PHILIPPE AMOUYEL

Épidémiologiste et professeur de santé publique –

Université de Lille


SOPHIE AURENCHE

Journaliste au service reportages – « RTL »


JEAN-PAUL HAMON – En duplex

Médecin généraliste

Président d’honneur de la Fédération des Médecins de France


ANNE-CLAUDE CRÉMIEUX – En duplex

Professeure en maladies infectieuses - Hôpital Saint-Louis


Le gouvernement entend attendre quelques jours pour "donner sa chance au couvre-feu" avancé depuis une semaine à 18 heures sur l’ensemble du territoire et en mesurer les effets. Mais le ministre de la Santé l’a redit hier soir sur TF1 : "nous pourrions être amenés à prendre des mesures plus dures, ça peut aller jusqu'à un confinement" si la situation empirait, notamment avec un développement du "variant anglais" du Covid-19, nettement plus contagieux.


Le Royaume-Uni, où cette mutation du virus a été repérée en premier, connaît actuellement de grosses difficultés au sein de ses hôpitaux, qui ont enregistré, mercredi, 1 820 décès supplémentaires dus au Covid-19. D’autres variants, notamment sud-africain et brésilien, inquiètent également de nombreux médecins et scientifiques qui depuis plusieurs jours jugent inéluctable un nouveau confinement général, pour prévenir leur progression alors que le nombre de contaminations augmente jour après jour dans le pays.


Selon les dernières données de Santé publique France, 26 784 personnes ont été testées positives en France en 24 heures. Le nombre de patients hospitalisés continue lui aussi d'augmenter. Il s’élève désormais à 25 686 patients, dont 2 852 sont soignés en réanimation, et certains établissements se trouvent déjà sous "forte tension". C’est le cas de l’hôpital de Dieppe en Seine-Maritime où plus de 140 agents et 123 patients sont atteints par le Covid-19 depuis une dizaine de jours. "Préoccupante", la situation a entrainé la déprogrammation de "pas loin de 40 % de l'activité de chirurgie pour les patients non urgents" et le déclenchement de la réserve sanitaire régionale et nationale. Autre donnée particulièrement observée, celle des fermetures des établissements scolaires : 64 fermetures ont été décidées, soit trois fois plus en sept jours.


Alors le couvre-feu sera-t-il suffisant ? Si de nombreuses rumeurs circulent désormais notamment sur la date de mise en œuvre d’un troisième confinement, le ministre de la Santé s’est voulu prudent hier soir. En revanche, il s’est montré très optimiste sur la cadence de vaccination alors que la polémique enfle dans le pays. Olivier Véran a ainsi dit vouloir vacciner tous les Français avant la fin août. Il a même donné un chiffre : 70 millions de vaccinés, sur une population de 67.4 millions au 1er janvier 2021, selon l'Insee. Le ministre de la Santé a, par ailleurs, égrainé le calendrier prévu, mois par mois, des vaccinations en France, tout en martelant une condition : "Si la totalité des vaccins commandés sont validés par les autorités sanitaires européennes et mondiales". Une manière, peut-être, de prévenir toutes critiques dans le cas où ce planning ne serait pas respecté. Comme c’est déjà la cas actuellement puisque des centres de vaccination sont contraints de fermés par manque de doses de vaccins, les rendez-vous sont annulés et de nombreux élus sont très remontés, comme à Alès, Strasbourgs, Reims ou Lille.


Alors un nouveau confinement est-il inéluctable ? Le dispositif Covisan, qu’est-ce que c’est ? Enfin pourquoi est-ce que ça coince déjà dans les centres de vaccination ?