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« Le change de devises en ligne au meilleur taux »

 

N comme « Nippon, ni mauvais »

nipponIl est des marchés qui sont détestés. Lorsque j’étais un jeune trader tout fringuant, avec du lait derrière les oreilles… bon, d’accord, du vin derrière les oreilles, il y avait un marché qui était extrêmement populaire et très « tendance », c’était le Japon. En ce temps-là, alors que l’électricité venait d’être inventée, les investisseurs aimaient beaucoup le Japon parce que c’était eux les « technos guys » de la planète, c’était les geeks les plus populaires du monde, parce qu’ils avaient inventé Pac-Man, le walkman et que, dans un accès de folie, ils inventèrent la PlayStation, histoire d’occuper les ados et les hommes adultes jusqu’à 50 ans en moyenne.

Et puis la récession est arrivée et la technologie a déménagé pour aller planter leurs cerveaux dans la pampa de Silicon Valley. Bill Gates, Steve Jobs et les autres sont arrivés et, du jour au lendemain, on ne jouait plus à Pac-Man, mais nous étions passés à FIFA avec des vrais ballons qui n’étaient plus carrés et c’était distribué par Electronic Arts, qui sont tout, sauf japonais.

Ce résumé est peut-être réducteur, simpliste, mais cela permet de comprendre pourquoi le marché japonais a été cryogénisé pendant des années.

Et puis là, tout d’un coup, mine de rien, le Nikkei a repris 12’000 points depuis les plus bas, 12’000 points ça ne veut rien dire si l’on ne compare pas, mais sachez qu’en 2012, le Nikkei valait 8’000 points et nous frôlons actuellement les 20’000. Il faut reconnaître que tout cela représente un joli bout de chemin. Et tout cela alors que tout le monde s’en fout magistralement et que lorsque vous parlez d’actions japonaises à un client, sa réaction est en général de s’enquérir sur la situation géographique des toilettes, histoire d’aller vomir.

Maintenant, mine de rien, la politique de Monsieur Abe semble gentiment donner quelques résultats (insuffisants pour le commun des mortels), mais qui donnent tout de même envie à certaines personnes que l’on qualifiera de « smartmoney » de s’y intéresser à nouveau.

2016 pourrait donc bien être l’année du Japon, un mot commence à revenir sans arrêt ; la reflation, (ensemble de mesures de politique économique, qui s’effectue par des dépenses publiques supplémentaires et de réduction de certains impôts) – bref, le Japon ce n’est peut-être plus aussi « mort » que l’on a tendance à le croire depuis 20 ans.

O comme « On vous l’avait dit, mais c’est pas arrivé »

on vous l'avait ditAu début de l’année, il y avait UN coup sûr, c’était « long Europe ». La totalité de la planète finance était convaincue que les marchés du vieux continent allaient cartonner comme jamais. C’était plus qu’évident, puisqu’entre Draghi qui nous répétait son « whatever it takes » à tout bout de champ, son QE magique de 65 milliards par mois qui était censé changer la face, si ce n’est du monde, en tous les cas de l’Europe, il n’y avait pas besoin d’avoir fait « math sup » pour comprendre que des flots d’argents allaient se déverser sur l’Europe et donc, les actions ne pouvaient que monter.

Sauf que, comme d’habitude en finance, quand c’est évident, c’est évidemment faux. Et qu’encore une fois, cela s’est confirmé. Alors oui, ceux qui ont acheté le 1er janvier du Dax et qui l’ont encore aujourd’hui, peuvent s’enorgueillir d’avoir fait une belle performance de 10%, mais non sans être passé plusieurs fois par la case « cette fois tout est foutu, on va tous mourir, les femmes et les enfants après mon portefeuille !!! ». L’année aura été loin d’être aussi simple que l’on nous l’avait promis. Aujourd’hui, avec le recul, on peut faire les malins, mais ça aura été chaud.

L’or était censé également monter à des sommets à nouveau, sauf que c’est devenu un gros veau qui n’intéresse plus personne. La Grèce devait faire défaut et quitter l’Europe, sauf qu’elle est toujours là, bien que l’on ne soit de loin pas convaincu que la possibilité d’un défaut ou d’une sortie de l’Europe soit définitivement exclue. Le chômage en France devait baisser et là encore, moi Président s’est vautré dans la boue. On nous avait également promis qu’au moins une fois dans l’année, François Hollande ferait un discours sans se faire doucher sous la pluie – la seule fois qu’il a réussi, c’était à l’intérieur de l’Élysée, bel exploit. Apple devait atteindre le trillion de capitalisation boursière, ce n’est pas encore pour cette année. Les commodities devaient arrêter de baisser, là encore, pas encore gagné. Le dollar devait aller à parité avec l’Euro et l’Euro/Suisse devait rester à 1.20, parce que la BNS n’allait pas changer sa politique, juré, craché sur la tête des Conseillers Fédéraux.

Bon, tout ça n’est pas arrivé et je peux vous en ressortir une tartine pour 2016 qui n’arrivera pas non plus. On va donc essayer de se la jouer Carpe Diem pendant 12 mois.

P comme « le pétrole c’était mieux avant »

pétroleLe pétrole, c’est LE sujet tendance de l’année, le truc dont on parle sans arrêt, le truc sur lequel tout le monde a un avis, même bidon. Depuis 18 mois, sur le baril nous sommes passés de « c’est sûr, le juste prix, c’est 100$ » à « c’est sûr, le juste prix c’est 20$ ». Il est donc probable que le juste prix soit quelque part entre 20 et 200$.

