Les enchères pour l’attribution des fréquences de la 5G s'ouvrent ce mardi 29 septembre en France. Cette innovation censée accélérer nos échanges internet suscite de la méfiance dans le public. En revanche, les entreprises sont déjà conquises.

La 5G séduit les entreprises. À commencer par les entreprises directement concernées. D'abord les quatre opérateurs télécoms. Orange, Free, Bouygues et SFR s'apprêtent à débourser au minimum 2,7 milliards d'euros au cours de ces enchères. Ils doivent aussi investir dans les infrastructures qui permettent d'acheminer la 5G. Les deux champions européens des équipements télécom, Ericsson et Nokia espèrent en être les premiers bénéficiaires puisque le gouvernement a écarté le rival chinois qui écrase les prix, Huawei. Face à cette avalanche d'investissements dans une révolution controversée, et donc susceptible d'être ralentie par une décision politique, les opérateurs télécoms tempèrent leur enthousiasme, estimant que dans l'immédiat ce sera surtout un boulet pour leurs finances.

Et pourtant, les attentes sont prometteuses. Car, malgré l'hostilité exprimée par une partie des Français, 3,5 millions d'entre eux, soit 20% des abonnés, seraient tout de même prêts à s'équiper d'un téléphone et d'un abonnement 5G dans l'année qui vient d'après un sondage publié opportunément ce mardi matin par l'équipementier suédois Ericsson. Ce nouveau service sera proposé en France avant la fin de l'année. Mystère pour le moment sur son prix. À moyen terme, les opérateurs devraient s'y retrouver étant donné que la 5G va abaisser le coût de transfert des données. C'est donc une opération gagnante à tous les coups pour les fournisseurs. Mais pour eux, les promesses de la 5G sont ailleurs, elles sont dans le monde des entreprises qui vont adopter ce nouveau format.

En quoi la 5G va-t-elle changer la vie des entreprises ?

Avec ce format, la vitesse de transport des données sera multiplié par 25 par rapport à la 4G. Et cela, quasiment en temps réel. Des prouesses indispensables pour réaliser des opérations complexes promises par la révolution de la voiture autonome ou de la chirurgie à distance. Le transport, la médecine, la logistique, la vie en ville seront métamorphosés par la 5G. L'industrie sera sans doute la grande bénéficiaire de cette innovation, affirme le cabinet d'audit KPMG. La 5G est la clé de l'industrie du futur. Elle va permettre de passer d'une production de masse à une production affinée en fonction de la demande. Et stimuler la productivité. C'est ce que confirme déjà le projet pilote mené en France par Schneider Electric en partenariat avec Orange dans une usine de l'Eure où désormais un robot de télé-présence permet de contrôler la production à distance. Selon les prévisions de la Commission européenne, l'emploi sera aussi dopé par cette nouvelle technologie.

La 5G sera-t-elle vraiment un accélérateur de croissance ?

L'arrivée d'Internet à la charnière des années 2000 a réellement bouleversé la vie des entreprises et a donné un nouvel élan à la croissance, mais cela n'a pas été durable. Après avoir augmenté entre 1995 et 2005, la productivité a cessé de progresser, et cela depuis maintenant 15 ans. Difficile donc de prédire l'effet 5G. Quel qu'il soit, difficile de passer à côté de cette innovation. Les entreprises françaises craignent surtout d'être reléguées sur la touche si elles tardent à adopter cette nouvelle norme déjà très présente en Chine, en Corée du Sud ou aux États-Unis. Cette rupture ne se fera pas en un jour. Construire un réseau sur l'ensemble du territoire français prendra une dizaine d'années. Et les fréquences les plus convoitées par les entreprises, celles qui permettent des flux massifs de données, ne seront sans pas disponibles avant 2022 ou 2023.

 

EN BREF

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Et il y a encore de l'espoir de parvenir à un accord commercial d'après le Times. Selon le quotidien britannique les 27 arrivent avec les bases pour résoudre les différends. Sur les quotas de pêche et le cadre des subventions britanniques aux entreprises. Officiellement, cette session marathon qui dure jusqu'à vendredi est la dernière prévue au calendrier.