L’Audio du 14 juin 2019

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Une hausse plate

Hier le marché a terminé en hausse. Oh, pas une hausse pleine d’euphorie, une jolie hausse qui aura suffi à effacer les deux baisses homéopathiques précédentes. Mais pas non plus une hausse que l’on a envie d’inscrire au « Hall of Fame de la finance ».

Il faut dire que l’on manque un peu d’originalité lorsqu’il s’agit de trouver de nouveaux arguments pour justifier nos actions. Ce qui est assez intéressant à analyser, c’est le fait que la plupart des investisseurs que j’ai l’occasion de rencontrer dans ma journée ces derniers temps – chiffre qui va de zéro à beaucoup, selon la météo et l’ouverture des terrasses – me laisse entendre qu’il essaie de voir loin et d’investir « sur le long terme » mais en même temps, quand je lis la presse tous les matins, j’ai le sentiment que ces mêmes investisseurs agissent ou interagissent sur les marchés comme si la dernière nouvelle du moment, allait changer la structure même de leurs portefeuilles pour les 30 ans à venir.

Non, un Tweet de Trump de détermine pas votre vie pour les 20 prochaines années

Pourtant, ce n’est pas un « tweet » qui va changer la structure du dividende de Coca-Cola ou modifier les revenus des 28 prochaines années pour Microsoft ou décider 350 millions d’Américains de ne plus jamais acheter d’iPhone.

Ça paraît évident et pourtant de nos jours on n’a jamais vécu autant « la bourse » comme un truc au jour le jour, comme si tous les matins on repartait à zéro et que la journée qui nous attend avait le pouvoir de nous faire passer de moyennement fortuné à très très riche en l’espace de 6 heures de trading. Ou alors on a peur que l’on passe de moyennement fortuné à chanter avec une guitare mal accordée sur une terrasse pour pouvoir manger demain. Non, quoi pas demain parce qu’aujourd’hui, il pleut.

Mais heureusement

Mais bon, fondamentalement, heureusement que nous avons une vision à 12 minutes, sinon personne ne lirait mes chroniques matinales et je me sentirais tellement seul et abandonné qu’il se pourrait même que j’envisage de faire des chroniques sur le football suisse de 3ème division, ce qui serait parfaitement nul parce que je n’y connais rien. Notez, je n’y connais pas plus en finance, mais comme je ne suis pas le seul, ça se voit moins.

Donc hier on est remonté parce qu’on a retrouvé SOUDAINEMENT un regain d’optimisme au sujet de la baisse des taux. Alors je ne sais pas trop où on a trouvé ça. Peut-être que des gens se sont repassé le discours de Powell d’il y a une semaine, ou qu’ils l’ont mis en sonnerie de leur téléphone et que ça nous rappelé brutalement que les « tensions liées à la Trade War » pouvaient largement être soignées avec une bonne dose de baisse des taux. Toujours est-il qu’hier nous avons bêtement switché entre tensions et baisses des taux et tout est remonté.

Il y a eu des jours plus fun

Alors c’est vrai que l’on a connue des journées de hausse qui étaient plus excitantes que ça, mais en même temps on prend ce qu’on nous donne et on a les marchés qu’on mérite.

Le pétrole est de retour

Le sujet le plus intéressant de la journée d’hier, c’était le pétrole.

Je ne sais pas si vous me lisez tous les jours, mais hier je disais que le pétrole n’était pas remonté dans le rebond et que ça ne collait pas avec le scénario du Soldat Powell qui débarquerait sur une plage de sable chaud de Coney Island pour annoncer la baisse des taux et sauver le monde.

Et donc, vu que visiblement ces temps je suis atteint d’une maladie non-contagieuse qui se nomme « l’indicateur contrariant », le pétrole s’est réveillé hier. Oui, parce que depuis quelques temps, dès que je prends des positions fermes, le marché a tendance à faire l’inverse. Je ne veux pas le prendre personnellement, mais c’est comme ça.

