L’Audio du 18 décembre 2019

 

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Le retour de Boris

Ce qu’il y a de bien avec le BREXIT, c’est que l’on a la capacité de ne plus en parler, de l’ignorer totalement pendant des semaines, de faire comme si ça n’avait jamais existé. Tout ça parce qu’il y avait les élections en Grande Bretagne et que l’on était comme dans un monde parallèle, un peu comme quand on va à Disneyland et que c’est normal de faire des selfies avec des souris géantes et de vivre avec la même musique de fond qui vous rappelle que c’est un « small small world ».

Là, pendant des semaines on s’était dit que les politiciens étaient occupés à se trouver un job pour l’avenir et que, si ça se trouve, ils allaient oublier le BREXIT et qu’on ferait comme si les Anglais n’avaient jamais voté et personne ne verrait rien. Et puis Boris Johnson a été élu et depuis hier il est revenu sur le sujet en disant qu’il voulait ABSOLUMENT que l’Angleterre soit sortie de l’Europe dans les 12mois et c’est alors que les spécialistes sont entrés en fonction.

12 mois ça ne suffira pas

Même si spécialiste du BREXIT est un job temporaire, quand tu les écoutes parler, les mecs on voit qu’ils ont de la bouteille et qu’ils savent ce qu’ils font. Ils n’ont même pas besoin d’attendre pour voir, de laisser un peu le bénéfice du doute. Non, ils savent TOUS déjà que 12 mois ça serait trop court et que l’Angleterre devrait donc utiliser le chemin compliqué pour sortir de l’Europe ce qui a INSTANTANEMENT foutu le jetons à tout le monde et envoyé les indices européens à la cave. Sauf l’indice anglais qui lui, curieusement, finissait en hausse. Pas de bol quand même. Tout comme l’Italie. En fait, les deux pays de l’Europe qui ne veulent plus être dans l’Europe étaient en hausse, c’est sûrement un signe.

Le retour de la peur du BREXIT

Quoi qu’il en soit, la peur du BREXIT était de retour et même si on ne sait rien, que l’on n’a aucune visibilité, que dans 8 jours c’est Noël et que plus personne n’en a rien à faire des bourses mondiales, il fallait quand même trouver une solution pour dire du mal du BREXIT et jouer à se faire peur et c’est pour ça que ça a baissé en Europe hier. Pourtant au fond de moi, je ne peux pas m’empêcher de me dire que dans 5 ans comme aujourd’hui, même si les Anglais sont sortis avec un Hard BREXIT, ils vont regarder l’Europe (ou ce qu’il en restera) et se dire « Oh my God !!! On a TELLEMENT bien fait de sortir de panier de crabes !!!!

Tout ça pendant que toutes les multinationales qui se sont barrées à Paris entre deux parce que le clown de l’Elysée leur a promis monts et merveilles seront en train de craquer psychologiquement à force de subir grèves et harcèlement administratif des autorités et ne chercheront qu’à retourner à Londres. Mais l’avenir nous le dira.

La communication sur le Trade Deal en question

Pendant que les Européens se refaisaient le scénario catastrophe sur le BREXIT, ça n’intéressait visiblement qu’eux, par ce que pendant qu’ils brassaient de l’air entre commentaires de Boris Johnson et incertitude soudaine, les marchés US terminaient encore une fois en hausse. Bon, d’accord, pas de grand-chose, mais c’est mieux qu’une correction massive avant Noël.

La question qui circulait hier à New York était surtout centrée sur le contenu de ce foutu Trade Deal. Comme on ne nous dit rien, les journalistes spéculent et quand les journalistes spéculent, ça ne donne jamais rien de bon, puisque souvent ça s’appelle des « fake news ». Hier deux reporters du Wall Street Journal se sont fait remonter les bretelles par Mnuchin et Lighthizer sur le fait qu’ils avaient publié un article mentionnant le fait que « selon une source bien informée », les négociateurs américains auraient proposé une coupe massive des tarifs douaniers en échange d’achat supplémentaires de produits agricoles américains. C’est intéressant parce qu’hier 50 milliards c’était trop, mais là du coup, 200 milliards c’était plausible – faut quand même pas confondre « consommation alimentaire » et « création monétaire par la FED pour sauver le REPO ».

