Planter, récolter, élever. L’agriculture est un thème récurrent dans le jeu de société. Nos 10 jeux de société préférés.


Agriculture

Pourquoi l’agriculture ?

Si vous avez déjà cultivé quelque chose vous-même, vous connaissez l’immense plaisir de voir les choses pousser à partir de « rien ». Vous apprécierez les guillemets. Herbes, arbres, légumes, fruits, fleurs et animaux. Si vous en prenez bien soin, ils vont grandir et peut-être finir par vous nourrir.

Si vous cultivez votre propre nourriture, vous savez que votre tomate a un goût des centaines de milliers de fois meilleur (même si ce n’est pas forcément vraiment vrai…) que celle que vous achetez au supermarché. Comme pour les figurines, c’est peut-être dû à l’effet IKEA.

Pourquoi les figurines dans les jeux sont rarement peintes. Et pourquoi on kiffe. L’effet Ikea

Maintenant, multipliez cette activité et soudain, vous travaillez dans l’agriculture. Vous vous occupez d’hectares de plantation, de terres fertiles, de forêts luxuriantes et de troupeaux d’animaux. Vous êtes à la fois berger, forestier, mécanicien, maçon, vétérinaire, cuisinier et économiste. C’est toute la promesse, et le défi, que les jeux de société sur le thème de l’agriculture nous proposent.

Bon, c’est vrai qu’avec la sérieuse période de sécheresse que l’Europe est en train de traverser cet été 2022, avec les restrictions aigüe d’eau et d’arrosage, ce n’est pas peut-être pas le meilleur sujet à aborder.

Quoiqu’il en soit, le thème de l’agriculture est un thème très présent dans le jeu de société. Peut-être parce qu’il s’agit de développer, la nature, les plantes, les animaux. Et qui dit « développer », dit « progresser ». Un aspect souverain dans le jeu de société.

Mais avant de parler de notre sélection des meilleurs jeux sur l’agriculture, intéressons-nous d’abord un peu à son histoire.

Le développement de l’agriculture

Le développement de l’agriculture il y a environ 12 000 ans a profondément changé notre manière de vivre. Nous sommes passés d’un mode de vie nomade de chasseurs-cueilleurs à des constructions pérennes et à l’agriculture. C’est ce qu’on appelle la révolution agricole.

Viva la revolución (agricole)

Datée d’il y a environ 12 000 ans, l’agriculture a provoqué un tel changement dans la société que son développement a été surnommé la « Révolution néolithique ».

Les modes de vie traditionnels des chasseurs-cueilleurs ont été balayés au profit de constructions « en dur », permanentes et d’un approvisionnement alimentaire fiable. Grâce à l’agriculture, les villes et les civilisations se sont développées.

Et parce que les cultures et les animaux pouvaient désormais être cultivés et élevés pour répondre à la demande, la population mondiale a explosé. Passant de quelque cinq millions de personnes il y a 10 000 ans à plus de sept milliards aujourd’hui. Et tout bientôt huit, le 15 novembre 2022.

Crédit : Our World in Data

Il n’y a pas eu un seul et unique facteur qui a poussé les gens à se lancer dans l’agriculture dans différentes parties du monde. Au Proche-Orient, par exemple, on pense que les changements climatiques à la fin de la dernière période glaciaire ont entraîné des conditions saisonnières favorables aux plantes annuelles comme les céréales sauvages.

Ailleurs, comme en Asie de l’Est, la pression accrue sur les ressources alimentaires naturelles peut avoir forcé les gens à trouver des solutions locales. Mais quelles que soient les raisons de ses origines indépendantes, l’agriculture a… semé les graines de l’ère moderne.

Une belle plante !

