L’Audio du 4 juin 2019

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Pile ou face

Après une correction assez importante durant tout le mois de mai, voilà que l’on profite de l’absence du Président aux USA pour se faire un rapide bilan et se demander s’il est temps de « jouer » le rebond ou de plonger plus profond histoire de voir si l’on trouve l’épave du Titanic.

Ce qu’il y a de bien, c’est que les sujets de « préoccupation » se multiplient gentiment. Tout d’abord on a la Chine qui semble plus ou moins dans les prix. Apparemment ça ne peut pas être pire et mis à part le fait que les deux pays se remettent la faute l’un sur l’autre pour l’abandon des négociations, on a bien compris que tout accord signé dans les 30 jours se rapprocherait plus d’un miracle du même type que l’église a inventé il y a deux milles ans que d’autre chose. Néanmoins, le marché semble avoir – pour le moment – digéré la chose.

Mexicoooooooooo

Ensuite, il y a le Mexique. C’est la nouvelle neuve de ces derniers jours. Depuis que Trump a décidé de mettre la pression sur son voisin du Sud, on a ressorti les spreadsheets excel et les bilans des sociétés qui ont de opérations là-bas, histoire de voir ce que ça donne comme impact réel sur les chiffres à la fin.

Liste des titres les plus exposés au Mexique (Source : Goldman Sachs)

Après il y a les questions qu’on se pose : comment le Mexique va-t-il faire pour stopper l’immigration clandestine si son voisin du Nord l’étrangle sous les taxes douanières et, du même coup augmente le chômage et la pauvreté ? C’est d’ailleurs le cheval de bataille du gouvernement mexicain ; si tu ne peux pas te développer, ça ne fera pas « MOINS » partir les gens à l’étranger. Ou alors il faut leur proposer d’immigrer illégalement vers le Sud, mais je ne suis pas sûr que le « rêve guatémaltèque » fasse le poids fasse au rêve américain.

Mexico-bis

Le marché est donc en train de peser le pour et le contre et voir ce qui est envisageable comme solution de secours qui pousserait Trump a revenir en arrière. Sachant bien que la solution de « stopper » l’immigration illégale est totalement utopique – ou alors en mettant l’armée à la frontière et en tirant sur tout ce qui bouge. Mais pas sûr que ça soit très populaire comme initiative.

L’attaque venant de l’intérieur

Et puis là, on a un nouveau truc qui nous tombe dessus, puisqu’hier les super-flics de la division anti-trusts américaine ont été autorisés à « investiguer » sur des société sur lesquelles ont suppose qu’éventuellement peut-être, il y aurait des soupçons de monopole.

Le problème c’est que la liste est longue et commence par Facebook et Google. Les deux titres se sont fait défoncer hier, parce que l’on commence à se demander s’ils ne seraient pas « trop gros » dans ce qu’ils font. Personnellement je me demande si la division anti-trust n’est pas trop CON pour ce qu’ils font.

Same player shoot again

En aparté, je voudrais dire que c’est un grand-classique des Américains. Quand une société émerge de nulle-part et devient un géant de quelque chose, on se flatte, on chante le « star spangled banner » en se disant qu’on est les plus beaux et les plus forts et puis que ces entrepreneurs sont brillants et intelligents et magnanimes.

Oui, alors je ne sais pas pourquoi j’ai mis magnanimes, mais ce matin j’avais envie de le mettre.

Et puis, quelques années plus tard, quand la gigantesque société fait à peu près ce qu’elle veut et que c’est le Président qui doit prendre rendez-vous pour voir le CEO de la dite compagnie, on se rend compte soudain qu’ils gagnent trop d’argent, qu’ils sont trop riches et que c’est des gens arrogants et qui ont trop de pouvoir. Du coup, on leur colle l’anti-trust sur le dos et la bourse flippe à mort.

Microsoft-bis

C’était déjà arrivé à Microsoft à l’époque et une fois que Bill Gates ait proposé de déplacer le siège à Vancouver, les choses s’étaient calmées à cause de l’argent je crois.

Donc depuis hier et non contents d’avoir un Président qui se met les bâtons dans les roues lui-même, voici que l’Etat américain veut voir si Facebook n’a pas – par hasard une situation de monopole – alors moi je ne sais pas, mais si ces abrutis du gouvernement ont un doute, je leur demanderais juste de réfléchir où est-ce qu’ils vont mettre leurs photos de vacances. Non, parce que les réseaux sociaux pour mettre des images de chats de cette taille, je ne crois pas qu’il y en ait d’autre.

