C dans l'air du 20 avril 2024 - Émile, Ligonnès, Jubillar : des pistes...et des mystères

Ils fascinent le public. Les cold cases reviennent régulièrement à la une de l'actualité, à l'instar de la disparition de Delphine Jubillar. Jeudi, une centaine de gendarmes a été déployée à Cagnac-les-Mines (Tarn), à proximité de la maison de la mère de famille disparue en décembre 2020. Il y a quelques semaines, c'est l'affaire du petit Émile Soleil, lui aussi disparu sans laisser de traces en juillet dernier, qui a rebondi lorsqu'une randonneuse a retrouvé son crâne sur un chemin de randonnée dans le Haut-Vernet (Alpes-de-Haute-Provence). Un mois plus tôt, l'affaire Xavier Dupont de Ligonnès était relancée lorsque trois personnes indiquaient avoir croisé la route d’un homme, possédant des traits de ressemblance avec le père de famille, suspecté d’avoir assassiné ses quatre enfants et sa femme en avril 2011.

En dehors des signalements à la gendarmerie, certains citoyens anonymes participent à la résolution de cold cases. Depuis 20 ans, les bénévoles de l’Association de la recherche et d’assistance des personnes disparues (ARPD) œuvre dans les disparitions, fugues et cas d'enlèvement parental. Passionnés par les enquêtes criminelles, ces anciens policiers, gendarmes ou simples citoyens, disent avoir résolu 164 affaires ces dernières années. Parmi elles, la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, à Pontcharra, dans l’Isère, en 1986.

Parmi les affaires non élucidées, l'affaire Grégory est sans doute celle qui a le plus déchaîné les passions en France. Quarante ans après la mort du petit garçon dans les Vosges, le mystère demeure entier et continue de hanter les juges d'instruction qui se sont succédé sur l'affaire. Il y a tout juste un mois, Jean-Marie et Christine Villemin, qui se battent pour connaître la vérité sur la mort de leur fils, ont obtenu de la justice une nouvelle série d'expertises, notamment avec l'aide de l'intelligence artificielle. Les nouvelles technologies pourraient être précieuses pour les enquêteurs, mais elles ne sont rien sans l'obstination des juges d'instruction. Après les erreurs du juge Lambert, c’est un magistrat aguerri, Maurice Simon, qui reprend tout à zéro en 1987.  Un dossier maudit dont héritera Claire Barbier sans parvenir à percer le mystère.

Où en sont les investigations dans l’affaire du petit Emile ? Pourquoi les cold cases fascinent-ils autant les Français ? Quel poids ces affaires font-elles peser sur les épaules des juges d'instruction ?

LES EXPERTS :

- DAMIEN DELSENY - Rédacteur en chef adjoint en charge du service police-justice - Le Parisien
- AUDREY GOUTARD - Grand reporter - France Télévisions, spécialiste des faits de société
- MARIE-LAURE PEZANT - Porte-parole de la Gendarmerie nationale
- ONDINE MILLOT - Journaliste judiciaire indépendante, auteure de "Les Monstres n’existent pas"