Comme beaucoup d'autres animaux, les rennes, qui vivent le long du cercle arctique, sont devenus une espèce menacée. En effet, leurs troupeaux diminuent de façon dramatique. Si le réchauffement climatique est sans doute la cause principale de ce déclin, d'autres facteurs y contribuent également.


Une véritable hécatombe


Pour mesurer l'ampleur de cette diminution des rennes, 200 de ces animaux du Grand Nord ont été équipés de colliers spéciaux qui, au moyen de balises reliées à des satellites, permettent de suivre leurs déplacements. Et d'essayer de comprendre pourquoi ils disparaissent à ce rythme.


Voilà deux décennies, les rennes étaient encore un million à galoper sur les vastes étendues de la Sibérie du Nord-Est. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 400.000. Une diminution de 60 % en 20 ans.


Dans d'autres secteurs, le déclin est encore plus catastrophique. Ainsi, sans le nord du Québec, le troupeau de rennes, qu'on appelle ici des caribous, est passé d'environ 800.000 têtes voilà quelques décennies à seulement 74.000 en 2010. Et, en deux ans, ce maigre troupeau a encore été divisé par trois !


Le réchauffement climatique, mais pas seulement


Si les rennes disparaissent, c'est d'abord à cause des effets du réchauffement climatique. Cette augmentation des températures fait fondre la neige. Or ces animaux, protégés par deux couches de fourrure, sont faits pour vivre dans un climat très rude.


Les herbes plus hautes, dégagées par l'absence de neige, conviennent moins à leur régime alimentaire que les herbes courtes et dures qui pointaient sous la couche de neige.


Par ailleurs, les pluies, plus fréquentes, se transforment souvent en une glace épaisse, que les rennes ont du mal à percer pour pouvoir manger les lichens qu'elle recouvre. Enfin, cette chaleur inédite favorise de nouvelles maladies, qui déciment les animaux.


Mais, comme toujours, l'homme n'est pas étranger au recul des troupeaux. Le tracé de routes et les activités industrielles, mais aussi le développement du tourisme et des loisirs d'hiver font fuir les animaux et limitent leur espace vital.


Cette rapide disparition des rennes n'est pas sans conséquences pour les peuples du Grand Nord, dont la vie continue de dépendre en partie de ces animaux.

 


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