Recep Tayyip Erdogan a entamé, dimanche 17 octobre 2021, une nouvelle tournée en Afrique, avec une première étape en Angola. Il se rendra aussi au Togo, puis au Nigeria. Le président turc veut renforcer tous azimuts les relations avec le continent africain. L’économie est l’une des facettes du partenariat stratégique entre Ankara et l’Afrique.

Dans la balance commerciale de la Turquie, l’Afrique ne pèse pas très lourd pour le moment : moins de 10% de ses exportations contre 56% vers l’Europe et 26% vers l'Asie. Mais la dynamique à l’œuvre est, en revanche, très impressionnante : depuis l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, en 2003, année où il devient Premier ministre, le volume des échanges entre la Turquie et l’Afrique a quintuplé, passant de 5 à 25 milliards de dollars. Un commerce fructueux surtout pour les Turcs, puisque leur balance commerciale avec l'Afrique est largement excédentaire. Les investissements turcs sur le continent ont aussi explosé. Quasiment inexistants en 2003, ils se montent maintenant à 6,5 milliards de dollars.
Essor des relations économiques et intense activité diplomatique
Recep Tayyip Erdogan a voulu réveiller une relation endormie depuis la disparition de l’Empire ottoman. Et il ne ménage pas sa peine : à l'issue de cette nouvelle tournée, il aura visité trente pays africains depuis son arrivée au pouvoir. La quarante-troisième ambassade africaine de la Turquie a ouvert en avril 2021 au Togo, l'un des pays visités. L'extension de ce réseau a cru au même rythme que les échanges commerciaux. La Turkish Airlines accompagne aussi cette dynamique. Une nouvelle ligne vient d'être ouverte avec Luanda, la capitale angolaise ; la compagnie dessert aujourd'hui 60 villes africaines.

M. Erdogan voudrait doubler le volume des échanges entre son pays et l'Afrique pour rééquilibrer le commerce de la Turquie, orienté surtout vers l’Europe. Et pour renforcer son influence sur le continent en proposant une alternative aux interlocuteurs classiques comme la Chine ou la France. L'économie n'est qu'une des facettes du partenariat stratégique avec l'Afrique, une dimension totalement imbriquée avec les intérêts de la diplomatie et de la sécurité de la Turquie.
Recep Erdogan pourrait proposer des drones de combat à ses hôtes
L'Éthiopie, le Maroc et la Tunisie sont déjà acheteurs. Ils font partie des produits d'appel du commerce turc. Avec des caractéristiques appréciées qu'on retrouve pour ses autres produits d'exportation : ils sont moins chers que leurs équivalents occidentaux, et de meilleure qualité que les chinois. Dans ce panier, il y a aussi des produits de première nécessité très recherchés dans des pays où les équilibres alimentaires sont encore fragiles. La Turquie est, par exemple, le premier exportateur au monde de farine, le troisième de pâtes, des produits dont les pays africains sont parmi les premiers acheteurs. Elle vend aussi du ciment, de l'acier pour construire les infrastructures dont l'Afrique a tant besoin, et elle propose aujourd'hui de donner un coup de pouce à l'Union africaine pour son approvisionnement en vaccin anti-Covid-19.
Ankara voudrait doubler son commerce avec le Nigeria, son premier partenaire commercial en Afrique subsaharienne
Mais un pays où la Turquie est encore peu présente. Après avoir longtemps mis l'accent sur l'Afrique de l'Est, l'Éthiopie, par exemple, absorbe le tiers des investissements turcs sur le continent, Ankara soigne l'Ouest du continent. Ces visites d'État s'inscrivent dans un cadre global soutenu par d'autres événements à venir. Jeudi et vendredi se tiendra à Istanbul le troisième forum des affaires Turquie-Afrique, 54 pays seront représentés. Et à la fin de l'année, une quarantaine de chefs d'État africains sont attendus cette fois pour le sommet Turquie-Afrique.

EN BREF

► L'économie chinoise a brusquement ralenti au troisième trimestre : la croissance annualisée est retombée à 4,5%. La crise énergétique et celle de l'immobilier commencent à se faire durement sentir. Les pannes de courant mettent à l'arrêt les usines et la chute d'Evergrande dissuadent les projets d'achat ou de construction.

► Le constructeur automobile Stellantis annonce une co-entreprise aux États-Unis pour fabriquer des batteries au lithium. Le projet mené avec LG Energy Solution devrait se concrétiser d'ici deux ans. Le groupe, né de la fusion entre Peugeot et Fiat Chrysler, prévoit de consacrer au total 30 milliards d'euros à l'électrification.