La pandémie de coronavirus a jeté une lumière crue sur les défaillances du système de santé aux États-Unis. Le sujet est devenu l’un des enjeux clé de l’élection présidentielle.

Le sujet de la santé a toujours été très présent dans le débat politique américain et il monte depuis 2018. Cette année-là, pour la première fois depuis dix ans, le nombre d’Américains dépourvus d’assurance santé avait augmenté à nouveau. De deux millions. Plus le système se dégrade, plus la question revient au centre des débats. Et cela a profité aux démocrates en 2018 qui ont remporté la majorité au Congrès sur la défense de la couverture santé.

En 2020, 30 millions d’Américains ont dû affronter le Covid-19 sans assurance. Joe Biden espère bien convaincre de la nécessité de dépenser plus pour la santé de tous quand Donald Trump plaide au contraire pour moins d’intervention publique au niveau fédéral, plus de recours au privé. Avec à son passif, un bilan désastreux dans la gestion de la pandémie : déjà plus de 220 000 morts. Une hécatombe en partie causée par les coupes sombres dans les programmes de soutien à la santé des minorités. Huit millions d’Américains ont été contaminés, ils ont reçu des aides publiques exceptionnelles pour les traitements et les tests, mais les plus fragiles financièrement sont aux abois, faute de couverture suffisante.

En pleine crise sanitaire l’Obamacare est toujours aussi controversé

Ce programme né il y a dix ans complète la couverture destinée aux aînés, le Medicare, et celle qui couvre les plus pauvres, le Medicaid. Avec l'Obamacare, l’assurance devient obligatoire pour tous. En contrepartie des aides fiscales sont accordées à ceux qui n’ont pas assez de revenus pour la payer. Vingt millions d’Américains en bénéficient. Pendant son mandat, Donald Trump a tout fait pour le supprimer, son sort dépend maintenant de la Cour suprême qui rendra sa décision après l’élection. Joe Biden veut lui au contraire compléter le système actuel avec des subventions pour atteindre ceux qui demeurent exclus des trois dispositifs. Il veut aussi abaisser de 65 à 60 ans l'âge d'entrée dans le programme Medicare.

L’autre problème du système de santé américain, c’est son coût : le plus élevé au monde

3 800 milliards de dollars pour l'année 2019, soit 17% du PIB, quand les pays européens en moyenne y consacre 10% de leur PIB pour un service beaucoup plus efficace. Là-dessus, les deux candidats sont d’accord : il faut contrôler l’inflation des coûts. Tout est cher aux États-Unis : les médicaments que les labos vendent à prix d'or, les actes des médecins qu'ils ont la liberté de tarifier, et les assurances qui ont augmenté de 50% en dix ans. Donald Trump a bataillé ferme pendant son mandat pour faire baisser les prix des médicaments et pour en finir avec les factures surprises qui ruinent souvent les ménages confrontés à un accident de santé. Mais sans parvenir à ses fins.

Aujourd'hui, il suggère de laisser faire les États, leur donner le droit par exemple d’importer des médicaments des pays où ils sont moins chers. Joe Biden veut lui aussi favoriser des importations encadrées, recourir davantage aux médicaments génériques. Tout cela implique après l’élection de négocier avec les médecins et les industriels de la santé. Des acteurs très sollicités par la pandémie, Au moment où leur nécessité est cruciale, pas sûr qu’ils soient faciles à convaincre.

 

 

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