Avec la pandémie de Covid-19, la plupart des compétitions sportives sont à l'arrêt et il est difficile de savoir quand elles vont reprendre. Les rentrées d'argent sont en chute libre. Les ligues, clubs et sportifs professionnels voient leurs revenus baisser et tentent de s'adapter, parfois dans la douleur.

Il n’est pas facile de voir le robinet se tarir lorsque l’on on est habitué à voir augmenter mécaniquement presque chaque année les droits de diffusion, la billetterie et les ventes de produits dérivés. C’est pourtant ce qui arrive aux clubs de football. Pas de match organisé, donc pas d’argent au guichet et masse de supporters qui repart avec un maillot ou une écharpe après un passage à la boutique du stade. Et en attendant d’en savoir plus sur la suite éventuelle des compétitions, les diffuseurs du football français, Canal+ et BeIN Sports, ont décidé de suspendre leurs paiements.

Chômage partiel

Les clubs cherchent donc des économies, comme toutes les entreprises, mais étant donné le poids de la masse salariale dans leur budget, c’est de ce côté-là qu’ils cherchent en priorité. Ils ont donc quasiment tous eu recours au chômage partiel mis en place par le gouvernement, pour leurs employés administratifs mais aussi pour les joueurs. Seulement ce système est plafonné par l’Etat qui ne va évidemment pas prendre en charge l’essentiel du salaire d’un Neymar, par exemple. Et s’il y a de belles économies de charges sociales à la clé, les clubs en veulent plus. Une négociation s’est ouverte pour faire baisser provisoirement et différer le paiement des salaires des vedettes du ballon rond. Un accord de principe a été trouvé, progressif en fonction du revenu, mais le choix final de s’y conformer revient en dernier lieu à chaque joueur.

« Footballeurs surpayés »

Des discussions similaires, parfois difficiles ont eu lieu un peu partout en Europe.

Au Royaume uni, les clubs ont eux aussi d’abord eu recours au système de chômage partiel mis en place pour parer la crise du Covid-19, mais seulement pour leurs employés administratifs, tout en continuant à payer les joueurs normalement. Une différence de traitement qui a suscité la polémique. Les Reds de Liverpool sont donc revenus sur leur décision. Mais la mèche est désormais allumée et le monde politique met la pression pour les stars de la Premier League baissent leur salaire. Cela n’a pas plus à certains joueurs, l’attaquant international Wayne Rooney estimant qu’ils n’ont pas à servir de bouc-émissaire sur l’air récurrent des « footballeurs surpayés ».

Même polémique à Barcelone où Lionel Messi s’est déclaré surpris mais où les joueurs du Barça ont finalement accepté une baisse de 70% de leurs salaires par solidarité avec les employés du club. Un accord similaire a été trouvé à la Juventus de Turin, mais d’autres clubs italiens moins solides continuent de discuter en craignant pour leur avenir. Finalement, il n’y a qu’en Allemagne, le pays de la négociation sociale, qu’un accord global été trouvé, pour une baisse salariale générale de 20%.

Des ligues en faillite ?

D’autres sports, ailleurs dans le monde sont aussi concernés. Aux États-Unis, le pays des puissantes et riches ligues professionnelles, toutes les compétitions majeures sont suspendues. Ce n’est pas encore un problème pour le football américain et le baseball, qui sont entre deux saisons. Mais c’est plus compliqué pour le basket et le hockey sur glace dont les phases finales devaient débuter ce printemps. Officiellement, la NBA et la NHL espèrent encore reprendre les matchs et attribuer leurs titres et récupérer des revenus, mais si ce n’est pas le cas, les pertes pourraient être importantes dans un pays où les joueurs sont payés à la saison, il pourrait y avoir des moments douloureux au moment de renégocier les contrats. Certaines ligues mineures sont même carrément menacées de faillite. Ce seraient alors de très nombreux emplois de sportifs professionnels qui disparaîtraient. Exactement comme dans les autres secteurs de l’économie américaine, où le recours au chômage a explosé.