L’Audio du 22 novembre 2021

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Statistiquement positif

Le COVID est donc de retour. Ce n’est pas forcément une grosse surprise, mais vendredi dernier les marchés étaient tendus rien qu’au fait de voir que l’Autriche était en train de passer du côté obscur de la force et d’enfermer tout le monde – vaccinés y compris – les chiffres de contaminations prennent donc l’ascenseur, si l’on en croit les statistiques. Et nous étions de retour dans l’angoisse de 2020. Cinquième confinement stricte pour l’Autriche, les Allemands qui ferment les marchés de Noël et les Français qui n’osent rien faire parce qu’il y a les élections dans 6 mois. Mais en résumé, pendant la fin de journée de vendredi, nous étions en mode « angoisse ». Rassurez-vous, depuis vendredi 17h30, tout cela semble avoir été vite oublié, puisque le Nasdaq cartonnait en terminant au plus haut de tous les temps, tout comme le Semi-Conducteurs Index et comme on sait que quand le Semi-Conducteurs Index va, tout va, nous étions assez sereins pour le week-end.

Et puis il faut dire que depuis l’apparition du virus issu d’un pangolin qui bossait dans un laboratoire chinois, nous avons appris à gérer la chose vis-à-vis des marchés. Tout d’abord il faut reconnaître que sans le virus du COVID nous ne serions pas au plus haut de tous les temps et puis on a également appris à se souvenir qu’à chaque fois que ça a tourné vinaigre niveau contaminations, on nous a sorti un stimulus de derrière les fagots avec de l’argent que l’on n’avait pas. Les intervenants ne sont donc pas complètement idiots et ont compris qu’à chaque fois que les contaminations partent en vrille et menacent l’économie, les gouvernements se serrent les coudes et injectent de l’argent. D’où la raison de ne PAS avoir peur. Sans compter que durant le week-end, on a pris le temps d’analyser les semaines de Thanksgiving depuis un siècle et on s’est rendu compte que statistiquement les bourses gagnaient 0.8% sur cette période tronquée et raccourcie, puisque tout le monde va se barrer en famille dès mercredi midi, que jeudi sera fermé et que vendredi ne sera qu’une demi-session à Wall Street. Autant dire que ça sera calme, que ça devrait être calme.

Confinements et nomination à la FED

Nous attaquons donc ce lundi avec Thanksgiving en point de mire, mais aussi avec la crainte légère de voir arriver de nouveaux confinements en Europe (même si l’on vient de voir que l’impact marché devrait être relativement modéré) et comme ça risque d’être très calme, nous allons avoir le temps de parler politique et géopolitique. Tout d’abord, cette nuit des avions militaires chinois ont violé l’espace aérien taïwanais. Enfin, je dis violer, c’est une question de point de vue. Parce que les Chinois se sentent chez eux et c’est surtout les taïwanais qui se sont sentis agressés et on se réjouit de voit ce que Biden aura à dire sur le sujet lorsqu’il aura complètement récupéré de sa coloscopie.

Coloscopie. Tiens, je ne pensais pas qu’un jour j’écrirais ça dans une chronique matinale. Toujours est-il que le Président Biden devrait être pas mal sous les feux de la rampe cette semaine, puisqu’au-delà des considérations liées à son arrière-train, il faudra aussi noter qu’il a déjà annoncé qu’il se présenterait à sa propre succession dans 3 ans – nous aurons donc la joie – en cas de réélection – d’avoir un Président Américain grabataire pour son second mandat – on avait déjà eu un acteur, un gars qui n’avait pas eu relations sexuelles avec cette dame, un autre qui avait le QI d’une moule avariée et qui peinait à positionner le Canada et le Mexique sur une carte, on est impatient de voir ce que va donner Biden dans 7 ans, sachant qu’à l’heure actuelle ça n’est déjà pas facile, entre flatulence et micro-sieste en plein conférence.

Mais au-delà de ces considérations, Joe Biden sera également très attendu au sujet de la nomination du prochain patron de la FED. On sait qu’en Février Powell doit renouveler son mandat ou se faire éjecter et remplacer par Madame Lael Brainard. Le Président Américain devrait annoncer son choix d’ici la fin de la semaine. Si c’est Powell, ça sera un évènement à peu près aussi passionnant qu’un meeting de la FED depuis 6 mois, mais si c’est Brainard, ça pourrait devenir intéressant parce que le Sénat n’est pas encore complètement acquis à sa cause et ils sont bien capables de nous faire monter le suspense jusqu’au dernier moment. Un peu à la mode du réhaussement du plafond de la dette. Ça va sûrement nous occuper un bout cette semaine. Sauf qu’à la fin, que ce soit l’un ou l’autre, ça devrait blanc bonnet et bonnet blanc, puisque Brainard est la version féminine de Powell et ne devrait pas monter les taux plus vite que lui l’aurait fait.

