Pour la quatrième fois en quatre ans, les Espagnols vont retourner aux urnes, le 20 novembre prochain. Ce mardi 17 septembre, après des heures de suspense et de négociations, le roi Felipe VI a dû annoncer l’évidence des faits : le président en fonction actuel, le socialiste Pedro Sanchez, n’a réussi à sceller aucune alliance ni à obtenir les appuis pour son investitude, prévue le 23 septembre.

Les Espagnols savaient que la situation était compliquée et que les choses étaient polarisées entre le Parti socialiste, qui a gagné les élection le 28 avril haut la main, et les autres formations. Le pessimisme régnait, mais beaucoup voulaient croire à la possibilité d’un accord de dernière minute qui permette l’investiture du chef de file socialiste. Essentiellement grâce à une entente avec le parti de gauche radicale Podemos, qui voulait absolument un gouvernement de coalition et dont les socialistes n’ont finalement pas voulu.

Quatre élections générales en quatre ans, sources de lassitude et de frustration

Cela fait maintenant plusieurs années que l'Espagne n'a pas de gouvernement stable. L’exécutif du socialiste Pedro sanchez vivotait depuis un an et demi, et cela fait maintenant deux ans que le pays est administré sans qu’un nouveau budget ait été voté. Ce qui bloque les institutions, ce sont les organismes étatiques et surtout les 17 régions espagnoles qui attendent l’octroi de 5 milliards d’euros de la part du gouvernement central. Les sondages disent que la plupart des votants ont perdu toute confiance en leurs dirigeants politiques. Des leaders politiques qui tous se renvoient la responsabilité de l’échec des négociations et de la tenue d’un nouveau scrutin anticipé.

Un scrutin, beaucoup d'enjeux

Pedro Sanchez, qui affirme avoir tout essayé, a dès ce mardi soir appelé à voter pour sa force politique afin de constituer cette fameuse majorité si difficile à obtenir. Aujourd’hui, avec 123 députés sur 375, Pedro sanchez en est très loin. Et beaucoup doutent qu’il obtiendra un bien meilleur score. Ce qui veut dire qu’il lui faudra de nouveau négocier avec Podemos. De son côté, l’alliance des droites ne semble pas plus faire le poids. Conclusion : aujourd’hui, l’Espagne est un pays politiquement bloqué et, comme le répètent les politologues, il risque fort de l’ètre encore après les législatives du 10 novembre.