La domestication des plantes a été l’un des facteurs déterminants. Les ancêtres sauvages des cultures, notamment le blé, l’orge et les pois, remontent à la région du Proche-Orient. Les céréales étaient cultivées en Syrie il y a déjà 9 000 ans, tandis que les figues étaient cultivées encore plus tôt. Des fruits préhistoriques sans pépins découverts dans la vallée du Jourdain suggèrent que des figuiers ont été plantés il y a environ 11 300 ans.

Si la transition de la cueillette sauvage a été progressive, le passage d’un mode de vie nomade à un mode de vie sédentaire est marqué par l’apparition de villages du début du Néolithique avec des habitations équipées de meules pour le travail du grain.

Les origines de la culture du riz et du mil remontent à la même période néolithique en Chine. Les plus anciennes rizières connues au monde, découvertes dans l’est de la Chine en 2007, révèlent des preuves d’anciennes techniques de culture telles que la lutte contre les inondations et les incendies.

Au Mexique, la culture de la courge a commencé il y a environ 10 000 ans, mais le maïs a dû attendre que des mutations génétiques naturelles soient sélectionnées chez son ancêtre sauvage, la téosinte. Alors que les plantes ressemblant au maïs dérivées de la téosinte semblent avoir été cultivées il y a au moins 9 000 ans, ce qu’on appelle en général le Zea, le premier épi de maïs directement daté ne date que d’il y a environ 5 500 ans.

Le maïs a ensuite atteint l’Amérique du Nord, où les tournesols cultivés ont également commencé à fleurir il y a environ 5 000 ans. C’est également à cette époque que la culture de la pomme de terre dans la région des Andes en Amérique du Sud a commencé. Des plantes, des aliments ensuite ramenés en Europe par Christophe Colomb et les autres mouvements d’exploration et de colonisation.

Un animaux, des animals dans l’agriculture

Les bovins, les chèvres, les moutons et les porcs ont tous pour origine des animaux d’élevage dans le soi-disant Croissant fertile, une région couvrant l’est de la Turquie, l’Irak et le sud-ouest de l’Iran. Cette région a donné le coup d’envoi de la révolution néolithique. Les dates de domestication de ces animaux vont de 13 000 à 10 000 ans.

Des études génétiques montrent que les chèvres et autres animaux d’élevage ont accompagné le développement et la diffusion de l’agriculture vers l’ouest en Europe, contribuant à révolutionner la société de l’âge de pierre.

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Alors que la mesure dans laquelle les agriculteurs eux-mêmes ont migré vers l’ouest reste un sujet de débat, l’impact important de l’élevage laitier sur les Européens est clairement inscrit dans leur ADN. Avant l’arrivée du bétail domestique en Europe, les populations préhistoriques ne pouvaient pas digérer le lait de vache cru.

Mais à un moment donné de la diffusion de l’agriculture dans le sud-est de l’Europe, une mutation s’est produite pour la tolérance au lactose. Qui a augmenté en fréquence par sélection naturelle grâce aux bienfaits nourrissants du lait.

À en juger par la prévalence du gène de la consommation de lait chez les Européens aujourd’hui – jusqu’à 90 % dans les populations des pays du Nord comme la Suède – la grande majorité descend d’éleveurs de vaches.

Vive la fondue !

Notre sélection des meilleurs jeux de société sur l’agriculture

L’agriculture est un terme large. D’une ferme de tracteurs moderne aux chasseurs-cueilleurs, il y en a pour tous les goûts dans cette liste.

Le plus connu

Agricola

Commençons sur les chapeaux de roue, avec certainement le jeu de société culte et classique qui met l’agriculture en exergue. Dans Agricola, il est question de développer son exploitation agricole au 17e siècle : céréales, plantations, améliorations techniques et architecturales et, bien sûr, élevage. De moutons, de cochons, de vaches. Agricola est un jeu de placement d’ouvriers de fermiers, riche, intense, passionnant.

Agricola est un classique parmi les jeux de société agricoles. Plutôt que de construire une ferme commerciales, Agricola vous demande de cultiver vos sols et de prendre soin de votre ferme familiale. Vous commencez avec deux membres de famille qui seront envoyés dans diverses cases d’action au cours de 14 tours.

