Aujourd'hui et en partenariat avec la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin nous vous proposons 3 épisodes Hors série sur le financement des marques de mode, c’est une première !Nous clôturons ce hors série avec un 3ème et dernier épisode qui traite du financement par la levée de fonds et pour ça je retrouve Frédéric Biousse, cofondateur d’Experienced Capital, Pierre François Le Louët, président de la Fédération Française du Prêt à porter féminin et Guillaume Gibault, fondateur du Slip Français. On parle du bon moment pour trouver des investisseurs, comment les choisir et pourquoi, parfois, il faut s’en séparer. J’ai adoré interviewer ces trois invités, j’espère que vous prendrez autant de plaisir à l’écouter ! SE RETROUVER DANS l’EPISODE 01:30 Les 3 invités se présentent04:10 Ce qu'est une levée de fonds et pourquoi on la fait18:45 Les premiers financements pour démarrer sa marque 27:30 Les différentes étapes de la levée de fonds et les différents acteurs35:00 Le profil et le rôle du fondateur 41:40 Les modèles économiques dans la mode52:50 La rencontre avec les fonds d’investissement et comment on entretient la relation01:12 :00 La fin d’une histoire avec des actionnaires01:20 :00 Le futur de la modeKEY LEARNINGS « Une bonne idée c’est super mais il y a des milliers des marques qui ont des bonnes idées, il n’y en qu’une petite dizaine sur ces milliers qui vont vraiment éclorent parce qu’il y aura eu la bonne idée, le bon manager, le bon moment, la chance mais également l’argent. Une levée de fonds c’est faire venir de l’argent pour se développer. La deuxième raison c’est se sentir moins seul, quand on est fondateur d’une marque on est très seul, et plus ça grandit et plus on est seul. Le fait de faire rentrer un actionnaire à ses cotés c’est l’occasion d’avoir quelqu’un avec qui on peut jouer au ping-pong, tester les idées, avancer, se sécuriser, se se rassurer, se confronter et du débat né un filtre qui permet de prendre des meilleures décisions, et pour la troisième raison c’est pour le stade d’après, une levée de fonds c’est aussi l’occasion de faire un Cash Out pour les fondateurs. C’est très important quand on créé sa boite de pouvoir gagner de l’argent grâce à ça. »« Il y a diffèrent moments pour faire des levées de fonds, et il y a pleins de raisons pour lesquelles il ne faut pas faire de levée de fonds. Un investisseur ce n’est pas un magicien. On pense qu’il y a celui qui a la bonne idée et celui qui la finance, je pense que ça ne fonctionne pas du tout comme ça aujourd’hui. Quelqu’un qu’on fait rentrer à son capital c’est vraiment un partenaire et il faut penser à ce qu’il peut nous apporter en dehors de l’argent. »« On est beaucoup plus créatif quand on n’a pas d’argent, c’est très important de passer par cette phase. Et même après quand on a de l’argent, parfois c’est très important parfois de couper les budgets pour que les équipes redeviennent créatives.  Notamment en communication c’est hyper facile d’acheter des pages de pubs, sauf que ça ne suffit plus. Aujourd’hui les marques qui émergent sont de marques qui amènent un ADN hyper fort et ça, ça vient de la tête d’un entrepreneur, ça vient de la qualité de l’équipe et ça vient de la créativité de l’équipe. Ce n’est pas l’argent qui va amener ça. »« Il faut faire très attention à une chose quand on démarre, souvent on se tourne vers sa famille et ses amis et comme on a vraiment besoin on a tendance à lâcher pas mal. Et généralement c’est ce tout premier tour qui est fondamental car on se retrouve avec un fondateur qui commence à peine a jouer et qui n’a plus que 50% ou 60% de sa boite. Idéalement il faudrait garder 80%. »« Il faut être très très explicite dès le début, il faut être très claire parce qu’il y a deux raisons pour lesquelles les boites s’arrêtent : 1/ on a plus de sous et 2/ on s’embrouille avec les associés au capital. »« Ce qu’il faut bien comprendre c’est que faire rentrer des gens à son capital c’est une relation de couple, l’entreprise c’est pas une question d’argent, trouver de l’argent c’est hyper facile. En revanche tomber amoureux de quelqu’un et coucher avec tout les jours c’est beaucoup plus compliqué, et c’est ça une association ! L’enjeux dans un couple c’est de parler. »« Il y a la première étape de Love money, les gens autour de soit, la famille direct ou indirect, c’est les premiers milliers d’euros qu’on emprunte à droite à gauche qui permettent de faire les premières ventes et les premiers milliers d’euros de chiffre d’affaires ; on arrive a prouver qu'il y a un minimum d’intérêt. Là, on peut aller voir les Business Angel, c’est des particuliers qui mettent des tickets de dizaines de milliers d’euros, 50 à 100 000 euros, c’est le premier tour de Seed. Et là, on arrive à une boite qui fait peut être 1 million de chiffre d’affaires et en général on peut aller voir un premier fonds d’investissement pour faire un tour série A qui est en général entre 500 et 2 millions d’euros qui vous emmène a une croissance qui permet d’aller chercher 5-10 millions de chiffre d’affaires, et en suite, un tour de série B plus important entre 5 et 15 millions d’euros. Et en suite, on continue la logique avec un tour de série C un peu plus rare en France et dans la mode. »« On ne peut pas grandir si à un moment on n’accepte pas de lâcher le pouvoir sur une partie de son activité. Le fondateur ne peut pas continuer à tout faire comme il faisait auparavant. C’est important à la fois de lâcher mais aussi de garder là où on est bon, et garder et d’assumer une position dominante sur l’ensemble du projet qui est l’entreprise par ce que c’est vous qui l’avez fondé. »« L’entreprise ce n’est pas une démocratie, ça ne marche pas si c’est une démocratie. L’entreprise c’est une armée, il faut un générale et un colonel. Le général c’est le fondateur, le colonel c’est la personne qui rejoint et qui fait tourner les choses au quotidien. »« L’enjeux c’est à la fois de mesurer le potentiel d’une marque à se développer, de mesurer la force de la marque dans son organisation et donc sa pérennité mais aussi mesurer les risques qui sont encourus. »« Il faut le faire avec bonne intelligence et avec une grande gratitude, il faut que le fonds comprenne que pour le fondateur c’est le moment de se séparer et alors il faut accepter de passer la main même si on n’a pas eu la valorisation qu’on voulait, et pour le fondateur trouver un deal pour que ceux qui lui ont fait confiance avant vont sortir heureux, et c’est comme ça qu’on voit un très bon fondateur. »« Les clients veulent des marques auxquelles ils peuvent s’identifier, porteuses de valeurs et qui amènent du sens à leur vie. Tout ce qui est Sustainability, développement durable, développement raisonné, Sourcing raisonné, c’est la clef! C’est très difficile à mettre en œuvre et souvent on est assez seul pour mettre ça en œuvre, mais c’est la clef.  Les marques qui marcheront demain seront des marques qui raconteront une vraie histoire, avec des vraies valeurs encrées dans leur histoires personnelles et qui sont incarnées par le fondateur. »REFERENCES NELLY RODI LE SLIP FRANÇAIS Fédération française de la modeSandro Maje Claudie Pierlot Experienced Capital Sessùn Maison StandardsBalibarisJimmy FairlySœurLA BruketNV GalleryFigaret Karakoe BoxZaraInstagramPatagonia