450canon pachelbelLa mariée remonte l’allée au bras de son papa. Les flashs crépitent. Les gouttes de sueur perlent au front du marié qui attend sagement… Pour accompagner ce moment solennel, une musique: le canon de Pachelbel évidemment!

La légende raconte que le premier à avoir entendu cette musique pour son mariage est Johann Christoph Bach, frère ainé du plus célèbre des compositeurs baroques Jean-Sébastien Bach. Son mariage a eu lieu à Ohrdruf en octobre 1694. Pachebel aurait écrit ce canon en ré majeur pour cette occasion.

Pachelbel est en effet très proche de la famille de Jean-Sébastien Bach. Il est notamment un ami intime de son père, Johann Ambrosius et le précepteur d’un de ses frères ainés: le fameux Johann Christoph. Pachelbel développe son amitié avec la famille Bach à Erfurt où il exerce son métier d’organiste et de compositeur.

Saint Sebaldt

L’église Saint Sebald de Nuremberg

Mais c’est 200 km plus au sud, à Nuremberg, que Johann Pachelbel est né et a grandi. Après avoir exercé dans plusieurs villes (Vienne, Erfurt, Stuttgart, etc…), Pachelbel reviendra terminer sa carrière dans sa ville natale en tant qu’organiste de l’église Saint Sébald.

Johann Pachelbel a vécu au beau milieu de la période baroque. Le canon est d’ailleurs un modèle du style. Il est composé de deux éléments qui s’opposent: une basse continue et un thème joué par trois violons. Malgré l’émotion qu’il peut transmettre, le canon est très codifié et est réalisé avec une précision et une rigueur toute mathématique.

Mais le canon de Pachelbel n’a pas toujours été aussi connu.

Pendant plusieurs siècles, Pachelbel est oublié du grand public et les initiés le reconnaissent plus pour sa musique d’orgue que pour sa musique de chambre.
C’est Max Seiffert qui en 1919 redécouvre à Berlin huit partitions de musique de chambre de Pachelbel complètement oubliées. Parmi elles, la partition du canon. C’est elle qui retient l’attention de Seiffert et de son collègue Beckmann. Ils admirent notamment son utilisation du contrepoint, technique caractéristique du baroque.

Mais il faut attendre la fin des années 1960 pour que le canon soit largement diffusé:
– tout d’abord par l’intermédiaire de Jean-Francois Paillard, un chef d’orchestre francais, qui va en réaliser un enregistrement pour le label Erato. C’est le court extrait de cet enregistrement que vous avez pu écouter au début de l’épisode.
– ensuite par l’intermédiaire du groupe grec Aphrodite’s child qui va s’inspirer du canon pour son tube Rain and Tears. Cette chanson est du style baroque pop, style qui consiste à introduire des éléments de musique classique dans la musique pop/rock. Cet extrait est issu de l’album Best of Aphrodite’s Child d’Universal Music

Aux États-Unis, une version du canon sera utilisée dans la bande originale du film « Ordinary People », le premier film réalisé par Robert Redford. Ce film reçoit 4 oscars en 1980 dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Ce succès renforce la popularité du canon outre-atlantique.

De nos jours, le canon est la seule oeuvre de Pachelbel connue du grand public. Mais son travail est loin de se résumer au seul canon. Si vous voulez aller plus loin et découvrir d’autres travaux de Pachelbel, je vous invite à découvrir l’album de Jacob Werner ci-dessous. J’ai choisi cet interprète car tout comme Pachelbel, Jacob Werner a aussi exercé pendant de nombreuses années la fonction d’organiste à l’église Saint Sebald de Nuremberg.

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