Chaque case d’action ne peut accueillir qu’un seul membre de la famille, mais le nombre d’espaces disponibles augmente à chaque tour. En plus de développer votre ferme, vous devez également vous assurer que vous terminez chaque récolte avec suffisamment de nourriture pour nourrir votre famille. Ou c’est la cata, et ils seront obligés de… mendier. Ce qui vous fera perdre des points de victoire en fin de partie.

Agricola est, sans conteste, l’un des meilleurs jeux de société d’agriculture.

À noter que :

👉 Il existe une version familiale, plus accessible, excellente aussi

👉 Il existe une version à deux uniquement

👉 Il existe une version à l’époque des cavernes, encore plus ample

👉 Le jeu est sorti il y a 15 exactement. Une toute nouvelle version est annoncée pour dans quelques semaines

45 euros chez Philibert 45 euros chez Play-in


Le plus viticole

Viticulture

Viticulture vous place à la tête d’un petit vignoble en Toscane. Et comme dans Agricola, vous allez placer vos ouvriers pour construire vos vignobles, inviter des visiteurs et compléter des commandes de vin.

Pour faire du vin, vous devrez planter des vignes de raisins, les récolter dans votre tapis de broyage, puis les transformer en vin dans votre cave. Plantez vos champs avec soin pour répondre aux commandes de vin le plus rapidement possible. Vous devrez également faire quelques manœuvres pour amener vos travailleurs là où vous le souhaitez.

Et comme dans la vraie vie, les visites de votre exploitation jouent (c’est le cas de le dire) une part importante du jeu. Vous pouvez même gagner la partie rien qu’en vous la jouant (encore ?) guide de visite sans produire de vin. Rien que pour la frime.

La nature et les saisons jouent un rôle prépondérant dans la vigne et le jeu. Chaque saison affecte la vigne d’une manière différente. Les ouvriers ont donc différentes tâches à accomplir en été et en hiver.

Entre travail dans la vigne et visites, vous pourrez agrandir votre propriété en construisant de nouvelles structures, en plantant de la vigne et en honorant des commandes de vin. Tout ça pour devenir le ou la vigneronne la plus connue de Toscane !

Quand le jeu de plateau Viticulture, édité par Stonemaier Games (Scythe, Libertalia) et créé par Jamey Stegmaier et Alan Stone, est sorti en VO en 2013 et Matagot pour la VF, il a connu un certain succès. Il a même été suivi par quatre extensions :

  • Expand the World of Viticulture (2014)
  • Extension Toscane (2014)
  • Les Saisonniers de la Lande (2016)
  • Les Saisonniers de la Vallée du Rhin (2018)

Un excellent jeu en lien avec l’agriculture. La viticulture, plus précisément. À déguster avec un bon rosé (je vous ai déjà dit que je n’y connaissais rien en vin ?)

👉 À noter que le jeu existe également en version numérique

54 euros chez Philibert 57 euros chez Play-in


Le plus intense

Hallertau

Dans Hallertau, gérez votre explication agricole et produisez du houblon pour de la bière. Un Agricola puissance mille. Au moins.

Le pitch : « 1850, Allemagne. La région du Hallertau s’enorgueillit d’être la région la plus hospitalière à la culture du houblon en Europe centrale. Cette période charnière va faire de la province ce qu’elle est aujourd’hui. Tel est le contexte dans lequel vous agissez, vous, dirigeant d’un petit village de la région. Soyez attentif aux demandes de vos artisans pour faire fructifier votre bourg ! ». Et qui dit houblon, dit bière, bien sûr. La région est connue pour cela.

Créé par l’auteur d’Agricola, on y retrouve ses mêmes dadas : agriculture, exploitation à développer, ressources, placement d’ouvriers. Sur le thème de la bière, cette fois-ci.

