Dans le rétroviseur de l'année 2021, les géants américains de la Tech, les Gafam, acronymes pour Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft. 

En 2021, les Gafam ont dû faire face à de nombreuses sanctions, qui ne semblent pas en mesure de les arrêter. 

Les Européens tentent de mettre fin à leur toute puissance à coups de régulations et de sanctions. Récemment Amazon s’est vue infligée une nouvelle amende de plus d’un milliard d’euros par l’Italie pour abus de position dominante. Idem pour Apple en France. Google, qui concentre 93% des recherches mondiales sur Internet, a été condamné à verser plus de 8 milliards d’euros à l’Union européenne pour ses pratiques jugées anticoncurrentielles. Même les autorités américaines qui leur ont laissé la bride sur le cou et ont permis leur expansion, tentent de les mettre au pas. Mais ces sanctions ne semblent pas intimider ces mastodontes indéboulonnables. Imaginez, ensemble ils représentent près de 10 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, c’est presque le produit intérieur brut de l’Europe ! 

Comment les Gafam parviennent-ils à maintenir leur domination ? 

Ils s’appuient sur le modèle économique qui a permis leur existence : avoir toujours une longueur d’avance et se diversifier. C’est ce qu’explique Jean-François Faure, PDG de Aucoffre.com. Au début, chaque entreprise avait son propre marché : la publicité sur la recherche sur internet pour Google et sur les réseaux sociaux pour Facebook, le commerce en ligne pour Amazon, les ordinateurs pour Apple. 

Mais aujourd’hui, les géants de Silicon Valley s’empare d’autres secteurs d’activité. Face au développement fulgurant de Netflix, le service de films et séries télévisées en streaming, Apple et Amazon ont créé leur propre offre de contenus, par exemple. Pas question de le laisser gagner du terrain. 

Et si un concurrent s’impose, ils sortent le carnet de chèques et l’étouffe dans l’œuf. Facebook a racheté la messagerie WhatsApp pour près de 20 milliards de dollars ainsi qu’Instagram. Microsoft a déboursé 26 milliards de dollars pour acquérir LinkedIn, le réseau social professionnel. Apple rachète  une entreprise du numérique toutes les trois semaines en moyenne pour rester à la pointe. Google a racheté YouTube, plateforme de vidéos plus regardée que la télévision. 

Les Gafam vont aussi là où on ne les attend pas. C’est la voiture autonome ou électrique pour Apple, les fusées dans l’espace pour Amazon, le métaverse pour Facebook, récemment rebaptisée Meta. 

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Ils sont également dans la finance, la santé ou encore le secteur alimentaire.

Ils profitent des retards dans les secteurs qui se dématérialisent pour étendre leur toile. Cela leur permet d’être présents à tous les niveaux de l’expérience proposée à des milliards d’utilisateurs. Le moyen de recueillir des données personnelles sur leur vie privée : leurs revenus, leurs habitudes de consommation, une mine d’or.

Ils arrivent même à contourner les obstacles et les interdictions. Le champion dans ce domaine, c’est Facebook. Il s’est vu refuser la création de sa propre cryptomonnaie, Libra. Il compte donc la lancer dans le Métaverse qu’il veut développer. Le Métaverse c’est ce monde virtuel, dans lequel on pourra, sous forme d'avatar, travailler, voir ses proches, faire du shopping ou du sport. Dans une de ses pires crises de réputation, Facebook qui compte 3 milliards d’utilisateurs, a dû abandonner la reconnaissance faciale et supprimer les données d’un milliard d’entre eux. Mais il compte bien déplacer dans le monde virtuel ce qu’on lui interdit dans le monde réel.

Les Gafam ont plus d'un tour dans leur sac. Seules une rupture technologique ou une lassitude des consommateurs pourrait rebattre les cartes. Mais difficile d’imaginer un quotidien sans internet, sans smartphone ou sans livraison à domicile. 

Il ne faut pas oublier, la concurrence des géants de la tech chinois, les BATX, acronyme pour Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, qui se développent à l’international et qui pourraient leur donner des sueurs froides.

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