La jeunesse des pays arabes rêve d’ailleurs. Selon une vaste enquête effectuée dans 17 pays d’Afrique du Nord et du Moyen Orient près d’un jeune sur 2 souhaite quitter son pays, essentiellement pour des raisons économiques.

C'est déjà un raz-de-marée dans les têtes : 42% des jeunes âgés de 18 à 24 ans songent à tenter leur chance dans un autre pays que le leur, 15% sont déjà passés du rêve à la réalité et ont entamé des démarches pour émigrer. 15% sur une population de jeunes estimée à 200 millions, cela fait 30 millions de candidats au départ. Une pression considérable, motivée surtout par la détérioration de leur situation économique. L'enquête a été effectuée d'abord en janvier c'est-à-dire avant l'apparition du coronavirus, auprès d'un panel de 4 000 jeunes composé d'autant d'hommes que de femmes, puis une deuxième série d'entretien a été menée en août pour prendre en compte la pandémie et ses conséquences.

Revenons donc aux motivations : la première c'est le chômage, il affecte un jeune sur trois dans les pays arabes, c’est deux fois plus que la moyenne mondiale. Et le coronavirus a rendu la recherche d’un emploi encore plus compliqué estime les deux tiers d’entre eux. 35% de ces jeunes adultes se déclarent endettés, pour financer leurs études ou leur voiture, alors qu'ils étaient seulement 20% dans cette situation dans les précédents sondages. La détresse économique est un moteur déterminant de la migration. Mais il y a un autre facteur puissant. Le fléau de la corruption, dénoncé par une écrasante majorité (77%) et cité comme le deuxième motif de l'exode.

Quels sont les pays que les jeunes ont le plus envie de fuir ?

Le Liban détient la palme, 77% des jeunes veulent le quitter. Un résultat sans doute renforcé par la deuxième vague de l’enquête puisqu'elle a eu lieu quelques jours après l’explosion dramatique qui a détruit le port de Beyrouth. Cette catastrophe a un peu plus démoralisé des jeunes qui ne croient plus en leurs gouvernants, ils manifestaient depuis plusieurs mois déjà pour demander un nouveau gouvernement capable de redresser l'économie.

En Libye, au Yémen, en Irak et dans les territoires palestiniens, grosso modo environ 60% des jeunes pensent au départ. Cette aspiration est beaucoup plus forte dans les pays du Levant bordant la Méditerranée qu’en Afrique du Nord. Découragés par l'absence d'opportunité économique, ils sont aussi très critiques avec leurs dirigeants, beaucoup redoutent des troubles politiques dans l’année qui vient. Les pays du Golfe sont les seuls à échapper à ce désir d'ailleurs, en Arabie Saoudite seulement 6% des jeunes sont tentés par l’émigration. Et encore moins aux Emirats Arabes Unis, seulement 3% d'une population de 10 millions d'habitants composée à 90% de migrants.

Les Emirats qui aimantent la jeunesse arabe

C’est la destination favorite, devant les États-Unis, le Canada, le Royaume Uni et l’Allemagne. Les candidats au départ y voient un lieu sûr, et des opportunités de travail bien rémunéré. Cette enquête est menée par un institut émirati depuis 12 ans et cela fait douze ans que les émirats sont plébiscités. La France n’apparait plus dans le classement des 5 pays les plus recherchés depuis 2013. En Europe, cette pression migratoire de la jeunesse arabe s'est renforcée depuis le début de l'année. Les Tunisiens et les Algériens sont de loin les nationalités les mieux représentés parmi ceux qui tentent la traversée de la Méditerranée pour demander l’asile.

 

EN BREF

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Facebook devrait revendre Instagram et Google renoncer à Youtube préconisent les sénateurs dans un rapport de 400 pages publié après 15 mois d'enquêtes. C'est un nouveau coup de semonce contre les GAFA mais qui aura peu d'effets immédiats puisque le rapport n'a pas été validé par les républicains. Par ailleurs plusieurs enquêtes antitrust visant ces entreprises sont en cours.

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Sur twitter il indique que les discussions avec le congrès reprendront après les élections. Une catastrophe pour les ménages américains comme pour les entreprises dont la survie dépend des programmes d'aide publiques en train d'expirer.