Dans le jeu, on a envie de tout faire, mais on n’y arrive jamais. Mais on a envie d’essayer, et surtout, on veut mieux faire lors de sa, de ses prochaines parties. En fait c’est vite vu, si vous ne deviez acheter un seul gros jeu en 2021, c’est celui-ci. Il se suffit à lui-même, pour de multiples parties passionnantes et captivantes.

Et réel avantage, le jeu propose une palette de cartes différentes pour varier les plaisirs, varier les parties. Si les mécaniques restent les mêmes, les cartes deviennent la « cerise sur le gâteau », le petit plus qui vient rajouter un petit bonus par-ci, un revenu par-là.

Enfin, à noter que Hallertau se joue vraiment bien à toutes les configurations, en solo ou à 4, puisque hormis la phase de placement, toutes les autres phases peuvent être jouées en simultané.

Punitif, check, classique, check. Mais après sa première partie à découvrir toutes les mécaniques et savoir comment éviter les erreurs qui pourraient nous ralentir, le jeu prend son véritable envol lors des prochaines parties. Hallertau est sans conteste l’un des meilleurs jeux de l’auteur, avec Agricola, Le Havre et Bohnanza dont nous vous parlerons juste en-dessous.

Si vous aimez les jeux de stratégie, profonds, addictifs, Hallertau sera votre kiff !

65 euros chez Philibert 63 euros chez Play-in


Le plus compact

Bohnanza

Sorti il y a exactement 25 ans cette année, Bohnanza est l’un des tous premiers jeux de l’auteur d’Agricola et Hallertau. On y retrouve son amour pour… l’agriculture.

Dans Bohnanza, vous plantez, puis récoltez des cartes de haricots afin de gagner des sous. Vous commencez avec une main de cartes de haricots aléatoires, et chaque carte porte un numéro correspondant au nombre de ce type de haricots dans le jeu.

Mais.

Contrairement à la plupart des autres jeux de cartes, vous ne pouvez pas réorganiser l’ordre des cartes en main. Et là, c’est le drame. Vous devez donc les utiliser dans l’ordre dans lequel vous les avez récupérées du jeu, à moins que vous ne puissiez les échanger avec d’autres joueurs, ce qui est le cas. cœur du jeu.

Lors d’un tour, vous devez planter la ou les premières cartes de votre main dans les « champs » devant vous. Chaque champ ne peut contenir qu’un seul type de haricot. Si vous devez planter un type de haricot qui n’est pas dans l’un de vos champs, vous devez alors récolter un champ pour faire de la place pour le nouvel arrivant. Pas glop.

Le but étant de planter le plus de haricots de la même famille sur le même champ pour engranger le plus de sous.

Puis, on passe à la phase de marché, de négociation. Vous révélez deux cartes de la pioche, et vous pouvez ensuite échanger ces cartes ainsi que n’importe quelle carte dans votre main contre des cartes d’autres personnes. Vous pouvez même faire des promesses futures pour les cartes reçues en ce moment. Ça va négocier et magouiller sec !

Bohnanza est l’un de meilleurs jeux en lien avec l’agriculture. Mais également l’un des meilleurs jeux de société de négociation.

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Tout petit, pas très cher, et pourtant extrêmement efficace et addictif. Comme quoi, non, ce n’est pas la taille qui compte ! L’un des jeux de société auquel j’ai le plus joué dans ma vie.

👉 À noter que pour fêter les 25 ans du jeu, une toute nouvelle édition est attendue pour dans 1d4 mois, avec un nouveau type de haricot pour enrichir le jeu.

15 euros chez Philibert 15 euros chez Play-in


Le plus dynamique

Dice Farm

Dice Farm est un peu un Agricola-light. Et avec des dés. En plus court et en plus dynamique. Bref, pas un Agricola du tout.