On nous aurait menti

Bref, en gros le Wall Street Journal aurait publié des mensonges et les deux compères négociateurs ont même demandé aux reporters de dévoiler leur « source bien informée » afin de voir si la source en question n’avait pas des intérêts personnels à dévoiler ce genre de connerie ou peut-être même que la source n’existe pas.

La journée était donc sans grand intérêt à Wall Street, un peu à l’image de la clôture homéopathique à la hausse sur les indices boursiers. Pendant ce temps l’or est à 1481$, le pétrole à 60.50$ et ce matin l’Asie ouvre légèrement plus faible à cause – probablement de la peur sur le BREXIT. Mais je crois surtout que plus personne n’en a rien à foutre et que l’on attend que vendredi arrive pour passer à autre chose, le Trade Deal est paqueté, le BREXIT va tous nous faire mourir dans 12 mois, mais on a encore un peu de temps, l’année boursière aura été bonne mais on cherche quand même à savoir quand est-ce que le krach va venir pour tuer le gentil bull market, mais là, il est temps de passer à autre chose.

Nouvelles du jour

Dans les nouvelles du jour, Robert Lighthizer – qui a déjà le Trade Deal sur les bras – a laissé entendre que les USA se prépareraient à augmenter la pression sur le Trade Deal version Européenne. Ça donnera du grain à moudre aux médias de ce côté de l’Atlantique et ça va sûrement faire plaisir à l’économiste en chef de l’Elysée, Monsieur Le Maire, qui va sûrement faire appel à l’OMC pour crier au meurtre. Pendant ce temps, à quelques heures du vote qui devrait permettre aux autorités de continuer la procédure de destitution de Trump, le Président s’en est violemment pris à Nancy Pelosi lui reprochant tous les maux du monde.

FedEx a à nouveau coupé sa guidance, apparemment le « one day delivery » coûte un maximum de pognon et il serait peut-être finalement plus facile d’aller directement dans un magasin. Et puis une plainte vient d’être déposée contre plusieurs multinationales dont Apple, Microsoft, Tesla et certaines minières qui fournissent le métal à ces entreprises, leur reprochant de « bénéficier du travail des enfants dans des conditions abominables dans les mines de Cobalt ». Il est intéressant de voir comment certains défenseurs de « l’électrique à tout prix » vont répondre à ça. Non, parce que jusqu’à maintenant, c’était tellement bien de rouler électrique, ça ne pollue pas, ça ne fait pas de bruit et surtout les batteries sont un faux problème.. Oups, ben tout d’un coup va falloir se poser des questions.. Bon, pour être franc, le travail des enfants, ça devrait passer rapidement au pire, il faut demander à Nike, plus personne ne leur pose des questions sur le sujet.

Publications

Pour ce qui est des publications du jour, nous aurons le PPI est l’IFO en Allemagne, alors ? Récession or not récession. Ensuite il y aura le CPI en Angleterre et en Europe, puis Lagarde sera de sortie pour « parler ». Oui, parce qu’elle ne peut que parler, puisqu’apparemment la BCE ne peut plus rien faire. Alors parlons en attendant les inventaires pétroliers.

Non, de nos jours c’est pas facile de meubler 4 pages de chronique boursière alors que l’on a juste envie de partir se poser sur une plage, jeter son iPhone dans la mer et oublier que le Wi-Fi a jamais existé.

Quoi qu’il en soit, passez une belle journée, que votre café soit bon, que votre croissant soit chaud et que la journée passe vite. On se retrouve demain pour une nouvelle chronique qui, je n’en doute pas, sera passionnante. Passionnante surtout parce que l’année est presque finie.

Thomas Veillet

Investir.ch

“Leadership is the art of getting someone else to do something you want done because he wants to do it.”

Dwight D. Eisenhower

L’article Et maintenant : la PEUR du BREXIT – on n’est jamais à court d’idées est apparu en premier sur investir.ch.