L’Audio du 30 avril 2019

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Non, je dis ça comme ça, parce que lorsque l’on regarde la photo finish de la journée d’hier, spontanément, on se dit que la majorité des intervenants à dû confondre ce lundi avec le lundi de Pâques.

Je confirme donc officiellement, que le lundi de Pâques c’était la semaine d’avant et qu’hier vous étiez censés venir au bureau. Je sais bien qu’une grosse quantité d’entre vous revenaient de très loin et qu’il y avait décalage horaire, mais ça n’excuse pas tout.

Journée d’échauffement

Si l’on ne doit retenir qu’une chose de la séance d’hier c’est que la Suisse termine au plus haut encore une fois, tout comme le S&P et le Nasdaq. Mais à la vitesse où l’on monte, je comprends que la majorité d’entre nous ait l’impression que l’on ne peut plus aller en avant et que ce n’est que le signal EVIDENT que la correction massive et prévue par TOUT LE MONDE est à nos portes.

Il semblerait que la communauté financière ait principalement dédié sa séance d’hier à la méditation, comme si l’on se préparait à une plongée en apnée. Peut-être que l’on s’entraîne simplement à retenir notre souffle jusqu’au discours de Powell de mercredi soir ou jusqu’aux chiffre de l’emploi de vendredi pour les plus entraînés.

Hésitant à prendre des risques sans savoir

En lisant la presse de ce matin, il semblerait que nous retenons bien notre souffle en attendant Powell. Même pas en attendant Google ou Apple, NON ! Juste Powell. Les publications des derniers deux FAANG’s semble n’intéresser que moyennement le monde merveilleux de la finance.

Par contre, on dirait que Powell détient notre destin entre nos mains. Ce qui n’est d’ailleurs pas complètement faux, puisque sans lui nous serions en train de creuser le sable avec nos mains pour trouver des vers de terre à manger, puisque le krach boursier qu’il a interrompu en décembre nous aurait bien évidemment emmené sous terre.

Assis sur un banc

Nous voici donc assis sur nos chaises à 1’500 frs avec le cintre intégré pour accrocher la veste du costume, à attendre que Powell vienne nous dire qu’il ne fera rien. Qu’il ne montera plus jamais les taux, mais qu’il ne les baissera pas non plus. Et puis on regardera quelles sont ses visions de l’économie par rapport aux chiffres que lui possède et que nous ne possédons pas. Pauvres mortels que nous sommes.

Une fois que nous aurons patiemment attendu Powell pour ne rien savoir de plus (normalement), nous pourrons attendre les chiffres de l’emploi vendredi et un éventuel « tweet » de quelqu’un pour avoir des nouvelles des négociations sur le Trade Deal. Bien que l’on sache déjà tout et que le Trade Deal soit «déjà nettement dans les prix » selon les experts.

Bref, le marché a fait de nouveau records

Le marché a donc accroché de nouveaux records au revers de sa veste, mais dans une ambiance qui rappelle plus celle d’un thé dansant réservé aux gens de plus de 114 ans. Les volumes sont misérables, la volatilité est aux soins intensifs et les médecins pensent carrément à la débrancher et nous sommes tous toujours autant convaincus que le marché va finir par se péter la gueule, parce que, je cite : « ça ne peut pas plus durer ».

Et encore, on est tellement occupé à attendre que l’on n’a pas encore pensé à revenir sur le fameux « Sell in May and GO AWAY » !!! Oui, parce qu’au cas où vous l’auriez omis, mai c’est demain. Il est donc temps de jouer à se faire peur.

Juste pour être clair

L’adage « Sell in May and Go Away » part du principe – et c’est prouvé – que si, par le passé vous auriez acheté des actions début novembre et tout vendu début mai, restant éloigné des marchés pendant les six mois suivants et ainsi de suite, vous auriez nettement, mais alors nettement mieux performé.

