La première ministre britannique a donc annoncé le divorce entre l’Union européenne et le Royaume-Uni avec un habile, ou non, coup de poker en matière commerciale mais aussi sécuritaire. Autrement dit, si les Européens n’ouvrent pas leurs frontières aux produits et services anglais, le gouvernement anglais ne collaborera plus en matière de lutte contre le terrorisme. La fin de la lettre adressée au président du Conseil européen dévoile clairement le coup de bluff de Theresa May : « La sécurité de l’Europe est plus fragile aujourd’hui qu’à aucun moment depuis la fin de la guerre froide. Affaiblir notre coopération pour la prospérité et la protection de nos citoyens serait une erreur coûteuse. »

 

La missive ne comporte pas d’informations claires sur deux sujets relativement chauds, le statut des expatriés et l’existence d’obligations financières pour son pays. Rappelons que plus de 3 millions de ressortissants européens vivent sur sol britannique et que plus d’un million de sujets de la Reine résident dans un autre Etat membre. Quant aux engagements budgétaires du Royaume-Uni, la Commission européenne les évaluerait entre 55 et 60 milliards d’euros.

 

Vendredi passé, Donald Tusk a fait parvenir aux 27 chefs d’Etat et de gouvernement un document qui servira de feuille de route pour les négociations qui dureront jusqu’à fin mars 2019. Certes, il devra être formellement adopté le 29 avril mais cette version ne sera guère changée. Si les 27 seraient prêts à accepter des « arrangements transitoires », ils se prépareront aussi « à l’éventualité d’un échec des négociations ».

 

Un des points sensibles des négociations aura trait au fait que le Royaume-Uni devra affronter un bloc de 27 pays et ne pourra, en aucun cas, négocier secteur par secteur ni pays par pays. Un autre se cache dans la situation irlandaise et la crainte de voir le pays à nouveau coupé en deux. Le dernier, et non des moindres, est de nature financière. En effet, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, ne « reconnaît pas les montants parfois très importants qui on circulé à Bruxelles ». En ce sens il se heurte à la ferme volonté du président du Conseil européen qui rappelle que « nous devons aussi nous assurer que le Royaume-Uni honorera tous ses engagements financiers et les dettes qu’il a contractées en tant qu’Etat membre. »

 

Dans ce contexte, peu avenant, quelles sont les dates butoirs ?

 

Source: The Economist

 

Pour l’instant, les gouvernements européens semblent parler de la même voix alors que les opposants anglais au Brexit comme Tim Farron ou Owen Smith sont très critiques quant à la position de Theresa May.

 

Mettre de l’ordre dans ce divorce est primordial et chaque partie présentera ses doléances. Mais nous le savons, les séparations sont généralement douloureuses.

 

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