L’Audio du 26 juillet

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Hier, si l’on ne regardait que la séance européenne, on sentait le stress du meeting Juncker-Trump qui était palpable. On avait clairement l’impression que les intervenants n’auraient pas osé parier sur le résultat que nous avons finalement eu en fin de journée – à savoir, un retour de flamme massif entre l’Europe et les USA qui sont à nouveau les meilleurs amis du monde et qui vont travailler « main dans la main pour trouver un accord douanier qui va vers une disparition des barrières douanières » et qui fait que les deux meilleurs amis du monde vont en sortir tous les deux vainqueurs.

La question que l’on peut se poser, c’est : « Comment Trump va faire pour gérer l’ensemble de ses « meilleurs amis » ? Parce qu’à chaque fois qu’il se fâche avec quelqu’un, trois mois plus tard, ils sont « best friends forever ». Le prochain sur la liste, c’est probablement Rohani en Iran. Quoique lui, ça va pas être simple.

Trump et Juncker sont donc arrivés bras dessus, bras dessous dans le jardin de la Maison Blanche pour annoncer leur nouvelle idylle, en précisant bien que dès là tout de suite, il n’y aurait plus de barrières à l’importation des voitures européennes aux USA – le secteur « devrait » souffler ce matin en Europe – en gros, reste plus qu’à trouver une solution avec la Chine et la « Guerre Economique » ne sera plus qu’un artefact qui aura juste servi à nous occuper pendant 6 mois – pour rien.

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Entre cette interrogation qui tombe et l’économie qui cartonne, en fin de journée les indices américains buvaient du petit lait, le Nasdaq terminait au plus haut de tous les temps, le Dow Jones et le S&P en prenait le chemin. Les intervenants soupiraient d’aise rien qu’à l’idée de ne pouvoir enfin se concentrer plus que sur les résultats du trimestre.

Ça tombait bien parce qu’après la clôture il y avait ceux de Facebook et que ça allait être le dur, le très très dur retour à la réalité.

Je vais aller droit au but et je ne passerais pas quatre chemin, les chiffres du réseau social n’étaient pas terrible, mais c’est surtout l’avenir à court terme et les problème liés à la sécurité – suite à l’affaire Cambridge Analytica – qui ont déclenché un orage sans précédent sur la société de Zuckerberg.

Grosso modo, on attendait un bénéfice de 1.71$ par action et c’est sorti à 1.74. Ce n’est pas là que ça posait problème. La croissance des revenus était de 41%, ce qui était un poil en-dessous des attentes. Annonçant du même coup une croissance des utilisateurs qui était inchangée aux USA et qui baissait en Europe.

Là où ça s’est gâté, c’est quand le CFO a pris la parole et qu’il a annoncé :

1) que la croissance des revenus allait baisser de près de 10% sur le troisième et le quatrième trimestre
2) que les dépenses allaient augmenter de 50 à 60%
3) et que les 20’000 personnes qu’ils devraient engager pour la sécurité et le contrôle des données seraient plutôt 30’000, voir plus

À partir de là, c’était le saut de l’ange pour Facebook qui s’est fait littéralement démonter, déchirer, massacrer, pulvériser… Au pire moment de la soirée le titre perdait 24% !!! VINGT-QUATRE POURCENT !!!!

Pour parler pognon c’est pas loin de 150 MILLIARDS de capitalisation boursière qui est parti en fumée en l’espace de quelques minutes. 150 milliards c’est 15% de la valeur d’Apple, c’est 333 Airbus A-380 avec sièges en cuir, climatisation et GPS intégré, cela équivaut aussi à bien plus de Tesla Modèle 3 que Musk ne pourra jamais produire. Et puis surtout, surtout, 150 milliards c’est l’équivalent de la capitalisation boursière de McDonald’s ou de Nike… ça peut interpeller quand même.

Bref, c’était le bain de sang after close à New York.

Il faut dire que ça gâchait un peu la fête des deux meilleurs amis à Washington.

