Le regain de Covid-19 et le variant omicron pourraient être une nouvelle calamité pour le marché du transport aérien, sauf pour un créneau très particulier : celui de l'aviation d'affaires. La pandémie a fait exploser les vols en jet privé.

Aux États-Unis, le trafic des petits avions d'affaires a connu une hausse de 40% en un an, en Europe, la hausse a atteint 20%.

Ce marché avait été éreinté par la crise financière de 2008, il était encore convalescent au moment où est apparu le coronavirus, et aujourd'hui il tutoie les plus hauts de l'année 2007. Les cinq principaux constructeurs, dont le français Dassault, n'ont quasiment plus d'appareils d'occasion en stock. Et les commandes affluent : pour le seul troisième trimestre +50% par rapport à 2020 pour le carré de tête. Les confinements et la paralysie du secteur aérien ont été les éléments déclencheurs de cette frénésie. Pour éviter la promiscuité des vols conventionnels, ou pour s'affranchir des réglementations sanitaires renforcées, pour se rendre dans des villes abandonnées par les compagnies classiques, ou difficiles à rejoindre à cause des changements, les jets sont devenus très recherchés.

Plus rapide, plus sûr, plus confortable, ce mode de transport reste un luxe inabordable pour le commun des mortels.
Cet engouement pour les jets est surtout le fait des ultra riches
Le prix d'un appareil varie entre 5 et 70 millions de dollars. Pour ceux qui louent, l'heure de vol coûte 25 000 euros selon Vistajet, un des plus grands acteurs du secteur. Ce n'est donc pas à la portée de toutes les bourses. Ni des budgets des grandes entreprises. On constate que cette hausse concerne aussi les gouvernants et les diplomates.

Mais le travail n'est pas la première motivation de ces passagers pressés. Contrairement au discours bien rôdé sur les hommes d'affaires qui auraient changé de mode de transport pour s'adapter à la pandémie, le boum du secteur est surtout lié aux loisirs des milliardaires. Aux États-Unis, la majorité des vols est effectuée en direction des stations huppées, en bord de mer ou en montagne. En Europe aussi ce sont les destinations touristiques qui en ont le plus profité, notamment en Espagne. Les promotions des avions taxis avec des offres numériques ont aussi contribué à cet essor. Le tiers de la demande émane de nouveaux passagers, n'ayant jamais voyagé en jet par le passé, qu'ils soient quinqua ou millenials.

Et si le trafic connait en ce moment une hausse exponentielle, c'est surtout parce que le portefeuille des milliardaires débordent.

Il y a une corrélation entre le nombre des introductions en bourse en forte hausse depuis un an et le trafic des jets constatent les analystes de Jeffery Equity. Avec l'euphorie boursière, le patrimoine des ultra riches a gonflé, ils n'hésitent donc plus à mettre quelques millions de dollars dans un petit appareil pour faciliter leurs déplacements. Les constructeurs sont ravis mais ils ont du mal à répondre à cette nouvelle demande. Avec la rareté de l'offre, les prix grimpent à une vitesse vertigineuse. Le prix d'un jet d'occasion tourne autour des 10 millions de dollars, un million de plus qu'avant la pandémie.

EN BREF

► Le variant omicron menace la reprise américaine selon le président de la banque centrale des États-Unis. Sa propagation pourrait peser sur l'emploi, ralentir la croissance et accroitre les incertitudes sur l'inflation, voilà en substance ce que va déclarer Jerome Powell tout à l'heure dans son discours programmé au Sénat.

► L'Europe met 300 milliards d'euros sur la table pour concurrencer les Routes de la soie. C'est le chiffre dévoilé ce matin par le Financial Times. Avec son Global Gateaway, l'Union européenne veut proposer une alternative au programme chinois de soutien à la construction des infrastructures dans les pays en développement. Cette enveloppe sera financée par les États, les institutions et le privé, son montant devra être investi d'ici 2027.