Focus sur l'actrice, chanteuse et réalisatrice françaiseJeanne Moreau, qui a joué dans plus de 130 films (Ascenseurpour l'échafaud, LesAmants, Moderato cantabile, Juleset Jim, Le Journal d'une femme de chambre...) et travaillé avec les plus grands cinéastes (Buñuel, Wenders, Fassbinder, Antonioni, Kazan, Malle, Demy, Duras,Varda...). On en parle avec Virginie Linhart, qui a réalisé le docu "Jeanne Moreau, l'affranchie", diffusé sur Arte.

« Bagarre dans la Discothèque » dès 11h30, avec Sébastien Ministru et Nicolas Herman.

Et dès midi :

"L'objet Pop" de Nicolas Herman : la sucette Chupa Chups.

Virginie Linhart pour son docu "Jeanne Moreau, l'affranchie", à voir ce dimanche 28 mars à 23h05 sur Arte. Le film "Le train" de John Frankenheimer avec JeanneMoreau et Burt Lancaster sera diffusé juste avant, à 20h55.

Disparue en 2017, à l'aube de ses 90 ans, "Mademoiselle Moreau" a placé sa vie et sa carrière sous le signe de la liberté. Flash-back sur lesfilms et les réalisateurs (d'Antonioni à Truffaut en passant par Demy, Bunuel et Welles) qui l'ont révélée au public en même temps qu'à elle-même.

Truffaut en passant par Demy, Bunuel et Welles) qui l'ont révélée au public en même temps qu'à elle-même.

"Dès qu'il y a une nouvelle vague quelque part, on sonne à ma porte", se plaisait à affirmer celle quia fougueusement embrassé l'audace de cinéastes en quête de modernité. Formée à la Comédie-Française, qui encaisse péniblement ses infidélités, l'actrice traverse une décennie de films commerciaux avant de trouver sa place dans le septième art. Quasi novice,son pygmalion se nomme Louis Malle, qui lui crée un rôle de toutes pièces dans son adaptation du roman de Noël Calef, Ascenseur pour l'échafaud (1958). Les déambulations nocturnes de la comédienne, illuminées par les néons de la capitale et bercéespar la trompette de Miles Davis, propulsent alors le cinéma hexagonal dans une nouvelle ère. La même année, les amants, dans un film homonyme infusé de leur passion, dynamiteront les conventions en emplissant le cadre d'une nudité et d'une sensualité jusqu'icirefoulées en contrechamp. Après avoir incarné les bourgeoises à la dérive dans Moderato cantabile (1960) de Peter Brook et La notte (1961) d'Antonioni, l'actrice trouve dans la Nouvelle Vague un écho à son désir de légèreté : Jules et Jim (1962)et son tourbillon d'amour triangulaire, mis en scène par François Truffaut, la consacre égérie moderne en même temps que chanteuse d'immortelles ritournelles. Sublimée par les tenues de Pierre Cardin, couturier homosexuel dont elle partage un temps la vie,l'actrice crève l'écran en noir (Eva de Joseph Losey) comme en blanc (La baie des anges de Jacques Demy), en France comme à l'international (Orson Welles, Luis Buñuel et son Journal d'une femme de chambre).

Le "Boing Boum Tchak" de Sébastien Ministru : "Sexisme Story" : Loana Petrucciani de Paul Sanfourche (Seuil).

Tout le monde connaît Loana, la blonde de Loft Story (2001). On en sait moins sur Loana Petrucciani, battue et humiliée par son père, victime de violences conjugales répétées, outil médiatique aux mains de producteurs opportunistes et sans scrupules. Cette femme-objet a fait les choux gras de toutes les presses - y compris des plus sérieuses - au prix d'une profonde souffrance. En moins de vingt ans, la star éphémère a multiplié les tentatives de come-back et de suicide, sombré dans la dépression, succombé à toutes les addictions. Aujourd'hui, à plus de quarante ans, elle suscite au mieux l'indifférence, au pire la moquerie. Mais que lui vaut ce rejet qui confine parfois à la haine ?
C'est la question à laquelle Paul Sanfourche nous invite à réfléchir, dans une enquête très éloignée des reportages people. Pour comprendre le mépris dont la jeune Niçoise issue des milieux populaires est la cible, le journaliste croise les témoignages (proches, psychologues, médecins et producteurs) et les recherches contemporaines sur le féminisme. Son étude, édifiante,...