Schuhfabrik Gebrueder Dassler

En 2007, j’ai eu la chance de faire un stage de quelques mois au sein de la firme Adidas. J’ai eu l’occasion de mieux connaître l’histoire de ce groupe et quelques anecdotes m’ont particulièrement marquées.

Mais commençons par le début… A l’origine les frères Adolf et Rudolf Dassler étaient propriétaires, chacun pour moitié, de l’entreprise « Schuhfabrik Gebrueder Dassler » à Herzogenaurach près de Nuremberg. Ils géraient leur entreprise ensemble, chacun apportant ses compétences. Adolf était un créateur de chaussures alors que Rudolf était un vendeur hors pair. Afin de développer leur marque, ils furent parmi les premiers à utiliser le parrainage sportif.

Parmi les premiers sportifs à être sponsorisés par Adidas figurait Jesse Owens. Jesse Owens est un Noir américain qui a remporté quatre médailles d’or olympiques aux jeux de Berlin de 1936 : pour voir ses performances sportives, cliquez ici.

Quelques années plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, l’entreprise familiale survit grâce aux commandes de chaussures et de bottes de l’armée allemande. Après la guerre, alors que l’entreprise aurait pu être fermée pour cause de collaboration, les Américains décidèrent de laisser une chance à la société qui avait soutenu Jesse Owens lors des JO de Berlin. Au delà de la performance sportive, ils se souvenaient surtout de la portée symbolique de ces victoires.

Très vite après la fin de la guerre, les intérêts et les ambitions des deux frères divergent et en 1948, ils se séparent. D’un côté Adolf Dassler fonde Adidas (« adi » pour Adolf et « das » pour Dassler) et de l’autre côté Rudolf Dassler fonde Puma. Les deux entreprises ont toujours leur siège à Herzogenaurach, mais chacune d’un côté de la rivière qui traverse la ville.

On appelle souvent Adidas, la marque aux 3 bandes, car après de nombreux essais, Adi Dassler constate que les 3 bandes sur le côté de la chaussure permettaient d’assurer une meilleure stabilité et souplesse de la chaussure!

J’aimerais maintenant vous raconter une anecdote :

Au milieu des années 1980, le hip-hop et le rap se développent et une nouvelle tendance se forme. Les chaussures de sport ne sont plus uniquement utilisées dans les salles de sport, c’est la mode des sneakers. Le groupe précurseur Run D.M.C. a même composé un titre « My Adidas » dans lequel il vante les mérites des « sneakers » afin de répondre à ceux qui dénigrent ce style. Run D.M.C. invite alors des représentants d’Adidas à un concert et, durant la chanson, le groupe s’arrête de jouer et demande à tout le monde d’enlever ses chaussures et de montrer ses « Adidas ». Nous sommes en 1986, le rap n’en est qu’à ses débuts, mais Adidas a vite compris le potentiel de cette tendance. Les membres de Run D.M.C. sont donc les premiers non-sportifs à signer un contrat commercial pour 1 million de dollars.

Mais Adidas n’a pas réalisé que des bons coups !

En 1984, un jeune basketteur du nom de Michael Jordan va faire son apparition en NBA. Michael Jordan avait déjà une proposition de Nike, mais aurait souhaité travailler avec Adidas. Mais, Adidas n’a pas voulu prendre de risque et n’a pas fait de proposition au basketteur. On connait la suite : Michael Jordan s’est révélé être un parfait ambassadeur et a permis le développement de la firme d’Oregon, Nike. En plus d’être l’un des plus grands basketteurs de tous les temps, Michael Jordan était prêt à payer des amendes à chaque match plutôt que d’enlever ses « Nike » jugés trop « flashy » par la NBA.

La basket jugée trop "flashy"

La basket jugée trop « flashy »

Malgré ce mauvais coup, Adidas est devenu au fil des années l’un des équipementiers sportifs les plus puissants au monde comme en témoignent les exemples suivants :
– En 1968, 85% des athlètes des JO de Mexico sont équipés de chaussures Adidas.
– En 2004, plus d’une médaille sur deux aux JO d’Athènes est remportée par un athlète sponsorisé par Adidas.

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