Et l’Asie

Ce matin on ne peut pas dire que ça soit l’euphorie en Asie. C’est même plutôt toute la misère du monde. Pas parce que ça baisse, mais juste parce que ça a déjà l’air super-ennuyant. Le Nikkei est en hausse de 0.15%, le Hang Seng recule de 0.35% et la Chine monte de 0.65%. Les thèmes du matin sont plus ou moins du réchauffé ; on a peur du COVID et ce qui se passe en Europe, on est préoccupé par le pétrole qui passe sous les 76$ alors que le gouvernement japonais menace AUSSI d’utiliser ses réserves de pétrole pour faire baisser le prix. Je rappelle pour mémoire que les Chinois ET les Américains ont menacé de faire de même la semaine dernière. Et pour le moment AUCUN des trois ne l’a fait – pourtant le baril s’est fait allumer proprement est traite ce matin à 75.85$. Comme quoi sans sortir un baril des réserves stratégiques, on fait déjà baisser le prix du pétrole rien qu’en balançant un tweet…

Reste plus qu’à que ça baisse à la pompe, mais ça, c’est une autre histoire. Ça prend toujours plus de temps. Beaucoup plus de temps que pour monter. La question sera donc de savoir si la baisse du baril sera durable ou pas. Pour le moment nous sommes sur un support qui correspond au top du mois de juillet et en cas de rupture baissière, nous allons serrer les fesses pour aller jusqu’à la moyenne mobile des 200 jours qui passe par les 70$. Mais même là-bas, la tendance haussière ne sera pas rompue. Et l’année n’est pas finie. L’or est à 1850$ et on a connu des cassures haussières plus dynamiques. Quant aux cryptos, on est toujours entre 56’000 et 60’000 sur le Bitcoin et l’on parle un peu partout de « consolidation », ce qui est plutôt une bonne nouvelle. De l’autre côté on a Hillary Clinton qui, visiblement, s’ennuyait à la maison et a décidé de donner son avis sur les cryptos et ça donne quelque chose comme ça :

« J’espère que les États-nations vont commencer à faire plus attention à la percée des cryptomonnaies – car ce qui semble être un effort très intéressant et exotique a le potentiel d’affaiblir des monnaies, d’affaiblir le rôle du dollar en tant que devises de réserve et de déstabiliser des nations. »

Bon, je vous rassure, on ne peut pas dire que les 2% de baisse de ce matin sont liées à cela, mais disons que ça occupe quelques lignes, même si tout le monde se fout totalement de l’avis d’une ex-candidate à la présidence déchue.

Nouvelles du jour

En ce qui concerne les nouvelles du jour et les choses qui font plaisir, il y a les Chinois qui ont tiré un missile hypersonique au-dessus de la Mer de Chine. Apparemment les Américains sont en train d’essayer de comprendre comment c’est possible. Et puis au chapitre financier, il y a le fonds d’investissement KKR qui fait une offre d’achat sur Telecom Italia pour un montant de 33 milliards. Cela représente une prime de 45% sur le prix de clôture. On notera aussi que le Salvador veut créer une ville « Bitcoin » – je ne sais pas trop ce que ça peut vouloir dire, mais au moins ça fait parler d’eux.

Il y a aussi le Barron’s qui revient sur la thématique du Metaverse. Alors que tout le monde se jette sur les semi-conducteurs comme moteur pour booster l’écosystème de Zuckerberg, le journal propose un autre secteur qui pourrait cartonner et lever le moindre doute sur le fait que l’humain est en train de devenir complètement con – pour autant qu’il restait encore le moindre doute – c’est le secteur du Luxe. En effet, le journal estime que lorsque le réseau social virtuel va fonctionner, les gens voudront « habiller » leur avatar avec des vêtements de luxe comme dans la « vraie vie » – résultat, l’ensemble du monde de la mode et du vêtement pourrait en profiter. Nike a d’ailleurs déposé un dossier pour avoir le droit de de « vendre » des vêtements virtuels sur le Metaverse… La logique semble implacable, la réalité, en revanche, est totalement pathétique. Pour terminer, dans la série du week-end : « les gourous sont de sortie », Jeremy Siegel est venu nous prévenir que, selon lui, le marché est à UN MAUVAIS rapport sur l’inflation d’une correction majeure. Je ne sais pas comment il fait pour arriver à ce résultat très précis, mais c’est lui qui le dit, il ne faudra pas dire que l’on ne vous avait pas prévenu. À propos d’inflation, notons tout de même que l’ONU pense que l’explosion des coûts de transports pourrait faire monter les prix des biens communs de consommation de 10%.

C’est de l’inflation ça, non ?

Chiffres du jour

Côté chiffres du jour, il y aura le PMI en Angleterre et les ventes de maisons existantes aux USA. Pour ce qui est des chiffres du trimestre, c’est plus ou moins terminé, mais dans les reliquats que nous allons devoir suivre, il y a Zoom qui va publier ce soir.

Pour le moment les futures sont en hausse de 0.35% et la cinquième vague de COVID et toutes les manifestations qui vont avec semble déjà terminée. Il me reste à vous souhaiter une très belle journée et une bonne chasse à la dinde.

On se retrouve demain.

Thomas Veillet

Investir.ch

“The Bible tells us to love our neighbors, and also to love our enemies; probably because they are generally the same people.” —G.K. Chesterton

 

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