Comme le titre l’indique, dans Dice Farm, construisez, gérez votre ferme et vendez vos produits issus de l’agriculture (biologique, c’est précisé!) dans votre marché fermier. Produisez du lait, du miel, de la laine, des œufs, et vendez ensuite le tout au marché.

Votre but ? Devenir le ou la plus riche, bien sûr. Les jeux de société ne sont pas connus pour proposer des modèles anticapitalistes…

Malgré une couverture un peu cucul, malgré des couleurs et des illustrations qui confèrent au jeu une esthétique très années 2000, derrière Dice Farm se trouve l’un des auteurs allemands les plus présents du milieu avec plus de 80 jeux : Rüdiger Dorn. L’auteur a déjà raflé plusieurs prix pour ses jeux, dont Istanbul en 2014 et plusieurs nominations, dont l’excellent Luxor sorti en 2018. Et ici dans Dice Farm on sent une grande maîtrise dans le game design. Des règles simples, évidentes, logiques, fluides, accessibles. Et pourtant riches et passionnantes.

Au début du tour, on ne fait que lancer trois dés, et c’est tout. Le ou la joueuse active en choisit une, ce qui lui permet d’obtenir alors une carte présente sur le marché correspondant à la valeur du dé. Cette carte vient remplacer l’un des emplacements de son plateau personnel. Et c’est tout. Et les deux autres dés ? Tout le monde à la table en profite.

On additionne leurs deux valeurs, et à la Colons de Catan, la somme active l’un de ses emplacements sur son plateau : pour faire simple et générique, soit on prend des ressources, soit on les vend. Avec 2-3 mécanismes astucieux qui viennent épicer la partie, dont les… tournesols que l’on peut placer sur des emplacements pour augmenter la puissance de l’action, avec un petit côté win-to-win / engine-building mais léger et subtil.

Dans Dice Farm, les dés activent le jeu. On a presque affaire à un draft déguisé astucieux : ce que je prends, je ne le laisse pas aux autres, et vice versa. Mais je profite aussi de ce que je ne prends pas.

Si le hasard est omniprésent, on peut toujours s’affranchir d’une ressource annexe pour modifier leur valeur. On n’est jamais bloqué. On peut toujours activer l’un ou l’autre de ses emplacements. Dice Farm propose un jeu dynamique, évolutif, avec un petit côté deck-board-building avec un plateau personnel que l’on fait évoluer tout au long de la partie.

En bref, Dice Farm est un jeu accessible, et derrière une couv cucul se cache un jeu beaucoup plus riche et subtil qu’il n’y paraît. Le moine, l’habit, tout ça.

32 euros chez Philibert 32 euros chez Play-in


Le plus malin

Ceylan

Récolter, produire et vendre du thé au Sri Lanka, ça vous dit ?

Dans Ceylan, tout le jeu repose sur l’utilisation des cartes. Une utilisation subtile, suave, savoureuse. On en a toujours trois en main. À son tour, on doit en jouer une, et on choisit dans quel sens l’orienter. Sachant que chaque carte présente deux actions principales, une en-haut, l’autre en bas. Selon l’orientation de la carte, on va pouvoir utiliser l’action principale correspondante.

Comme le grand classique Puerto Rico dont nous vous parlons plus bas, ou encore le tout récent et passionnant Boonlake, en jouant une carte, on permet aussitôt aux autres de l’utiliser également en même temps hors de leur tour.

Encore une fois, selon l’orientation de la carte, le ou la joueuse active l’action choisie, et les autres… l’autre.

Tout au long de la partie, il faudra donc bien faire attention à l’action qu’on « offre » aux autres pour ne pas (trop) les aider dans leur développement. Oui, comme dans Puerto Rico, donc. Voir plus bas.

Malgré des mécaniques ultra-galvaudées qu’on aperçoit aujourd’hui ici et là dans de nombreuses productions ludiques : ressources, contrats, majorités, la mécanique-cœur à base de cartes offre au jeu une expérience ludique intense et mémorable.

