Le numérique est présenté comme le pilier de la réforme de l'Education nationale. Et le moyen de lutter contre les inégalités scolaires. "C'est justement parce que l'époque nous impose le numérique partout, que nous avons voulu réagir et montrer qu'il y a peut-être d'autres voies que celle-ci", explique Karine Mauvilly. Avec Philippe Bihouix, elle signe "Le Désastre de l'école numérique" (éd. Seuil). Dont le sous-titre un rien provocateur exprime un point de vue assez net: "Plaidoyer pour une école sans écrans".

"Nous essayons de montrer qu'introduire le numérique peut risquer d'aggraver les inégalités puisque les enfants qui sont les plus connectés sont souvent ceux des milieux défavorisés", poursuit l'enseignante en histoire-géographie. En 2015, une étude de l'OCDE montre que les systèmes scolaires les plus numérisés sont ceux qui n'ont pas les meilleurs résultats, au contraire. Plus les enfants sont face à des écrans, moins leurs performances sont importantes.