Surprise, suprrise

En même temps, c’était un peu l’idée, mais maintenant que ça marche, autant aller voir si on peut leur tauper un peu fric, ça serait pas mal. Même chose pour Google… On a été impressionné par leur grandeur et là, pouf…. On leur colle les bœufs-carottes sur le dos.

Bref, hier la techno s’est faite allumer à cause de ça. Pour le reste, on a temporisé parce que le Président n’a pas trop « tweeté » et mis à part se prendre la tête avec le Maire de Londres et de le traiter de « loser », il n’a pas encore marché sur les pieds de la Reine ou renversé un litre de bière sur les pantalons du Prince Charles. Le Nasdaq est donc officiellement en zone de « correction » depuis hier soir.

Asie et Commo’s

Pour le reste, c’est comme d’habitude. On aime l’or parce que ça rassure. Ce matin il est à 1327$ et on n’aime pas le pétrole parce que c’est le symbole de la récession qui arrive au galop. Le baril est à 53.20$. En ce qui concerne les marchés asiatiques c’est plutôt calme. Le Japon ne fait rien, Hong Kong baisse de 0.3% et la Chine de 0.8%.

Autrement, dans les médias de ces dernières 24 heures, on parle beaucoup des prévisions conditionnelles de récession annoncées par Morgan Stanley il y a un peu plus de 36 heures. Je dis conditionnelles, parce qu’il y aura récession si la Trade War persiste. Sinon, tout ira bien.

La FED à la rescousse

Bullard, un des Président de la FED de Saint Louis a parlé hier et, là aussi il a mis en garde sur le fait que « ce qui se passe » pourrait ralentir l’économie et, comme Trump voulait que la FED baisse les taux pour booster l’économie, il pourrait être satisfait bientôt.

La thématique de la baisse des taux fait de plus en plus parler d’elle depuis que les USA sont AUSSI fâchés avec le Mexique. Et après que Goldman Sachs ait avancé la possibilité de plusieurs baisses à venir, voici que la FED leur emboîte le pas.

Le reste

Dans le reste des nouvelles, on parle de la Chine et des USA qui se blâment parmi pour la fin des négociations, on dirait un divorce quand on engage un avocat – ça finit toujours en larmes – Un gros fonds britannique, Woodford vient d’annoncer qu’il gelait les retraits de ses investisseurs après qu’un gros client ait mis les voiles. BlackStone vient de signer un deal de près de 19 milliards de dollars dans l’immobilier et Boeing vient de trouver que – peut-être – les ailes de ses 737 ont des défauts. Par contre rien ne prouve que c’est pour ça qu’ils tombent.

C’est vrai, après tout, les ailes sur un avion c’est très surfait.

Et puis, pour ce qui est du deal Fiat-Renault, le gouvernement français s’en mêle et demande déjà des concessions à Fiat. Normalement, quand le gouvernement français s’en mêle, ça commence à partir en vrille. Bon, en même temps, ils ont intérêt à que la fusion fonctionne, comme ça il y aura encore plus de voitures électriques en France et comme ils viennent de monter l’électricité de 6%, ça arrange tout le monde.

Côté chiffres économiques

Aujourd’hui, nous aurons le CPI en Europe et Powell qui parlera. Il y aura aussi les inventaires pétroliers version API – même si plus personne n’en veut (du pétrole), on peut rêver.

Pour le moment les futures sont en hausse de 0.10% et la Banque centrale australienne vient d’annoncer qu’elle baisse ses taux au plus bas à 1.25% – en-dessous du taux d’inflation à 1.30%.

Voilà, pas grand-chose d’autre à ajouter, nous sommes dans une situation critique et la peur de tout reperdre ce que l’on a gagné depuis le début de l’année obsède tout le monde. Moi je commence à tourner négatif.

Enfin, entre vous et moi, je tourne négatif, parce que chaque fois que je tourne négatif, le marché remonte. Alors j’essaie de faire gagner du temps à tout le monde.

Bonne journée et à demain !

Thomas Veillet
Investir.ch

« Trump is a product of a seething populism and nationalism that is the driving political force. »

Steve Bannon

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