Sur les routes, dans les airs, en chemins de fer ou en mer, ils ou elles révolutionnent le transport ! Comme par exemple la jeune française Sabrina Andiappane, une ingénieure spatiale de 30 ans qui a les pieds sur terre.

Prenez une sortie scolaire d’observation des étoiles à l’Uranoscope de Gretz, près de Paris ; ajoutez-y le cadeau d’anniversaire de sa sœur offert pour ses 7 ans, en l’occurrence, un livre sur les planètes. Laissez reposer quelques années pour obtenir à l’adolescence, un premier succès international : le prix Universcience. Sa professeure de science physique l’avait encouragée à s’inscrire. C’était l’année de son baccalauréat et le début d’une carrière déjà jalonnée de récompenses.

« Sabrina est une jeune femme déterminée et motivée. Elle donne envie aux jeunes d’avoir de l’audace. » selon Claudie Haigneré, première femme de l’espace et amie de Sabrina Andiappane.

La personnalité qui lui a remis ce titre d’encouragement aux carrières scientifiques des jeunes filles, est connue du monde entier, Claudie Haigneré, la première française à être allée dans l’espace. Aujourd’hui, elle se souvient avec émotion de cette première fois : « J’ai tout de suite aimé cette jeune fille, dit-elle, avec un sourire amical et admiratif. Mon premier souvenir c’est ce blog qu’elle avait créé dans lequel elle disait : "Allez les filles, osez les sciences !" Moi, j’y suis aussi très sensible et Sabrina dit que je l’avais inspirée, c’est une très bonne chose. Tout ce qui peut être fait pour encourager les jeunes dans nos métiers scientifiques doit être poursuivi. Sabrina, ajoute l’astronaute française, a été brillante dans ses études. C’est une femme, pas vraiment timide, plutôt déterminée et passionnée, comme je le suis moi, dans mes activités auprès de l’Agence spatiale européenne et d’ancienne astronaute. Nous nous voyons rarement, mais elle m’envoie des messages pour me tenir au courant de son parcours. Elle n’a que trente ans et déjà une belle carrière. Les projets sur lesquels elle a travaillé sur des sondes (ces véhicules sans équipage qui explorent l’espace) aident les explorations sur la Lune et sur Mars, elle a aussi coordonné des programmes spatiaux européens de très haute qualité. Je viens d’ailleurs d’apprendre qu’au sein de son entreprise Thales Alenia Space, elle a obtenu un poste à responsabilités, et cela me donne beaucoup de bonheur ! »Sabrina Andiappane travaille et joue au tennis dans la même ville, à Cannes sur la côte d’Azur où se trouve le siège du secteur spatial du groupe Thales. Au sport comme dans son métier, cette jeune trentenaire semble née pour gagner. Parmi les récompenses : le prix d’excellence de l’École d’innovation technologique de Paris, décroché à 23 ans. Peu après, c’est le jury de l’Industrie nouvelle qui élit Sabrina Andiappane Talent de l’année 2017. Sabrina monte sur scène en parlant de son association : Les filles, osez les sciences !

C’est d’ailleurs grâce à son rôle au sein de cette association qu’elle est remarquée par une responsable de l’entreprise Thales Alenia Space. Aujourd’hui elle se réjouit de constater l’augmentation du nombre de femmes dans les professions de l’ingénierie spatiale.  

Consultante sur ExoMars en 2013. En 2019, elle coordonne l’European Robotic Orbital, qui aide les véhicules en orbite à se rencontrer

Embauchée par Thales, elle y gagne des appels d’offres européens pour développer et inventer de nouveaux véhicules de l’espace. Le transport spatial c’est son terrain de jeu, elle s’y épanouit en créant des outils capables d’aller récolter des échantillons à longue distance, mais aussi de réparer des satellites, d’en déplacer les débris et même de les débarrasser de leurs déchets. Des missions que le commun des mortels a parfois du mal à imaginer, si bien qu’à chaque montée sur scène pour recevoir ses prix, Sabrina Andiappane est un peu obligée d’expliquer : « J’ai commencé par un travail sur une sonde relais entre la Terre et Mars. Cette sonde porte des outils de mesure des éléments de l’atmosphère martienne. En 2022, il y aura une nouvelle mission destinée à récolter des échantillons de la planète Mars. En fait, nous les humains nous travaillons sur des missions toujours plus ambitieuses et élaborées mais nous oublions souvent que l’espace est un univers difficile, très hostile, et mes véhicules robots qui transportent les outils de mesures ou de prélèvements d’échantillons contribuent à faciliter les manœuvres. »Récompensée du Trophée des Étoiles de l’Europe

Des prévisions météo aux téléphones portables à l’observation et calculs de données dans le domaine agricole, maritime ou encore du cryptage de télécommunications, cette jeune ingénieure a pleinement conscience du rôle de l’espace dans le futur de notre vie quotidienne. Comme son amie Claudie Haigneré, elle sait que l’être humain ira un jour s’installer ailleurs dans l’espace.

Les plats italiens et indiens et la musique coréenne  

En décembre dernier, c’est à Paris, des mains de madame la ministre française de la Recherche que Sabrina Andiappane a reçu le Trophée des Étoiles de l’Europe. Un prix qui récompense l’innovation pour les futures explorations spatiales. Ses parents, une mère femme au foyer, un père ouvrier automobile, étaient dans la salle. Son mari également, jeune ingénieur comme elle, et pas peu fier de voir son épouse, férue de cuisine indienne (des ancêtres de Pondichéry, mais Sabrina s’y rend très peu) de recettes italiennes et de musique électro coréenne, être applaudie pour son rôle, déjà grand, dans l’avenir de notre galaxie.