Des parties courtes, serrées, tendues, qui donnent envie de rejouer. Avec un thème original sur l’agriculture du thé au Sri Lanka.

Un jeu qui pousse les joueurs et joueuses à devoir se poser de croustillantes, cruelles et cruciales questions stratégiques : parmi ses trois, quelle carte jouer ? Et dans quel sens pour effectuer quelle action en laissant laquelle aux autres ? Et quel thé cultiver pour honorer quel contrat pour obtenir argent ou points de victoire ? Intense.

Ceylan, comme un gros gloubi-boulga de mécaniques surannées mais servies avec une sauce subtile et savoureuse. À ne pas rater, donc.

40 euros chez Philibert 40 euros chez Play-in


Le plus classique

Catan

Faut-il encore le présenter ? Catan, ou Les Colons de Catan, est le jeu qui lancé l’ère du jeu de société moderne. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires depuis sa création en 1995, Catan a littéralement bouleversé le marché du jeu à sa sortie. Des parties courtes, des règles (plus ou moins) courtes aussi, beaucoup d’interaction, et un jeu fluide et dynamique.

Catan : avec le confinement, les ventes du jeu explosent !

Dans Catan, vous vous installez sur une île, vous aménagez routes, villages et villes, vous pratiquez de l’agriculture pour obtenir de précieuses ressources pour vous développer.

Et comme les ressources sont distribuées de manière inégale, vous allez devoir échanger, négocier ces ressources avec les autres personnes à la table pour parvenir à vous développer. Comme dans la vraie vie, somme toute. Qui veut du mouton ? J’ai besoin d’argile, etc. Un très, très, très grand classique. Qui a inspiré les Cônes de Dunshire.

36 euros chez Philibert 36 euros chez Play-in


Le plus pour enfants

Le Verger

Le Verger, et sa version pour plus petit encore, Mon Premier Verger, est le tout, tout premier jeu de société auquel nous avons joué avec notre fils quand il avait 2 1/2 ans. Vous lancez un dé.

  • Si vous tombez sur une face couleur, vous prenez le fruit correspondant à la couleur, et le mettez dans votre panier.
  • Si vous tombez sur « panier », vous prenez deux fruits de votre choix.
  • Si vous tombez sur « corbeau », vous placez une des pièces de puzzle corbeau sur le plateau de jeu.

Coopératif au matos tout meugnon, il permet à l’enfant de faire l’apprentissage du lancer de dés et de la prise de risque. Observation, reconnaissance, anticipation, prise de risque, coopération.

Le Verger est sans aucun doute le jeu de société le plus classique pour jeunes enfants. Depuis sa sortie en 1986 (!), il a depuis été décliné en de multiples versions : cartes, junior, mini, etc.

Le but : réussir à sécuriser des fruits dans un panier avant qu’un corbeau viennent tous les picorer. On voit le corbeau peu à peu avancer selon la face du dé tiré.

C’est tout bête, et pourtant le jeu passe très bien pour initier les enfants en bas âge aux jeux de société. Et si vous cherchez d’autres propositions par âge, on a peut-être ce qu’il vous faut ici :

🔎 Notre sélection des meilleurs jeux de société actuels pour enfants
39 euros chez Philibert 32 euros chez Play-in


Le plus stratégique

Puerto Rico

Nous en parlions plus haut avec Ceylan. Sorti il y a 20 ans exactement en 2002, ce jeu de gestion de ressources a introduit une nouvelle mécanique de choix d’action qui fait bénéficier tout le monde à la table, avec un privilège pour la personne qui l’a choisie. Très malin.

Puerto Rico est sans conteste l’un des meilleurs jeux de stratégie, mais également l’un des meilleurs jeux d’agriculture. Cultivez, produisez et exportez du maïs, du tabac, de la canne à sucre. Et construisez les meilleurs bâtiments pour améliorer le tout.