B4 ? Tanker coulé

Donc depuis hier le baril a amorcé un semblant de rebond. Il faut dire qu’on l’a bien aidé puisque ça recommence à être chaud-bouillant dans le Golfe et qu’une nouvelle attaque terroriste a eu lieu contre un tanker. Au-delà des tensions que cela pourrait produire dans la région – puisqu’évidemment les Américains accusent les Iraniens et que les Iraniens hurlent à l’erreur judiciaire et au délit de sale gueule – le baril a commencé à repartir à la hausse. Gentiment. Mais sûrement – durant la journée d’hier le brut est remonté à 53.40$, alors que quelques heures avant, il se traitait pas loin des 50$.

Ce matin ça s’est un peu re-dégonflé, mais ça reste entre 52 et 53. Et au vu des noms d’oiseaux qu’Iraniens et Américains s’échangent dans la presse de ce matin, ça pourrait continuer à jeter de l’huile sur le feu ou du potentiel de hausse sur le baril.

L’Asie

Ce matin l’Asie est entre 0.5% de baisse et pas grand-chose de hausse, alors que le sujet sur place n’a rien à voir avec les taux ou la guerre économique ; on observe simplement si les Gilets Jaunes de Hong Kong continuent mener la vie dure aux autorités chinoises. L’or continue à monter, actuellement le métal jaune vaut 1349$ et semble avoir enfin acquis une vie propre, comme s’il allait enfin démarrer en direction des 1450 AU MOINS, comme on nous le promet depuis longtemps. J’espère que je ne lui porterai pas la poisse en disant ça.

Pour le reste des nouvelles, les Raptors de Toronto viennent de remporter leur premier titre NBA (c’est du basket). Dès que Trump se sera rendu compte que Toronto est au Canada, il n’est pas exclu qu’il menace d’augmenter les tarifs douaniers avec le Canada s’ils ne rendent pas la coupe rapidement.

Ailleurs dans les journaux

L’actualité principale de la journée sera centrée sur la bataille navale qui se déroule dans le Golfe, puisque le gros truc à la mode semble d’être de couler des tankers pour faire monter le prix du pétrole. Avant c’était les Bretons qui étaient spécialistes de la marée noire, mais là il semblerait que les Iraniens – même si ce n’est pas eux – briguent le titre, c’est donc un peu chaud dans la région et dans les colonnes du FT.

Autrement on parle de l’arrivée imminente de Boris Johnson en tant que Premier Ministre Britannique ce qui semble à peu près aussi clownesque que François Hollande comme Président en France, mais comme de nous jours, tout est possible…

Un départ de plus dans l’équipe de Trump

La porte-parole de la Maison Blanche qui a toujours défendu bec et ongles la politique de « son » Président, vient d’annoncer sa démission. Il y a aussi un des « top shots » de la FED qui propose que des règles soient misent en place pour que l’utilisation de Twitter ou Facebook soit très clairement cadrée pour les CEO des entreprises qui s’échangent en bourse. Ça s’appelle le bon sens, mais je ne pensais pas qu’un jour on tenterait d’industrialiser le processus et de légiférer sur la chose.

Il est vrai que depuis que la connerie humaine est devenu un sport mondialement pratiqué à haut niveau, il est indispensable de légiférer encore et encore, comme ça les poules et les moutons seront bien gardés.

Chiffres économiques

Aujourd’hui il y aura un wagon de chiffres économiques, CPI en France, pas mal de trucs en Italie, les Ministres des finances européens qui vont se rencontrer et se gaver de petits fours pour ne rien faire et ne rien décider, puis la production industrielle aux States, ainsi que plein de chiffres en provenance de l’Université du Michigan qui seront très regardés au cas où ça motiverait Powell à baisser les taux.

À propose de baisser les taux, la semaine prochaine c’est FED MEETING pour tout le monde, on va donc se regarder le nombril en brassant de l’air pendant trois jours en attendant L’ANNONCE de mercredi soir qui va nous changer la vie. Ou pas. Mais disons que ça donnera au moins quelque chose à faire ou à raconter.

En attendant on frise l’emballement sur les futures américains qui sont en hausse de 0.06%. Je vous recommande donc de rester couché, de boire de la tisane, de regarder le ciel se couvrir et la pluie tomber et on se retrouve lundi matin à la première heure pour une semaine palpitante comme on les aime.

Bonne journée et bon week-end.

Thomas Veillet
Investir.ch
“Success does not consist in never making mistakes but in never making the same one a second time.”
― George Bernard Shaw

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