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Il y a bien des années, Bill Murray jouait dans un film qui s’intitulait : « le jour de la marmotte » (the Groundhog Day). Ce film basé sur la croyance qu’une marmotte sortie de son hibernation à Punxsutawney (Pennsylvanie) pouvait, en voyant son ombre – ou pas – décider si l’hiver serait encore long ou pas. Dans ce film Bill Murray kidnappait la marmotte en question – elle s’appelle Phil – et se retrouvait bloqué dans la même journée encore et encore, jusqu’à qu’il réalise la journée parfaite et qu’il puisse reprendre le cours de sa vie.

C’est exactement ce que nous vivons actuellement sur les marchés financiers.

Tous les matins, je me lève (et je te bouscule), j’ouvre mes écrans et je me rends compte qu’hier c’était dimanche, parce que les marchés n’ont pas bougé par rapport à la veille. Et puis je me rends compte que non, en fait qu’hier c’était lundi et que les marchés étaient ouverts, mais qu’il ne s’est juste RIEN passé.

Ensuite je commence à regarder les informations du jour sur plusieurs sites internet et je me rend compte que comme TOUS LES DEUX JOURS, il y a un nouveau génie de la finance qui nous fait des prédictions apocalyptiques pour la suite. En général, on ne publie pas les articles qui mentionnent une saine correction dans un marché haussier, non, on ne nous abreuve uniquement avec des théoriciens du complots et des passionnés de la fin du monde, quand ce ne sont pas des « survivalistes » engagés par Freysinger – avec le résultat que l’on connaît – dans chacun de ces articles récurrents sur le sujet de la fin du monde des marchés boursiers on nous prédit la mort du Bull Market dans d’atroces souffrances, qui feront passer la prison d’Abou Ghraib pour un « club med 5* ».

Et puis, rien ne se passe.

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Et on attend le prochain « catastrophiste » sur CNBC, pour s’exciter à nouveau sur le sujet. En attendant, le marché ne fout strictement rien et plus il ne fout rien, plus on nous trouve des « visionnaires » pour prédire la fin du monde. À ce propose, je voudrais revenir sur les prédictions de correction de Monsieur Edwards de la Société Générale qui nous prédit 85% de correction tous les six mois, tant et si bien que depuis le temps qu’il annonce cela, s’il s’est écouté la moindre il doit est short sur le Dow Jones au lendemain du krach de 1987, soit autour des 1700 points et depuis, il attend la prochaine vague…

On peut aussi signaler le formidable Monsieur Faber qui a un contrat avec CNBC pour venir répandre la peur et la peste bubonique sur les marchés tous les trimestres, avant de retourner manger des mangues dans sa propriété Thaïlandaise. J’avais eu la joie de rencontrer ce Monsieur il y a 3 ans, le S&P était à 1500 et il prévoyait une correction de 30% – comme tous les trois mois depuis 2014… Nous sommes à 2373 sur l’indice, si demain nous corrigeons de 30%, on n’arrive même pas à 1500…

Enfin bref, tout ça pour vous dire que les nouvelles sont maigres, la volatilité est anémique, l’attentisme est à son comble, l’envie de ne rien faire est supérieure au charisme de Monsieur Macron et tous les jours c’est la même chose.

Le pire c’est que les deux dernières semaines, nous avions de quoi attendre, de quoi s’exciter sur des « annonces potentielles » ; la BCE, les chiffres de l’emploi, la FED, mais maintenant qu’ils sont tous derrière, on va attendre quoi ?

Les chiffres du trimestre ? C’est pas avant la seconde moitié du mois d’avril.

Les élections françaises ? Après avoir vu le débat d’hier c’est vrai que l’on peut se dire qu’il y aura quoi faire, par exemple quitter le pays et s’installer le plus loin possible de la France, parce que quand on voit le groupe de clowns que l’on nous met à disposition, ça fout les jetons. Si je devais voter après ce que j’ai vu et entendu hier soir, je crois que je voterais Céline Amaudruz, au moins on peut picoler avec. Non, sans rire, quand on voit le choix sur le plateau télé, j’aurais voté pour Philippe Poutou, parce que personne ne sait qui c’est et que de toute façon ça ne peut pas être pire. Mais bon, peut-être que tout ce manège pourrait nous réveiller un peu les marchés mais pas sûr que ça soit suffisant.

Autrement, qu’est-ce qu’il nous reste ? Trump ? On dirait que depuis quelques semaines, tout le monde s’en fout.

Les nouvelles IPO’s ? Quand on voit la gueule de Snapchat, on peut se demander si c’est une bonne idée.

Bref, quand je vois tout ça, quand je vois le niveau de l’intérêt global, je me dis que l’on risque de rester longtemps bloqué dans le « jour de la marmotte » à ne rien faire – parce qu’en plus on ne fait rien pour essayer d’améliorer les choses – dans le film, Bill Murray il essayait au moins d’arriver à la journée parfaite pour s’en sortir, alors que nous on est assis sur nos chaises à 3’000 balles à faire des théories sur la fin du monde qui va arriver alors qu’on est même pas short…

C’est long.

Ce matin l’Asie fait comme partout dans le monde, sauf que c’est pas une marmotte mais un panda. L’or ne fait rien à 1227$, même si on nous promet que « quand ça va vraiment se péter la figure », ce truc jaune et brillant sera un « radeau de sauvetage ». Moi je ne sais pas si un radeau de sauvetage en or ça flotte très bien, mais on verra. Le pétrole est aussi intéressant que le programme de Macron : le vide intersidéral, ce matin l’or noir est à 48,36$ comme depuis trois jours.

Le Bitcoin est toujours au fond du bac depuis les rumeurs de divorce, le rendement du 10 ans est à 2.48% et les futures sont en hausse de 0.16%. Comme tous les jours. Je vous jure je vais finir par croire que l’on est bloqué dans le continuum espace-temps. Ou alors je suis obsédé par les films américains.

Dans les news du jour, il y aurait des « preuves » comme quoi Trump a des liens avec la Russie, un agent double à la présidence, on aurait imaginé ça qu’à l’époque de la guerre froide et encore, uniquement à Hollywood.

Dans le Barron’s l’ancien patron de Pimco, El-Erian estime que les investisseurs sont trop optimistes au sujet de l’économie. Alibaba pourrait être le prochain roi du « Cloud » et on pense que Samsung n’est pas cher si l’on compare à Apple. Apple qui est au plus haut de tous les temps avec une « market cap » de 735 milliards de dollars.

Ce n’est pas du côté des chiffres économiques que l’on va trouver le Graal qui nous apportera passion et ambiance de folie. Ce matin nous aurons le Trade Balance en Suisse et en Espagne, le CPI et le PPI, puis le Redbook au States, l’agenda économique est aussi vide que le regard de Macron. Il y aura également trois one-man-show de la FED, puisque Dudley, George et Mester parleront pour dire qu’ils n’en savent pas plus sur l’avenir mais qu’ils sont d’accord avec Yellen ou pas, bien au contraire.

Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, sans compter que ce matin j’ai un cours de macramé et qu’en ce moment, le macramé c’est bien plus intéressant que la finance. Bon croissant, bon café, belle journée et à demain, si vous le voulez bien…

Thomas Veillet
Investir.ch

Genève, le 10 mai 2016. Thomas Veillet, fondateur Investir.ch. Photo: Laurent Guiraud.

“Un bon discours politique ne doit émettre que des idées avec lesquelles tout le monde est déjà d’accord avant !”

Coluche

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