Point sur le marché

Une récession semble, selon moi, inévitable au vu de l’ampleur de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur l’économie mondiale. En effet, la consommation a fortement ralenti et les services ont été affaiblis. L’économie américaine, qui connaît un quasi plein emploi, est sans doute davantage en mesure de faire face à la forte baisse de croissance attendue que l’Europe. Nous pensons que ce ralentissement économique mondial sera différent des récessions précédentes, qui avaient vu la demande de la part des consommateurs diminuer en raison d’une baisse du prix de l’immobilier, du pétrole et d’un endettement globalement élevé.

Cette fois-ci, nous allons probablement assister à une récession de type «restez chez vous», à savoir une forte baisse de la consommation directement liée aux différents couvre-feux, aux quarantaines et à la distanciation sociale générale résultant des mesures officielles mises en oeuvre pour faire face à l’épidémie de Covid-19. Cependant, autant la croissance économique devrait baisser, autant nous pourrions assister à une hausse tout aussi rapide alors que la demande retardée de biens et de services se réalisera. Le consommateur peut également être en mesure de surmonter ce ralentissement économique (par rapport à 2008) grâce à une épargne personnelle plus élevée.

Allocation d’actifs

Nous surveillons et ajustons en permanence le positionnement du portefeuille à la lumière de l’évolution des valorisations alors que le marché tente de s’adapter à un ralentissement inévitable de l’économie mondiale.

Pour le moment, nous n’avons qu’un avantage limité à ajouter du risque de duration au portefeuille en raison des performances négatives actuelles, bien que nous ayons ajouté une légère exposition aux Bons du Trésor américain ces derniers jours. La Réserve fédérale dispose d’une marge de manoeuvre un peu plus importante que la Banque Centrale Européenne. La duration du fonds est d’environ 1,6 an et provient principalement des bons du Trésor américain.

Dans l’ensemble, nous continuons à préférer les obligations investment grade de grande qualité, principalement dans les secteurs des biens de consommation et des télécommunications. Elles sont plus robustes et plus stables que les obligations d’entreprises moins bien notées même dans le cas où les spreads de crédit devraient s’élargir davantage en raison de la perspective d’un ralentissement économique. L’exposition aux obligations investment grade représente environ 45% des actifs du fonds, et nous surveillons attentivement l’évolution des valorisations.

Il est certain que par rapport aux obligations à haut rendement, au sein desquelles nous avons un positionnement défensif en raison d’un profil risque/rendement peu attrayant, les obligations investment grade émises par de solides sociétés américaines et britanniques constituent le reste de notre portefeuille de crédit. Cela dit, nous avons récemment augmenté notre exposition aux titres européens à haut rendement en raison de leur valorisation attractive et parce qu’ils sont moins exposés à un secteur énergétique américain en difficulté. L’exposition aux titres à haut rendement représente environ 10% des actifs du fonds et nous conserverons ce niveau pour l’instant.

Perspectives

Le fonds est prudemment positionné pour la croissance économique en étant court le risque de duration et long le risque crédit. Dans les circonstances actuelles, les performances du fonds vont pâtir de cette opinion positive . Mais nous pensons qu’un certain nombre de domaines comportent des opportunités liées aux valorisations, et nous disposons d’environ 35% en liquidités/ obligations «sans risque  prêts à être investis.

Par exemple, nous avons ajouté du risque d’inflation – en achetant des obligations indexées sur l’inflation aux États-Unis et dans la zone euro – et, comme nous l’avons mentionné, nous avons investi dans des titres à haut rendement affichant des valorisations attrayantes. Nous avons également clôturé une position courte sur un indice européen de CDS représentant des sociétés sub-financières. En ce qui concerne le risque de crédit, nous continuerons à utiliser notre solide expertise interne dans cette classe d’actifs et à évaluer les titres au cas par cas, en nous fondant sur l’hypothèse de longue date selon laquelle des marchés inefficients conduisent à des valorisations attrayantes dans le temps et au cours de tous les types de cycles économiques.

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