Maintenant, ce principe aurait fonctionné pour autant que vous ayez appliqué ce principe TOUS LES ANS depuis 1950 jusqu’en 2013. Oui, parce que depuis 2013, la machine est cassée, ça ne fonctionne plus. Admettons que l’on veuille utiliser ce principe en 2019, après tout pourquoi pas, mais dans un marché qui a une vision à 12 minutes, se baser sur quelque chose qui vient d’il y a presque septante ans, j’aurais tendance à rigoler tout seul dans mon coin. Mais bon, pourquoi pas.

C’est l’heure du petit déjeuner

L’Asie est en « chute libre » ce matin. Enfin, je dis en « chute libre » parce que ça fait toujours bien de mettre des mots qui frappent pour vendre ma chronique – j’ai appris dans les médias – mais l’Australie est en baisse de 0.6%, Hong Kong de 0.5% et le Japon est fermé. Tout ça à cause des chiffres du PMI qui ont été publiés en Chine ce matin et qui ne sont pas bons.

Enfin, ils sont en-dessous des attentes des experts. Et comme finalement, c’est ça qui compte, autant dire qu’ils ne sont pas bons. Mais pour ceux qui préfèrent voir le verre à moitié plein, on notera que les deux chiffres sont AU-DESSUS des 50, donc en expansion et pas en contraction, du coup, la Chine monte pendant que le reste baisse à cause de la Chine, justement.

Or & Co

Le pétrole remonte un poil repasse au-dessus des 63$, pendant que l’or est volatile (selon les commentaires repérés sur le net), donc l’or est volatile ayant bougé de 7$ hier et ayant refusé de franchir la barrière des 1290$.

Google

Côté chiffres de la veille, Google a publié son trimestre hier soir. Pour faire simple, tout est un peu plus faible un peu partout et les profits sont impactés par les amendes d’un peu partout aussi, mais pas que, puisque la compagnie a également été touchée par les effets de change.

Durant la conférence de presse, ils n’ont pas du tout montré la moindre intention de changer quoi que ce soit aux effets de change et ont laissé entendre qu’ils continueraient à dépenser comme d’habitude. Globalement, on n’a pas trop aimé le bilan de ce trimestre, ni l’attitude pour le trimestre prochain. Le titre s’est pris 7% dans les dents after close, mais reste encore à voir ce que les analystes on décortiqué pendant la nuit, car comme je le disais hier, il faut au moins 24 heures pour bien comprendre les chiffres de Google tellement c’est complexe.

Samsung

Le fabricant de l’autre smartphone a publié des chiffres pourris à cause des semi-conducteurs qui se vendent moins bien et de l’échec de leur téléphone pliable. Le titre est en baisse de 0.22% – ça fout la trouille tellement ça baisse vite.

Nouvelles du jour

Trump poursuit Deutsche Bank et Capital One en justice pour en avoir trop dit sur leurs accords et surtout pour les empêcher de continuer à causer. Boeing déclare qu’ils n’ont pas INTENTIONNELLEMENT désactivé les alertes de décrochage dans les 737 MAX, non, leurs doigts ont juste « glissé ». Anadarko accepte de se faire racheter pour 55 milliards par Occidental Petroleum.

Pour le reste, on parle de Google, on attend Apple ce soir, on attend TOUJOURS LA FED demain et on se demande si un jour, un film fera mieux que les Avengers. Ceci dit, le Barron’s ne parle QUE de ça ce matin, c’est dire si le marché génère un intérêt puissant…

Chiffres du jour

Côté trimestriels, il y aura Apple après la clôture. Le reste, on s’en fout. Bon, y aura aussi GE, Shopify, McDo, GM, MasterCard, Amgen, AMD, BP, Pfizer et Merck. Mais surtout, il y aura Apple.

Pour les chiffres économiques, il y aura le GDP en France, en Espagne et en Europe, plein de CPI partout en Europe, le chômage en Allemagne et le Chicago PMI.

Et pour le reste, on attend Powell. Ceci dit, passez une excellente journée et on se retrouve demain, à la même heure et au même endroit !!! Enfin, je crois…

Thomas Veillet
Investir.ch

« Vous avez été marié comme moi ; vous savez que la monstruosité peut prendre des formes diverses. »

Kaamelott, Léodagan

L’article AAAhhh… Si seulement on était déjà mercredi. Ou vendredi est apparu en premier sur investir.ch.