Nous parlons aujourd'hui des plateformes de streaming vidéo qui viennent concurrencer Netflix. Au Royaume-Uni, la BBC et ITV ont lancé Britbox cette semaine. Le 12 novembre, ce sera Disney+ qui sera lancé aux États-Unis pour concurrencer Netflix et Amazon Prime Vidéo.

À la mi-octobre, à Cannes, au Mip TV, on a pu compter jusqu’à 450 plateformes vidéos dans le monde. C’est dire l’ampleur de cette révolution du streaming, qui est née aux États-Unis avec Netflix, Hulu, puis Amazon Prime, et qui s’enrichit encore, le 1er novembre, avec Apple TV+, qui s’est lancée dans plus de 100 pays dont la France au prix de 5 euros par mois. Avec un budget d’achat de programmes de 6 milliards de dollars, Apple est susceptible de monter très vite en puissance du fait surtout d’un marketing très agressif : la firme à la pomme offre, pour tout achat d’un iPhone, un iMac ou un iPad, un an d’abonnement à son service vidéo.

Le 12 novembre, ce sera au tour de Disney+ de débarquer aux États-Unis, avec un budget d’achat de programmes de plus de 16 milliards de dollars, soit plus que celui de Netflix. Pour 7 dollars, on y retrouvera 500 films, 7 500 épisodes de séries et surtout les licences de Star Wars, Pixar ou Marvel. D’ici à 2024, Disney vise 60 à 90 millions d’abonnés, alors que Netflix en aligne déjà près de 160 millions. Rien que pour suivre les créations de Marvel, des analystes estiment que 22% des clients de Netflix pourraient lui tourner le dos pour rejoindre Disney.

Mais c’est aussi en Europe que la bataille se joue. Disney+ arrivera en France fin mars. Netflix et Amazon s’arment en produisant de plus en plus de contenus français : 12 pour Netflix et quatre pour Amazon. Quant au Royaume-Uni, il vient de lancer Britbox, une alliance entre la BBC et ITV qui a déjà été commercialisée aux États-Unis. Pour près de 7 euros par mois, on y retrouvera les célèbres séries comme Doctor Who, Downtown Abbey ou Broadchurch, mais aussi The Office ou la nouvelle série Les Misérables. Britbox devra prouver que ça vaut le coup de s’abonner. Car même s’il a passé des accords avec Channel 4 et Channel 5, on y retrouvera beaucoup de programmes de la BBC et d’ITV qu’on peut trouver par ailleurs.

C’est aussi la problématique qui se posera pour Salto, la plateforme de France Télévisions, TF1 et M6 attendue début 2020. Récemment, la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, a expliqué qu’elle avait dû convaincre ses collègues d’investir pour que Salto soit bien un service d’abonnement à de nouveaux programmes et pas seulement une offre de rattrapage. Quoi qu’il en soit, Netflix va devoir redoubler de pertinence pour satisfaire ses abonnés. Pour lui, il ne s’agit plus seulement de gagner du temps sur le sommeil en créant de l’addiction, plus seulement de détourner les jeunes de jeux vidéos comme Fortnite : il s’agit de résister à une véritable offre concurrente.