Et voir son île se développer, avec bâtiments et exploitations, est une pure merveille. Un très grand classique des jeux de société modernes, qui n’a pas pris une ride !

Pour fêter les vingt ans du jeu, une toute nouvelle version est annoncée pour dans quelques jours, en septembre. Elle s’intitule Puerto Rico 1897.

Puerto Rico 1897 a lieu l’année après que Porto Rico a atteint l’autonomie politique et s’est séparé du gouvernement espagnol colonial. Dans le jeu, vous assumez cette fois le rôle d’un agriculteur portoricain indépendant. Alors que dans le jeu d’origine, vous incarniez un colon. Cette nouvelle version, post-coloniale, se veut plus… politiquement correcte. Plus… woke ?

Les jeux de société ont un problème de colonialisme

Vous pouvez déjà précommander la version française de cette nouvelle version, qui reprend les mêmes mécanismes que le jeu de base, mais dans un autre contexte historique.

40 euros chez Philibert 40 euros chez Play-in


Le plus épique

Tzolk’in

Tzolk’in : Le Calendrier Maya est paru pour la toute première fois il y a dix ans en octobre 2012, publié par Czech Games Edition (Codenames, Galaxy Trucker) et Iello pour la VF, et créé par Simone Luciani et Daniele Tascini, deux auteurs italiens plutôt réputés sur le marché du jeu de société pour leurs gros jeux.

Dans Tzolk’in : Le Calendrier Maya, on incarne des Mayas. On récolte des ressources, on construit des bâtiments, et évidemment, puisqu’on est des Mayas, on sacrifie à tire-larigot dans la joie et la bonne humeur.

Et oui, Tzolk’in : Le Calendrier Maya parle d’agriculture. Et de maïs, surtout, comme vu plus haut, une plante qui a joué (c’est le cas de le dire) un rôle prépondérant pour les civilisations précolombiennes.

Tzolk’in : Le Calendrier Maya est un jeu de placement d’ouvriers, tout « simplement ».

À son tour, on a deux possibilités, soit on place un ou plusieurs de ses ouvriers sur une ou plusieurs roues, en payant un certain coût qui deviendra de plus en plus élevé selon le nombre de ses ouvriers. Soit on en récupère certains ou tous dans n’importe quel ordre. Cce qui confère ainsi ressources et/ou actions. Les ressources permettront de payer ou d’acheter des cartes.

Car tout l’épice du jeu réside dans ce mécanisme de roues crantées qui avancent d’un cran à la fin de chaque tour et qui donnent des avantages de plus en plus intéressants. Plus un de ses ouvriers reste en place et plus il ramènera de ressources ou de bonus.

Sachant également que si un ouvrier arrive en « fin de roue », il est alors aussitôt sorti. Il faudra donc planifier toutes ses actions, faire preuve de grande stratégie pour remporter des points.

Si la mécanique principale est la pose d’ouvriers, le jeu fourmille de bonus et de mini-systèmes divers qui rendent le jeu riche et complexe. Encore une fois, Tzolk’in : Le Calendrier Maya est d’une richesse impressionnante.

Un très gros jeu, passionnant, dynamique et intense. Une réédition est sortie par ailleurs en 2020. À noter, enfin, que ce jeu a reçu, entre autres, le Swiss Gamers Award, le prix du meilleur jeu de plateau en Suisse.

50 euros chez Philibert


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Article écrit par Gus. Rédacteur-en-chef de Gus&Co. Travaille dans le monde du jeu depuis 1989 comme auteur et journaliste. Et comme joueur, surtout. Est également pilote de chasse pour l’armée américaine, top-modèle, bio-généticien spécialiste en résurrection de dinosaures, champion du monde de boxe thaï et de pâtisserie végane, dompteur de tricératops, inventeur de l’iPhone et mythomane.


Et vous, quels jeux en lien avec l’agriculture préférez-vous ? Racontez-nous ça on se réjouit de découvrir vos recommandations.

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