Le succès économique de Hong Kong est-il menacé par l’emprise grandissante de la Chine ? La question préoccupe les investisseurs depuis que Pékin a annoncé son intention d’adopter une loi sur la sécurité pour mieux contrôler l’ancien territoire britannique.

Son annonce vendredi dernier a plombé la bourse locale : -5,6%. Sa plus forte chute depuis 2015, quand le mouvement des parapluies jaunes faisait tanguer l’archipel. Ce décrochage brutal de la bourse sonne comme un avertissement. Il reflète les doutes croissants sur la pérennité du modèle de l’ancien territoire britannique. La libre circulation des capitaux dans un environnement juridique sûr, et favorable aux affaires, un statut de port franc et des impôts ultra légers ont fait de Hong Kong une place financière de premier plan. La troisième derrière New York et presque au coude à coude avec Londres.

Tous ces atouts pourraient disparaître avec l’adoption de la loi sur la sécurité ?

Ils sont clairement fragilisés par le texte qui doit être voté demain jeudi à Pékin. En criminalisant les interférences étrangères, cette loi expose à des poursuites les cadres étrangers et leurs sociétés installées à Hong Kong pour des motifs pas forcément politiques. Une société qui émettrait un avis critique sur une entreprise chinoise par exemple pourrait être accusée d’interférence. Et les poursuites judiciaires pourraient s’avérer encore plus inquiétantes quand la loi sur l’extradition sera adoptée, c’est précisément cette loi qui a réveillé la contestation en juin dernier. Bref le futur environnement juridique ne sera plus vraiment sûr sur l’archipel. Plusieurs pays occidentaux s’en sont émus. Les États-Unis déjà en guerre commerciale avec la Chine envisagent de priver l’archipel d’un traitement privilégié dans les échanges commerciaux. Donald Trump a annoncé hier qu’il préparait sa riposte, et qu’il la présenterait d’ici la fin de la semaine. De quoi là aussi refroidir les ardeurs des investisseurs étrangers.

Est-ce que l’économie hongkongaise souffre déjà de l’ingérence chinoise ?

Hong Kong encaisse surtout en ce moment le choc économique du coronavirus, qui a fait reculer son PIB de près de 9% au premier trimestre. Cette calamité s’est abattue sur un territoire déjà en crise. La loi sur l’extradition vers la Chine continentale que l’autorité locale a voulue imposer l’an dernier a déchaîné la contestation, paralysant le commerce et le tourisme pendant plusieurs mois et provoquant in fine une récession. Le marché immobilier a chuté de 30% et il continue à baisser. Et les investisseurs ont commencé à se replier, 5 milliards de dollars ont migré vers des places plus tranquilles selon la Banque d’Angleterre. Autant dire que la mainmise de la Chine apparait déjà néfaste pour l’économie locale. Et par ricochet pour Pékin car c’est par cette porte d’entrée que la Chine lève des capitaux étrangers, et cote ses entreprises. Piétiner le principe un pays deux systèmes qui a longtemps été la doctrine du régime communiste c’est se priver d’un levier précieux pour le développement de la Chine continentale.

►En bref

Le PIB de la France pourrait chuter de 20% au deuxième trimestre

C’est l’estimation fournie ce matin par l’Insee, l’institut national de la statistique. Sur l’année l’Insee table sur un recul de 8%. La bonne nouvelle c’est le rebond de la consommation constatée par l’institut la première semaine qui a suivi le déconfinement.

D’après nos confrères du Figaro Renault s’apprête à supprimer 5000 emplois en France d’ici 2024 

Sans recourir au licenciement. Les départs en retraite ne seront pas remplacés. Actuellement le constructeur emploie 48 000 personnes dans ses usines françaises.

Le Japon double son plan de relance

Il doit proposer un plan complémentaire de 1000 milliards de dollars, cela portera son effort à 40% de son PIB. Cet argent public servira surtout à la santé, aux entreprises en difficultés et aux personnes en détresse comme les étudiants.