Tirées d'un verbe anglais, les expressions "woke" et "wokisme" font florès dans les médias et sur les réseaux sociaux. Mais elles n'ont pas la même signification pour tout le monde.


Un état d'esprit progressiste


"Woke" vient du verbe anglais "to awake", qui veut dire "s'éveiller". Depuis très longtemps, ce mot est utilisé, dans la culture américaine, pour désigner une personne consciente de la présence d'inégalités et d'injustices dans la société.


Au XIXe siècle, les antiesclavagistes se voulaient déjà des "éveillés". En 1965, Martin Luther King exhorte les étudiants noirs à qui il s'adresse à rester "éveillés" face à la révolution qui, d'après lui, est en train de se préparer.


Depuis, le terme de "woke" s'est largement répandu dans les réseaux sociaux. Il fait partie du vocabulaire des milieux progressistes, qui l'identifient à toutes les causes où la justice ou les droits de l'homme leur semblent bafoués. Ainsi, ces "woke" condamnent aussi bien le racisme que le sexisme et, plus généralement, toutes les formes de discriminations.


Une vision fragmentée du passé national


Mais, parfois, les "éveillés", ou "woke", ne se contentent pas de donner de la voix. Certains passent à l'action et s'en prennent aux vestiges d'un passé qui leur semble coupable.


C'est ainsi que des militants ont récemment déboulonné les statues de personnages historiques qui, d'après eux, ne méritaient pas d'être honorés. Si la statue d'Edward Colston a été mise à bas, c'est que, si ce mécène a beaucoup fait pour développer sa ville natale, Bristol, il fut aussi un marchand d'esclaves.


De même, des "woke" s'en sont pris à la statue de Léopold II, ce roi des Belges accusé d'avoir couvert les pires horreurs dans ce Congo dont il fut, durant deux décennies, le seul propriétaire.


Ce "wokisme" est accusé par une partie de la classe politique, notamment en France, de vouloir tirer un trait sur le passé. En niant notre passé national, dans son unité, ils se feraient les champions d'une sorte de communautarisme, dans lequel chacun interpréterait l'Histoire à travers le filtre de son identité propre.



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