Ce que l’on peut constater, c’est que ça n’arrange personne de voir le baril se faire défoncer jour après jour et pourtant personne ne fait rien :

Dans le Dakota du Nord, on était devenu riche grâce au « shale oil », aujourd’hui, avec un coût d’extraction supérieur à 70$, il ne reste plus qu’à espérer le retour de la chasse aux bisons pour faire du pognon et enrayer le chômage.

En Russie, ça les arrange moyennement également, vu qu’en ce qui les concerne, le coût est moins élevé mais reste trop élevé par rapport à là où nous sommes.

En ce qui concerne les pays producteurs de pétrole comme l’Arabie Saoudite et consort, ils ont encore un peu de marge, mais ça devient difficilement gérable et les membres sont tous prêts à couper la production, pour autant que ce soit LES AUTRES qui la coupe… (la production).

Pour faire simple, avant le pétrole c’était « long or wrong » et aujourd’hui c’est comme les taux, plus négatif, tu meurs…

Le target consensuel pour le pétrole est donc de 20$.. Nous n’y irons donc pas.

Q comme « Quand on vous dit que les Bull Markets meurent dans l’euphorie et que l’euphorie on n’y est pas »

euphoriaEn février 2016, notre ami le Bull Market fêtera son septième anniversaire. Et ça fait au moins trois ans que l’on nous dit que ça ne peut pas durer… Et pourtant ça continue encore et encore. Bon, d’accord aux USA cette année ça aurait pu être un peu plus euphorique que « trois fois rien et des cacahuètes », mais globalement, on n’a pas baissé et l’on reste collé sous le plafond.

Sans vouloir vous faire un cours d’analyse technique, le S&P500 est juste sous la résistance des plus hauts historique et refuse de rendre les armes. Il refuse de monter aussi, c’est vrai, mais depuis le temps que l’on nous annonce la fin du Bull Market et l’arrivée du fameux krach boursier de fin de cycle, on peut se demander si ce n’est pas un signe de continuité et de pérennité de ce marché haussier qui nous accompagne depuis 7 ans.

Dans ce genre de moment de profonde introspection du monde merveilleux de la finance qui se demande si tout cela n’est pas bientôt fini, j’aime me référer aux vieux adages de vieux boursiers à l’époque où on faisait vraiment de la bourse et pas du trading à haute fréquence… Il suffit donc de revenir déjà sur Sir Templeton qui disait «Les marchés haussiers naissent dans le pessimisme, grandissent dans le scepticisme, s’épanouissent dans l’optimisme, et périssent dans l’euphorie. »

Si l’on démarre de ce précepte, on peut se dire que pour que ça se termine, on devrait déjà y être (dans l’euphorie) et aujourd’hui, quand je regarde autour de moi, on en est loin…

Je vais donc faire une analyse à deux balles, mais le jour la Tribune de Genève ou le Matin se met à lancer une rubrique « comment investir en bourse et gagner facilement de l’argent », ça, ça sera de l’euphorie… En attendant, voici mon pronostic : nous irons d’abord plus haut.. Avant d’aller plus bas.. Stay long…

R comme « le retour des Junk Bonds et le démontage des High Yields»

high yieldsDepuis à peu près dix-huit mois, j’entends dire un peu partout : « le jour où tout le monde voudra sortir des High Yields, il n’y aura jamais la place pour que tout le monde puisse sortir par la même porte en même temps ». Dix-huit mois qu’on en parle et ça a fini par arriver. La bonne nouvelle, c’est que l’on ne pourra pas dire que l’on n’avait pas été prévenu.

2015 aura été un année compliquée pour l’obligataire, des taux proche de zéro ne poussent pas les gens à « prêter » de l’argent gratuitement ou presque, en revanche si vous cherchez de l’argent à emprunter, ça peut être le bon moment, mais du coup les cartes se sont redistribuées et cela a mené à une fin d’année extrêmement difficile pour toute la partie que l’on qualifiera de « haut rendement » du secteur obligataire.

Ça aura commencé par les Junk Bonds qui sont partis en vrille – les obligations pourries se sont rappelées à notre bon souvenir en dévissant ces dernières semaines alors que personne n’en parlait. Et puis les historiens de la bourse sont venus nous rappeler que lorsque le secteur des Junk Bonds part en sucette, c’est en général les prémices de quelques chose de beaucoup plus gros en terme de correction boursière. Il est vrai que si l’on ne regarde que cela, l’ordre naturel des choses, c’est : les Junk Bonds qui se cassent la gueule et dans les 6 à 12 mois, c’est le marché des actions qui se fait défoncer. Ça tombe bien, depuis le temps qu’on nous prédit un krach, les étoiles sont en en train de s’aligner.

Après la déconfiture des Junk Bonds, le High Yields a donc définitivement cédé également. Les coupables sont divers et variés, mais on peut définir deux grandes catégories :

1) les fonds qui ferment et qui liquident leur positions alors qu’il n’y PAS de liquidité en ce moment
2) les emprunteurs en High Yields sont souvent des pétrolières qui sont (actuellement) au plus mal à cause que le pétrole, il se fait démonter (au cas où vous n’étiez pas au courant).

Bref, il y avait encore un petit coin du marché obligataire qui rapportait du rendement, mais même là, c’est devenu le Titanic, sauf que sur le Titanic, il y avait au moins de la musique…

Cet article 2015 de N jusqu’à Z (suite et fin) est apparu en premier sur Investir.