Les avions avalent de plus en plus d'oiseaux et les bateaux percutent de plus en plus de baleines ! Dans son nouveau rapport, l'assureur Allianz montre une hausse des accidents impliquant les transports et les animaux. Terre, mer, air, toutes les régions du monde sont concernées.

Pour avoir voulu éviter un renne échappé sur une route de Laponie, des militaires ont eu un accident. C'était en septembre 2019 et il y a eu douze blessés. Quand nous racontons l'histoire à Louise Nordstrom, une Suédoise vivant à Paris, elle sourit. Les accidents de rennes ou d'élans, elle a grandi avec, avec aussi les tas de sel anti-dérapage qui les attire.

« Les rennes adorent venir manger le sel anti-neige des routes de campagne, explique-t-elle. Chez moi, dans l'extrême nord de la Suède, les rennes et les élans se déplacent librement. La plupart appartiennent à la communauté Sami. Les Samis vivent près des forêts, ils ne mettent pas de barrières. Une fois sur la route, se souvient-elle, les rennes se comportent comme vos moutons en France, ce sont des animaux très lents qui ne réagissent pas aux klaxons ! Il y a vraiment beaucoup d'accidents. Mon grand-père était vétérinaire, c'est lui qu'on appelait pour examiner les cadavres de rennes ou d'élans sur les routes de campagne. Les Samis en récupéraient une partie mais ils lui en donnaient aussi beaucoup, alors petite j'ai passé ma vie à manger du renne en famille ! »

Le gibier détecté au radar routier infrarouge.

En France, c'est une première, le département de l'Isère dans les Alpes a réduit les accidents en installant le premier détecteur de gibier infra rouge sur ses routes. 150 collisions graves surviennent chaque année en France avec principalement des sangliers et des cerfs. Les assureurs sont tenus d'intégrer ce type de dommage dans leurs contrats avec près de la moitié des frais matériels ou médicaux remboursés.

40 collisions aviaires par jour aux Etats-Unis

Avec l'avion, l'assurance joue mais cette fois, à une échelle mondiale. Une collision avec des oiseaux va de 330 000 euros jusqu'à 16 millions pour les cas les plus graves. Pour Michel Polacco, journaliste et pilote, les oiseaux sont surtout dangereux au décollage et à l'atterrissage.

« Il y a peu d'oiseaux en haute altitude, en revanche, à moyenne altitude un pilote d'avion ou d'hélicoptère peut en rencontrer. Parfois c'est tout un groupe en plein vol de migration. Les dégâts varient, cela peut aller de dommages sur le cockpit, le pare-brise voire même les ailes de l'appareil. On se souvient tous de l'accident de 2009 où un Airbus 320 est passé dans un nuage d'oies du Canada au-dessus de l'Hudson. Trois minutes après le décollage, une partie de ces oies ont été avalées dans les turboréacteurs, ils se donc sont retrouvés avec les deux moteurs cassés avec obligation d'amerrir sinon ils s'écrasaient. Pour sécuriser les décollages surtout sur les aérodromes, on utilise aujourd'hui des véhicules effaroucheurs d'oiseaux, ils font du bruit et éloignent les rapaces des pistes. Mais cela n'empêche pas tous les accidents, des pilotes en ont même perdu la vie. »

Des squelettes de baleines marqués par des chocs de propulseurs

Paquebot de croisières, navires marchands, l'augmentation de la circulation en méditerranée inquiète Pascal Maillol, le Président d'honneur de l'Association Souffleurs d'écume à Marseille.

« La collision, dit-il, est la première cause de mort non naturelle des baleines en mer méditerranée. Le plupart du temps, ces animaux de 40 tonnes coulent mais certains restent accrochés aux bateaux et reviennent au port. Les accidents augmentent et existent partout dans le monde. L'espèce la plus menacée est la baleine franche de l'Atlantique nord. Pour y remédier, nous avons mis en place des formations REPCET pour les conducteurs de navires. Cela n'a pas été facile, ajoute-t-il, tous les navigants et armateurs n'étaient pas partants pour acheter et apprendre à enregistrer les présences de gros mammifères marins. Heureusement, en 2017, la loi française est venue à notre secours en imposant aux bateaux de plus de 24 m circulant près de nos côtes en méditerranée, de s'équiper d'un système de détection. »

Depuis Paris, l'accidentologie peut avoir des accents exotiques, ainsi la Thaïlande s'inquiète des collisions entre les scooters et les tigres, l'Australie parle d'une augmentation de la présence des dromadaires sur ses pistes et la Floride déplore les cas d'alligators et de crocodiles sur ses routes.