"Les inconnus connus" d'Éric Russon : Radio Résiste.

Raphael pour son nouveau spectacle "Bande Magnétique", à voir au Cirque Royal à Bruxelles le 18 janvier prochain.

Une cabine de prise de son est posée au milieu de la scène. Des techniciens s’affairent à des branchements. Des bruits de forêts. Raphael entre sur scène, il y a un piano droit, un vieil ampli avec une guitare électrique dans un étui. Trois magnétos à bandes. Une pile de bandes. Raphael pose son tabouret, s’assied au piano, commence à chanter, les magnétos se mettent à tourner. Depuis sa cabine sur la scène, un étrange ingénieur du son dirige la séance. Raphael est interrompu, questionné par l’ingénieur, sommé de montrer ce en quoi il croit , d’aller plus loin dans l’intimité de ces chansons, d’améliorer ses versions. S’agit-il d’un réenregistrement live de ses anciens albums, l’enjeu ne serait-il pas en réalité bien plus important ? "J’ai toujours rêvé de proposer autre chose qu’un concert, éternelle géographie du chanteur et son groupe qui l’accompagne, l’idée de « Bande magnétique » est de revisiter toutes ces chansons, de différentes périodes à partir des pistes studios originales réorchestrées en live et envoyées dans des magnétos à bandes par un ingénieur du son un peu particulier qui connaîtrait intimement le contexte de ces chansons, le vrai, le faux, aurait accès à des informations qu’il ne peut pourtant pas connaitre, ne se privant pas de les partager, permettant une mise en abyme aussi amusante que troublante".

Le journaliste et écrivain français Simon Liberati pour son nouveau roman "Performance" (Grasset).

Victime d’un AVC, un romancier de 71 ans est en panne, tétanisé, incapable d’écrire une ligne. La commande d’une mini-série sur les Rolling Stones par des producteurs en vue est un miracle inespéré. Il accepte sans hésiter, lui qui méprise les biopics, le milieu du cinéma et les inusables clichés sur les années pop. Voilà l’apprenti scénariste lancé dans un projet sur la première époque des Stones, entre l’arrestation de Keith Richards et Mick Jagger pour usage de stupéfiants, en 1967, et la mort stupéfiante de Brian Jones, en 1969. Intitulée Satanic Majesties, la série montrera comment des voyous, compilateurs de musique afro-américaine, devinrent en l’espace de deux ans les stars androgynes que l’on sait. Apaisé, le septuagénaire peut poursuivre la passion scandaleuse qu’il partage avec Esther, sa ravissante belle-fille de 23 ans. Mais tous deux le savent, leur amour sera éphémère. Il ne durera que ce que durera chez elle la beauté du diable, tandis que ses forces à lui déclinent tout aussi diaboliquement. D’où la coloration sombre et émouvante de leur histoire ; d’où la souffrance que leur cause la moindre séparation. L’écrivain de nouveau inspiré se prend au jeu de Satanic majesties. Par la grâce d’Esther, il renoue avec une part d’innocence et fait ressurgir Marianne Faithfull, Anita Pallenberg ou Brian Jones de l’abîme du temps. Et si l’innocence de l’homme s’enfuit avec les années, l’exceptionnel brio de ce roman prouve si besoin était le souffle éblouissant de Simon Liberati. Parfois burlesque, souvent bouleversante, addictive, effrénée, la plus belle aventure d’un écrivain saisissant au vol les dernières bribes que la vie lui accorde.

"J'entends des voix" de Laurence Bibot : La voix de la diététique à la belge.