Avec le couvre-feu de 21h à 6h du matin, dans l'agglomération parisienne ainsi que dans huit grandes métropoles françaises, l'économie va encaisser un nouveau choc. Que l'État espère limiter au maximum.

Faire face à l'urgence sanitaire tout en limitant au maximum l'impact sur l'économie, c'est la philosophie de ces nouvelles restrictions. En clair le principe c'est tout sauf le confinement, qui a coûté très cher à l'économie française : 2 à 3% de croissance par mois d'après la Banque de France. Le message passe mal évidemment auprès des sacrifiés du couvre-feu: les restaurateurs, les cafetiers, les gérants de salles de spectacle ou de cinéma, sous le choc depuis les annonces du président. Comme en mars des aides spéciales sont dédiées à ces entrepreneurs. Dans les secteurs affectés le chômage partiel sera pris en charge à 100%. Les prêts soutenus par l'État sont prolongés. Des dispositifs déjà jugés insuffisants par le Medef, qui veut mettre en aide des soutiens complémentaires.

Et puis toujours dans l'optique d'éviter à tout prix le confinement, le télétravail est le bienvenu, quand c'est possible, pourquoi pas deux trois jours par semaine a précisé Emmanuel Macron, mais pas question de paralyser les services publics comme les entreprises privées. Les Français sont aussi invités à partir en vacances à la Toussaint. L'idée là aussi c'est de soutenir le tourisme dans les régions où c'est possible. Toute la façade Atlantique est épargnée par le couvre-feu. Limiter les sorties, la vie sociale, c'est se protéger du coronavirus, mais c'est aussi protéger son emploi a insisté le président.

Emmanuel Macron a aussi annoncé des aides exceptionnelles en faveur des plus précaires

Il n'y aura pas de hausse généralisée des minimas sociaux comme le souhaitait la CFDT mais un coup de pouce ponctuel pour le revenu de solidarité active. +150 euros à tous les allocataires, +100 euros par enfants. Avec une hausse maximale de 450 euros par foyer. Les moins de 25 ans, particulièrement touchés par la crise demeurent exclus du RSA, mais les aides au logement dont ils bénéficient seront également bonifiées. C'est le même dispositif qui a été mis en place au mois de mars. Il a bénéficié à 4 millions de foyers. Cela n'a pas suffi à empêcher l'explosion de la pauvreté. Un ménage sur quatre dit avoir perdu des revenus à cause du confinement.  Et certains ont glissé dans la grande pauvreté. 10 millions 300 000 français vivent maintenant au-dessous du seuil de pauvreté monétaire estimé à 1 000 euros par mois. Un million de plus qu'il y a un an.

Ce couvre-feu doit durer au maximum six semaines, l'idée c'est d'agir maintenant pour préserver les fêtes de Noël

C'est primordial pour le moral des français, mais bien sûr aussi pour l'économie. Les fêtes de fin d'année constituent un moment décisif  pour la grande distribution, ce sont les cadeaux aux pieds du sapin, des tables bien achalandées et aussi du tourisme. Les dépenses dans ce secteur sont estimées à 160 milliards d'euros. Dont 60 milliards dépensés par les étrangers, cette année il ne faut pas rêver, ils seront peu nombreux à vouloir et à pouvoir venir en France. En revanche, si les conditions sanitaires s'améliorent, les Français eux seront au rendez-vous, c'est vital pour toutes les activités des services.

EN BREF

Le G20 prolonge de six mois le moratoire sur la dette des pays pauvres. Une quarantaine de pays en a fait la demande. Ceux là sont donc exemptés de remboursement jusqu'au 30 juin prochain. Les fonds dégagés doivent servir à financer la lutte contre le coronavirus et le soutien à l'économie. Cette parenthèse pourrait encore être prolongée si nécessaire jusqu'en décembre 2021. Le G20 est aussi en train d'avancer sur une éventuelle restructuration de la dette, en reconnaissant que cela peut être nécessaire. En Afrique, la Zambie est au bord du défaut de paiement, faute d'accords sur la restructuration.