération peut également favoriser son développement.

Les végétaux sensibles à la pourriture grise

La grande majorité des plantes peut être touchée par le botrytis. Certaines y sont cependant plus vulnérables, comme les arbres et arbustes fruitiers.

Au potager, la maladie se rencontre fréquemment sur les tomates, courgettes, aubergines, laitues, pois, haricots, fraise et autres petits fruits comme les framboises, groseilles…

Les plantes ornementales ne sont pas épargnées : roses, pivoines, dahlias, lys, chrysanthèmes ou encore œillets y sont très sensibles.

Le botrytis sur les plantes

Prévenir et traiter naturellement le Botrytis

Prévention

Comme pour de nombreuses maladies cryptogamiques, la prévention est essentielle pour vous éviter de mauvaises surprises.

  • Pour les arbustes et arbres fruitiers, favorisez une bonne circulation de l’air au cœur de la ramure par une taille adaptée.
  • Au potager, espacez suffisamment les rangs afin de permettre une exposition suffisante des plants au soleil.
  • Vous pouvez intercaler de l’ail entre les plantes sensibles, comme les tomates, laitues ou fraises. Les alliacées ont des propriétés antivirales et antifongiques, et peuvent en faire bénéficier leurs voisines.
  • Évitez les apports excessifs d’azote, qui favorise le développement de la maladie chez les plantes vulnérables. Prenez garde au compost trop peu décomposé par exemple.
  • Veillez à maintenir une bonne aération des serres et des châssis.
  • Soyez attentifs à la survenue d’autres maladies, comme l’oïdium, ou d’attaques de parasites, comme la tordeuse, qui peuvent causer des points d’entrée pour le botrytis.
  • Paillez le pied de vos plantes pour éviter que les fruits, comme les fraises, ne soient en contact direct avec le sol.
  • Arrosez de préférence tôt le matin afin d’éviter un excès d’humidité, et évitez d’asperger le feuillage.
  • Désherbez à proximité immédiate des plantes : les herbes peuvent représenter une source d’humidité supplémentaire, facteur de développement du champignon.
  • Quand les conditions de développement sont favorables, pulvérisez tous les 15 jours du purin de prêle, riche en silice, dilué à 10 %.

Traitement

Retirez soigneusement les parties atteintes, et veillez à bien désinfecter votre outil de coupe.

La décoction d’ail est efficace sur nombre de maladies cryptogamiques, la pourriture grise ne fait pas exception ! Pulvérisez-la le soir, et renouvelez l’opération 8 jours plus tard.

La bouillie bordelaise se révèle efficace également en dernier recours.

Vous l’aurez compris, comme pour de nombreuses maladies, la prévention est certainement le moyen le plus efficace de lutter contre le botrytis. Et vous, avez-vous déjà dû faire face à la pourriture grise dans votre jardin-potager ? Partagez vos expériences en commentaires !

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