SI l’on regarde les indications pré-ouverture du marché, ça ne devrait HEUREUSEMENT pas contaminer le marché – le problème étant surtout un problème « Facebook Only » , les intervenants sont suffisamment intelligents pour faire la part des choses. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais force est de constater qu’il y a encore de l’espoir.

Les futures sont donc en baisse, 0.25% sur le S&P500 et 1% sur le Nasdaq, il est clair que l’on va tout de même le sentir passer sur la techno mais globalement, ça ne devrait pas être si grave. Hier soir after close, Twitter et SnapChat cotisaient également de 4% par sympathie.

Pour le moment, Facebook est en baisse de 20% par rapport à son prix de clôture. Ce qui reste assez fascinant, c’est que les analystes n’ont rien vu venir sur le sujet. Même pas un peu. Quoi qu’il en soit, Zuckerberg devrait pouvoir continuer à mettre ses enfants à l’école privée sans que cela pose trop de problèmes, il semble néanmoins que personne n’avait pris l’impact de l’affaire Cambridge Analytica suffisamment au sérieux, puisque la correction de ce jour nous ramène exactement sur les niveaux de prix qui datent de « l’affaire ».

Visiblement, il y a tout de même un moment où l’on a un tout petit peu perdu de vue les risques liés à la sécurité, puisque depuis le Mea Culpa de Zuckerberg, le titre avait repris 44% – c’est un peu comme si l’on avait oublié qu’au delà des excuses, il y avait un coût qu’il fallait discounter dans le prix.

Bref… Ce matin Facebook est dans le besoin et c’est là qui vont reconnaître leurs amis.

L’amitié est le grand thème de la journée, puisque d’un côté vous avez Trump et Juncker qui sont best friends forever et de l’autre Facebook qui n’a plus d’amis. Moins en tous les cas.

Il y a aussi d’autres nouvelles que ces deux là, mais pour être franc, tout le monde s’en fout. On retiendra tout de même que le pétrole repasse au-dessus des 69$ après que les inventaires US aient été montrés au plus bas, plus l’Arabie qui cesse d’exporter au travers de la Mer Rouge pour le moment. L’or est à 1230$ – no comment – et le Bitcoin se calme un peu et montre qu’il n’ira pas à 20’000 sans s’arrêter, ça ne serait pas professionnel. Ce matin il vaut 8220$.

Sur les « Headlines » du matin on prend les mêmes et on recommence. Trump-Juncker, Facebook et on rajouter Qualcomm qui laisse tomber le rachat de NXP pour faire un «rachat de leurs propres actions à la place ». Mais pour faire simple, on va se concentrer sur l’accord USA-Europe et sur Facebook, ça va largement nous occuper la journée.

Le Japon est inchangé et les deux autres marchés sont légèrement en baisse, encore une fois, pas de contamination de la part de Facebook. On va tout de même se concentrer sur les chiffres du jour qui verront les publications de : Airbus, Allergan, Altria, Ambev, AMGEN, AstraZeneca, BASF, Bayer, Bristol Myers, Carrefour, Daimler, Electronic Arts, Expedia, GAP, Intel, McDo, Nestlé, Nokia, Roche, Royal Dutch, Starbucks, Total, UnderArmour, Volkswagen et Xerox. Sachant que j’en ai sûrement oublié plein.

Et puis, chose que l’on a tendance à oublier ce matin, il y a les Jobless Claims aux USA et puis c’est aussi le jour de la BCE et Draghi va tenter de drainer un peu de l’attention que Facebook va obtenir aujourd’hui.

Je vous souhaite à tous une excellente journée, moi je pars sur les routes de l’Est de la Suisse. Que la force soit avec vous et n’oubliez pas d’exprimer votre soutien à Facebook en publiant vos photos de vacances sur votre « mur ».

À demain !

Thomas Veillet
Investir.ch

« By giving people the power to share, we’re making the world more transparent. » Mark Zuckerberg

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