Google, le moteur de recherche américain, propose aux éditeurs de presse un nouvel outil, Accelerated Mobiles Pages, pour accélérer la lecture des journaux sur les smartphones et les tablettes. Les éditeurs, jusqu'alors hostiles au géant du net, ont l'air d'apprécier.
Au moment où la lecture de la presse passe de plus en plus par le mobile, c'est un outil crucial dont les journaux ont le plus grand besoin. Un téléchargement trop lent fait fuir les internautes. Au bout de 8 secondes d'attente, ils passent à autre chose. Facebook et Apple proposent déjà un système similaire, mais dans leur propre univers. Celui de Google est plus ouvert, transversal.
Les journaux peuvent se l'approprier. Ils conservent la main sur toutes les recettes publicitaires générées via ce format, ce qui n'est pas le cas avec les accélérateurs concurrents. Autre plus : les liens avec d'autres plate-formes comme Twitter, LinkedIn ou Pinterest qui démultiplie les possibilités de lecture. Une trentaine de médias ont dit « banco ». Cela va du New York Times aux Etats-Unis en passant par la Stampa de Milan, le Guardian à Londres ou encore les Echos en France.
Les journaux n'ont donc plus peur du géant de l'Internet ?
Ont-ils vraiment le choix ? La bataille lancée par les titres européens contre le moteur de recherche qu'ils accusent d'encaisser des recettes publicitaires avec leur contenu fourni gratuitement a déjà fait des victimes. En Espagne, par exemple, où la loi contraint Google à rémunérer les fournisseurs de contenus, le service Google News a fermé. C'est un canal de moins pour la presse écrite à la recherche d'un avenir numérique. Ce risque n'a pas désarmé les éditeurs allemands. Ils sont favorables à une loi équivalente chez eux. Ces attaques de toute part ont conduit Google à revoir sa stratégie. Car pour le groupe américain, la mère des batailles est celle qui l'oppose à Facebook et Apple pour capter le maximum de contenu. Et il sait bien qu'il a besoin des éditeurs pour l'emporter.
L'américain s'est lancé dans une offensive pacifique pour séduire ces rebelles
Il n'arrête pas de marquer des points. Hier, le français Lagardère Active, éditeur de journaux et producteur de divertissement, a annoncé la signature d'un partenariat stratégique de long terme avec Google. Un rapprochement à première vue très étonnant: car le groupe français est à l'origine de la fronde européenne contre Google. Avec entre autre l'allemand Axel Springer, il a lancé l'année dernière l'open internet project, un groupe de pression qui conteste à Google sa position dominante dans les résultats de recherche en ligne et dans lequel il reste actif. Son nouvel ami ne lui en tient pas rigueur et veut bien l'aider à étoffer ses contenus numériques.
En France, d'autres éditeurs de presse on déjà bénéficié de l'aide financière et techno de Google pour développer la vidéo, au Figaro par exemple. Une collaboration que le groupe américain va étendre à d'autres journaux européens.