Avec le confinement imposé au tiers de l’humanité, les applications de visioconférence font fureur. Zoom a rapidement éclipsée toutes les autres, mais son succès est déjà remis en cause.

Pour un apéritif entre amis, une réunion professionnelle, un cours de yoga, l’école à domicile, ou encore un office religieux ou un concert en direct, les Terriens connectés se sont quasiment tous convertis à la visio conférence. Et c’est l’application Zoom qui s’est imposée, parce qu’elle est d’un usage simplissime, et parce qu’elle est gratuite, pendant 40 minutes. Son ascension est stellaire : c’est aujourd’hui l’appli gratuite la plus téléchargée dans l’Appstore. Avec le confinement, elle est passée de 10 à 200 millions d’utilisateurs par jour. Un succès phénoménal, qui se duplique au Nasdaq, la Bourse des valeurs technologiques où elle est cotée depuis un an. Son action a bondi de 130% depuis le début de l’année. Mais telle une étoile filante, son aura décline déjà. Son titre a reculé en fin de semaine dernière à cause des critiques de plus en plus virulentes en provenance des autorités américaines de régulation.

Zoom, blâmée pour les failles dans la sécurité des échanges

Son concepteur, Éric Yuang, l'a pensée au départ comme un service aux entreprises, si possible payant, puis il l’a rendu gratuite en janvier, en réalisant à quel point elle pouvait être utile quand le coronavirus a commencé à frapper la Chine, le pays où il est né. Mais ce passage soudain a laissé trop d’interstices aux hackers qui se sont précipités sur cette nouvelle plateforme. Depuis quelques semaines, il n’est pas rare que des discours racistes ou des films pornos parasitent l’écran des usagers. Aux États-Unis plusieurs procureurs ont déjà lancé des avertissements. Le fait que Zoom partage les données de ses usagers avec Facebook ou Linkedn a aussi terni sa réputation. Mais ce qui a surtout refroidi les entreprises, notamment aux États-Unis, c’est le cryptage insuffisant et le recours à des serveurs chinois. Elon Musk a banni son usage pour les employés de Space X, la Nasa a fait de même. Face à cette cascade de reproches, le fondateur Éric Yuan a rapidement réagi en reconnaissant ces erreurs et en promettant de renforcer au plus vite la sécurité. Sa bonne foi n’est pas mise en cause, mais des doutes subsistent sur sa capacité à mettre en place les pare feux nécessaires.

Quelles sont les alternatives à Zoom ?

Houseparty de l’éditeur de jeux vidéos Epicgames, est l’autre pépite propulsée par le confinement, et elle est aussi très critiquée pour son absence de confidentialité. Skype est la plus vénérable, son propriétaire, Microsoft, en a fait l’acquisition en 2011, l’année de lancement de Zoom, mais il mise maintenant sur Microsoft Teams, qui offre aux entreprises prêtes à payer pour leur sécurité, un environnement beaucoup plus sûr. Skype a très vite été ringardisée par Zoom. Google est l’autre géant de la tech à avoir développé un service de visioconférence baptisé Hangout, il permet d’inviter jusqu’à 25 personnes. Enfin, à noter que malgré la répulsion suscitée par la tech chinoise, Tencent a les faveurs des Nations Unies. L’ONU vient d’annoncer un partenariat avec le groupe chinois pour les visioconférences préparant son 75e anniversaire.

EN BREF

Le président de l'Assemblée nationale française, Richard Ferrand, et son homologue allemand Wolfgang Schaüble plaident ensemble pour plus de solidarité financière en Europe. Dans une tribune publiée en France et en Allemagne, ils appellent à plus d'intégration financière pour faire face à l'épreuve du coronavirus. Sans aller jusqu'à soutenir les projets de coronabonds, que l'Italie demande instamment, ils préparent les esprits à une révolution au sein de l'Union européenne. Le sujet sera au coeur de la réunion des ministres des Finances organisée demain par visioconférence.