La guerre commerciale lancée par Donald Trump contre la Chine n'affole plus les marchés, elle continue pourtant à bas bruit. L’administration de Joe Biden devrait annoncer ce lundi si elle entend poursuivre ce bras de fer.

La nouvelle représentante au commerce Katherine Thai va présenter ce lundi un premier bilan de l'accord passé entre Donald Trump et Xi Jinping pour mettre un terme au conflit. Cet accord dit de phase 1 signé en janvier 2020 avec un gros battage médiatique était censé rééquilibrer la balance commerciale en faveur des Etats-Unis ; il devait être consolidé par un accord complémentaire. Or neuf mois après l’arrivée à la Maison Blanche de Joe Biden les négociations n’ont pas redémarré, et l’armistice n’est toujours pas à l’ordre du jour.
Washington estime aujourd'hui que Pékin n’a pas tenu ses engagements
Les Chinois devaient importer pour 200 milliards de dollars de marchandises américaines sur les années 2020-2021. Seulement 60% de ce montant s’est concrétisé ; à la fin de l’année, on devrait être dans les 70%. Difficile de blâmer la Chine pour ce manquement alors que la pandémie a fortement ralenti le commerce mondial. dans le détail, ce qui déçoit surtout les Américains, c’est de voir que les Chinois n’ont pas acheté les automobiles ou les avions que Donald Trump rêvait de leur vendre, ils continuent d’importer ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire surtout des produits agricoles et des semi-conducteurs.
Et le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine a encore augmenté cette année
Sur les sept premiers mois cumulés de l'année, il a bondi de 15%. Mais ce n'est pas vraiment de la faute des Chinois, la cause est plutôt à rechercher du côté des Américains. Avec la reprise post-Covid très vigoureuse de l’économie, les entreprises américaines ont eu besoin d’importer beaucoup plus de biens fabriqués dans l’atelier du monde. L’accord de phase 1 qui contraignait les importations chinoises mais pas celles des Etats-Unis n’aura donc pas servi à grand-chose. Idem pour les droits de douane à 25% imposés par Donald Trump sur une série de produits toujours en vigueur aujourd’hui : ils n’ont pas conduit à une relocalisation de la production sur le sol américain, au mieux les entreprises se sont approvisionnées dans un autre pays, au pire, elles ont continué à importer de Chine et ont répercuté le surcoût sur le prix final. C’est donc pénalisant pour l’économie américaine mais pas vraiment pour les exportateurs chinois.
L’autre sujet de frictions porte sur les droits de propriété intellectuelles
Selon Washington la Chine continue à léser les entreprises américaines. Pour les Etats-Unis sur tous les tableaux le compte n’y est pas. Mais étant donné que l’artillerie lourde déployée par Donald Trump a raté son objectif, il va falloir trouver d’autres moyens de pression pour rééquilibrer les échanges en faveur des Etats-Unis. D’autant plus que les entreprises américaines elles continuent à s’intéresser au marché chinois. Leurs investissements sur place sont en hausse. Et l'administration américain est revenue à une vision plus pragmatique. Pour la secrétaire au Commerce, Gina Raimondo, malgré les tensions croissantes avec Pékin, le découplage des économies chinoise et américaine n'est pas ou n'est plus un sujet.
► En bref
La bourse de Hong Kong a perdu 2% aujourd'hui, la suspension de la cotation d'Evergrande a effrayé les investisseurs. Le mastodonte de l'immobilier chinois est au bord de la faillite. Pour le moment pas de réactions sur les autres marchés chinois puisqu'ils sont fermés pour la semaine en or, un congé annuel qui permet aux Chinois de se retrouver en famille, des agapes qui en général dopent l'économie.

A suivre aujourd'hui, la réunion de l'Opep + à Londres au moment où les cours du brut repartent à la hausse. Le baril de brent a dépassé le seuil des 80 dollars. Les membres du cartel plus la Russie se concertent pour rouvrir les vannes. A court terme, l'envolée du pétrole leur est favorable mais cela pourrait rapidement menacer la reprise et donc in fine réduire la consommation et donc leurs revenus.