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… mais c’est sûrement de la bonne. Le Dow Jones vient de battre son 12ème record d’altitude consécutif.

Non, je vous dis ça parce que comme c’est à peu près la seule chose qui est à noter dans les nouvelles financières, il faut tout de même aborder le sujet, surtout que si ce soir on termine plus haut, 13 records consécutifs, c’est historique… Bon, le seul problème c’est que Trump doit parler devant le Congrès ce soir et comme le monde de l’investissement est suspendu aux lèvres de Trump depuis 3 mois – vous noterez qu’il y a tout de même des endroits plus sympa pour passer le week-end – mais comme nous avons donc d’yeux que pour cette flamboyante chevelure orange, tout peut arriver.

Mais en attendant, on bat des records et puis c’est tout.

Les monnaies ne font rien, les commodities ne font rien, le pétrole ne fait rien, l’or est sclérosé, finalement il n’y a que la volatilité qui monte un peu et encore, à dose homéopathique. Ben si, même si tout cela vous paraît trop calme, l’indice VIX est passé de 10.5 à 12 en quelques jours. Près de 15% de hausse en quelques jours, j’en connais qui n’arrivent pas à cette performance en 15 ans. Alors oui, on peut dire que Sotheby’s a cartonné parce que son trimestre était bien meilleur que les experts l’attendaient, La Jolla Pharmaceuticals a pris 76% dans la journée par ce que son médicament contre l’hypotension a bien fonctionné en phase 3 et les titres de la défense étaient en forme parce que Trump veut dépenser un maximum de pognon dans le secteur de la défense histoire d’aller mettre la pâtée l’ISIS et à tous ceux qui ne seront pas d’accord avec lui.

Mais autrement, il ne se passe rien. En Europe, il y a tellement pas grand-chose à dire – si ce n’est le non-merger éventuel entre Deutsche Börse et le London Stock Exchange – que le résumé de la séance de la veille tient en un tweet. #ennui.

En revanche, ce matin nous sommes le dernier jour du mois de février. Il est intéressant de revenir un poil dans le passé pour se souvenir qu’à la fin du mois de janvier, le consensus des « experts à Wall Street » nous prévenait que le mois serait/pourrait être difficile et qu’une correction n’était pas à négliger. 28 jours plus tard, le marché est au plus haut aux USA et 12 fois de suite et en Europe, on est presque au plus haut depuis 2 ans. Reconnaissons tout de même qu’à force de crier au loup, il va bien finir par arriver – souhaitons pour lui qu’il n’arrive pas en Valais, sinon il n’ira pas bien loin.

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Nous sommes donc fin février et là, on nous prévient que mars ne sera peut-être pas facile. Ou pas. Visiblement, on ne change pas une équipe qui gagne et dire que bientôt, va falloir PAYER pour avoir l’avis des « experts à Wall Street ». J’avoue que je ne sais pas si je vais m’abonner. J’hésite. J’hésite entre brûler des billets banques et payer un abonnement à une banque d’investissement. On verra.

Demain nous serons en mars. J’ai donc regardé les chiffres économiques qui nous seront proposés cette semaine, puisque comme chaque début de mois, on nous amène une bonne dose d’économie pour, qu’une fois que nous en serons gavés, nous ayons une meilleur idée de où va l’économie et le marché et l’économie de marché.

Donc je me suis plongé dans les chiffres de la semaine.

Je vous jure je n’invente rien, mais il y aura les PMI’s Manufacurier dans tous les pays d’Europe, mais aussi en Europe tout court et aux USA et probablement aussi en Asie, en Russie et au Canada, mais ça, tout le monde s’en fout.

Mais en plus des PMI Manufacturiers, il y aura aussi les PMI’s des services, histoire de voir ce que ceux qui ne fabriquent rien rapportent, mais ce n’est pas tout, il y aura aussi le Markit PMI de la plupart des pays du monde. Ça c’est la version privée qui vend ses données. Qui n’en sait pas plus mais qui vend quand même. Rien qu’à ce stade-là, celui qui arrive à tirer une conclusion d’investissement en analysant de manière croisée le PMI Manufacturier Allemand avec le PMI des services Italiens, divisé par le Markit PMI de l’Europe dans sa globalité, le tout au carré par la somme de l’ISM Manufacturier et non-Manufacturier Américain, il est super-balèze, voir même brillant. Voir peut-être il devrait se faire engager dans une banque d’investissement et se faire payer à chaque coup de téléphone.

Et puis ce n’est pas tout. Cette semaine, il y aura aussi les chiffres du GDP un peu partout dans le monde. Ça aussi, c’est un chiffre que l’on regarde avec intérêt, histoire de voir s’il y a de l’inflation ou pas, mais qu’en général, on oublie dans les 12 minutes suivant sa publication.

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En conclusion, on n’a tout de même pas un métier facile. Imaginez, il faut analyser et tirer des conclusions à partir de données non-vérifiées fournies par des organisations que l’on ne connaît même pas et qui ne font même pas de pub à la télé et qui n’ont même pas « d’app for that ». Sur base de ces conclusions, il faut prendre une décision d’investissement, la présenter au comité de gestion, tout en sachant que si Trump nous sort une connerie lors de son discours devant le Congrès ce soir, ces analyses et interprétations de chiffres économiques auront à peu près autant de valeur qu’une discussion philosophique avec une personne qui travaille pour la fondation des parkings (FDP) ou pire, Céline Amaudruz.

Tout ça pour vous dire que cette semaine, il y aura plein de chiffres économiques, des chiffres pas toujours facile à interpréter pour ceux qui les comprennent, mais tout cela peut être totalement balayé par un type au brushing orange.

Voilà, la situation de la finance mondiale vient d’être résumée en 4 lignes.

Pour le reste, passez une belle journée – je vous fais grâce des futures, des monnaies et du bitcoin, on est à peu près au même endroit que la veille, sauf le Dow Jones qui est toujours plus haut. Et puis en ce qui concerne les nouvelles du jour, je vous en fais grâce aussi, parce que l’article le plus lu du FT, c’est l’histoire du plantage d’enveloppes aux Oscars hier… C’est dire à quel point on en est…

Thomas Veillet
Investir.ch

Genève, le 10 mai 2016. Thomas Veillet, fondateur Investir.ch. Photo: Laurent Guiraud.

“J’ai été enfant de choeur, militant socialiste et bistrot. C’est dire si j’ai entendu des conneries…”

Michel Audiard

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