Direction la Bosnie-Herzégovine et sa capitale Sarajevo dans les années 90, en pleine guerre, avec nos invités. D'un côté, l'écrivain belge Jean-Luc Outers pour son roman "Hôtel de guerre", une plongée au cœur de Sarajevo en mars 1994 où il s'est rendu pour Reporters sans frontières pour témoigner en tant qu'écrivain. Il séjourna dans le seul hôtel encore debout, le Holiday Inn, dans lequel l'eau était rare et où les toilettes ne fonctionnaient plus... De l'autre, un focus sur le Kunstenfestivaldesarts, le festival international dédié aux arts du spectacle, et la pièce "Reporters de guerre" avec Françoise Wallemacq et Michel Villée. Vingt-cinq ans après les guerres de Croatie et de Bosnie, que nous reste-t-il, à nous, spectateur·rice·s, de ces guerres ?

« Bagarre dans la Discothèque » à 11h30, avec Nicolas Herman et Sébastien Ministru.

Et dès midi :

L'objet Pop de Nicolas Herman : Goldorak.

La 27ème édition du Kunstenfestivaldesarts a lieu à Bruxelles jusqu'au 28 mai.

Focus sur la pièce "Reporters de guerre" avec la journaliste Françoise Wallemacq et Michel Villée, ancien attaché de presse de MSF Belgique et aujourd'hui marionnettiste, à voir jusqu'au dimanche 15 mai au Théâtre Les Tanneurs à Bruxelles.

Oscillant en permanence entre journalisme et théâtre, la pièce met en scène la journaliste Françoise Wallemacq, ainsi que l'ex-journaliste de guerre bosniaque Vedrana Božinovic, qui a couvert le siège de Sarajevo et qui depuis est devenue comédienne, et Michel Villée, ancien attaché de presse de MSF Belgique aujourd'hui marionnettiste. S'appuyant sur la maîtrise de plusieurs techniques de représentation, les performeur·ses exploitent les ressources du théâtre pour transformer d'anciens reportages radio en objets artistiques. Reporters de guerre est une performance théâtrale saisissante, qui traite du récit, de ses limites mais aussi de sa lutte contre l'indifférence et l'oubli.

L'écrivain belge Jean-Luc Outers pour son roman "Hôtel de guerre" (Gallimard / Collection L'Infini).

"L'air frais s'engouffrait dans la pièce glaciale et, m'approchant de la fenêtre, je sentis le vide béant sous mes pieds. Sarajevo plongée dans l'obscurité s'étendait au loin. Comme l'imposait le couvre-feu, on ne distinguait aucune lumière scintillant au coeur de la ville. J'imaginai le cours lent de la rivière et au-delà les cimes des montagnes enneigées. Hormis le souffle timide de la brise, quelques rares tirs de snipers et d'éphémères boules de feu explosant sur la colline, le silence enveloppait la nuit. Je me sentais au coeur des ténèbres l'hôte minuscule d'une planète inhabitée, astre au milieu des astres dont l'unique mouvement était désormais la rotation dans l'infini de l'univers."
Un écrivain invité par Reporters sans frontières à séjourner à l'hôtel Holiday Inn de Sarajevo durant le siège de la ville en 1994 doit réaliser un court-métrage pour la télévision. Il découvre alors une ville dévastée ainsi qu'une population endeuillée et livrée à elle-même. Vingt-cinq ans plus tard, hanté par le souvenir d'Anna, une anesthésiste romaine venue aider, il retourne dans la ville.

Le "Boing Boum Tchak" de Sébastien Ministru : « Guerre », le premier des inédits de Louis-Ferdinand Céline, paraît chez Gallimard.

Parmi les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline récemment retrouvés figurait une liasse de deux cent cinquante feuillets révélant un roman dont l'action se situe dans les Flandres durant la Grande Guerre. Avec la transcription de ce manuscrit de premier jet, écrit quelque deux ans après la parution de Voyage au bout de la nuit (1932), une pièce capitale de l'oeuvre de l'écrivain est mise au jour. Car Céline, entre récit autobiographique et oeuvre d'imagination, y lève le voile sur l'expérience centrale de son existence : le traumatisme physique et moral du front, dans l'"abattoir international en folie". On y suit la convalescence du brigadier Ferdinand depuis le moment où, gravement blessé, il reprend conscience...