LA FRANCE À L’HEURE DU « CHACUN CHEZ SOI »  16-10-2020


Invités


JÉRÔME FOURQUET

Directeur du département Opinion de l’Institut de sondages IFOP


CÉCILE CORNUDET

Éditorialiste politique aux « Échos »


FANNY GUINOCHET

Journaliste spécialiste des questions économiques et sociales

Chroniqueuse à France Info


ÈVE ROGER

Cheffe du service société d'Europe 1


Un tiers de la population française s’apprête à vivre sous couvre-feu à partir de ce soir minuit. Dans huit métropoles dont l’Île-de-France, les bars, restaurants, théâtres, cinémas et commerces de nuit vont baisser le rideau tous les soirs de 21 h à 6 h du matin, et ce pour au moins quatre semaines. Depuis la déclaration du président de la République mercredi soir, les secteurs concernés sont vents debout contre ces nouvelles restrictions qu’ils jugent injustes. Le milieu culturel notamment réclame des aménagements comme la possibilité de montrer les tickets de cinéma et de spectacles comme laissez-passer aux forces de l’ordre. Mais leurs espoirs ont été douchés ce matin par le ministre de l’Economie qui s’est dit contre toutes exceptions. 


Pour ces secteurs en difficulté, Bruno Le Maire a par ailleurs annoncé une enveloppe d’un milliard d’euros. Un montant qui aurait été cinq fois plus élevé, selon lui, si le confinement généralisé avait été décrété. Dans ce milliard d’euros, il faut compter les aides aux entreprises, notamment via le fonds de solidarité pour celles qui perdent plus de 50 % de leur chiffre d’affaires. Mais les inquiétudes restent nombreuses dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et de la culture. "Je comprends que les restaurateurs puissent avoir un sentiment d’injustice", a affirmé le ministre de l’Economie ce matin, tout en ajoutant que le couvre-feu est "pour le bien général".


Malgré ces aides annoncées, ils sont nombreux à se sentir oubliés. La précarité a touché des centaines de milliers de Français depuis le début de la crise. Ils sont 5 millions à toucher à présent l’aide alimentaire. De nouveaux profils apparaissent aux « guichets » du RSA : ils sont maîtres d’hôtels, mères célibataires, indépendants ou auto-entrepreneurs et ont basculé dans la pauvreté à cause de la crise sanitaire. Emmanuel Macron leur a promis mercredi soir de renouveler le dispositif exceptionnel de solidarité mis en place au printemps, soit une prime de 150 euros. Les jeunes de 18 à 25 ans ne pourront en revanche pas en bénéficier. Les bénéficiaires des APL pourront également recevoir 100 euros par enfant. 


Alors que le nombre de nouveaux cas a dépassé pour la première fois le chiffre de 30 000 dans les dernières 24h, un autre virus va refaire son apparition : celui de la grippe saisonnière. Lancée le 13 octobre, la campagne de vaccination débute sur les chapeaux de roues chez les pharmaciens qui font face à un afflux de clients. Une vaste couverture vaccinale est espérée par les autorités sanitaires, qui craignent une co-circulation du Covid et de la grippe dans un contexte système de santé déjà proche de la saturation. Mais des ruptures de stock sont déjà constatées.


Le couvre-feu va-t-il être accepté par les quelques 20 millions de Français concernés ? Suffira-t-il à freiner l’épidémie ? Quels impacts économiques pour les secteurs touchés ? La crise sanitaire a entrainé une nouvelle pauvreté en France, qui sont ces Français qui connaissent une chute brutale de leur revenu ?


Diffusion : tous les jours de la semaine à 17h45

Rediffusion : tous les jours de la semaine à 22h30

Format : 65 minutes

Présentation : Caroline Roux et Axel de Tarlé

Réalisation : Pascal Hendrick, Jean-François Verzele, Jacques Wehrlin, Nicolas Ferraro et Benoît Lemoine

Productions : France Télévisions / Maximal Production

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