L’Audio du 29 avril 2019

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Pour être franc avec vous, ça pourrait même être un peu de tout ça. Ou tout ça en même temps.

L’embarra du choix ou que l’embarra

Si l’on prend 2 secondes pour revenir sur le passé, la semaine dernière a clôturé au plus haut de tous les temps sur le Nasdaq 100 et sur le S&P500. Une clôture au plus haut sur une base weekly, c’est pas rien mais on préfère quand même attendre patiemment le krach annoncé et attendu, ça paraît quand même plus logique.

Les chiffres publiés la semaine dernière étaient bons. Globalement meilleurs que les attentes et surtout nettement moins pire que ce que craignaient les Dieux de la fiance, j’ai nommé : la communauté toujours avant-gardiste des analystes financiers et autres stratèges.

Mais peu importe, on est beaucoup trop haut et comme tout le monde attend le krach final qui est bientôt quasiment une obligation légale, personne ne s’emballe trop sur ce qui se passe et ceux qui ont l’outrecuidance d’être trop « positifs » sont encore la cible des moqueries et des regards en-dessous durant les quinze minutes de récréation.

Concrètement

Globalement, les chiffres étaient meilleurs, le GDP US était meilleur vendredi et les marchés terminaient au plus haut de tous les temps aux USA, pendant qu’en Europe, le DAX semblait toujours inarrêtable, toujours boosté par les spéculations que « la BCE va faire un truc » et sûrement pas par les fondamentaux.

Nous voici donc à l’aube d’une nouvelle semaine périlleuse, tellement il y a des choses qui peuvent et qui vont nous tomber dessus.

Les chiffres

La saison des trimestriels n’est pas terminée, on le sait bien. Près de 50% du S&P500 a publié ses chiffres et 72% sont meilleurs qu’attendus. Il faut dire qu’à force de réviser à la baisse les attentes, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. Mais cette semaine, ça va être chaud-bouillant, puisque c’est la semaine d’Apple et de Google. Google publiera ce soir et Apple demain soir.

Ce qui veut dire qu’à partir de demain, le monde pourrait ne plus être pareil. Oui, car si Apple et Google publient de bons chiffres, les indices vont monter et s’ils montent le S&P500 pourrait atteindre les 3’000 points rapidement et on pourra enfin acheter un t-shirt marqué « been there done that S&P3000 ». Sans compter que si Apple publie des bons chiffres, on aura, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, deux compagnies qui pèsent plus de milles milliards dans le S&P500. Ça fait du pognon.

La FED, les taux

Cette semaine sera également lourde pour nos frêles épaules, parce que la FED tiendra son meeting mensuel. Pour être honnête, on n’attend que dalle de la part de la FED. Ni hausse des taux, ni baisse des taux, ni annonce de démission de Powell et de retour de Greenspan. On n’attend rien. Mais on ne sait jamais.

Powell peut déraper dans son discours, il peut lâcher des informations confidentielles sur sa stratégie et pousser les experts de la finance mondiale à revoir leur stratégie d’investissement pour les siècles à venir, Amen.

Les Chinois sur le grill

Demain matin à cette heure-ci on ne parlera que de Google et de la Chine. De la Chine parce qu’ils vont publier leurs chiffres du PMI Manufacturier et NON-Manufacturier – ce qui est susceptible de nous donner une indication de l’éventuelle reprise économique chinoise. Ou pas.

Et de Google parce qu’ils auront publiés leurs chiffres hier soir tard et que, comme les chiffres de Google sont toujours très compliqués à interpréter, les analystes n’auront pas trop de toute la nuit pour analyser tout ça et nous pondre une vision claire de Google. Ou pas.

Mais c’est pas tout

Il y a encore d’autres sujets chauds qui nous attendent cette semaine. À commencer par le Trade Deal. C’est à nouveau la saison. Tout d’abord parce que Trump a tweeté pour dire que « tout se passait bien » même si actuellement rien ne se passe et rien ne se dit. Mais ensuite on sait que les négociateurs US devraient reprendre l’avion pour aller en Chine en milieu de semaine. Qui sait, il paraît qu’en mai on peut faire ce qu’il nous plaît, alors pourquoi pas ne pas striker un deal avec la Chine une fois pour toutes ?

Quoi qu’il en soit, on va en parler et le sujet sera un des premiers de la liste en attendant les chiffres de l’emploi aux USA qui arriveront vendredi.

Le pétrole à l’honneur

Le baril a vécu un sale vendredi. Trump a demandé à l’OPEP d’augmenter la production de pétrole pour compenser le manque créé par l’évolution des sanctions contre l’Iran. Du coup, tout le monde attend l’annonce officielle de l’OPEP qui confirmerait cette demande. Pour l’instant, rien. Mais s’ils le confirment dans les jours qui viennent autant dire que ça fera un peu le bon toutou qui obéit à son maître…

Néanmoins le baril s’est fait démonter vendredi après-midi et il est revenu pile-poil sur sa tendance haussière de ces derniers mois. La question est donc posée : opportunité de sauter dedans ou opportunité d’aller short ? La question reste ouverte, mais on sent bien qu’à partir de 65$, les esprits s’échauffent, la semaine dernière un stratège mettait même en garde les ignares que nous sommes, sur le fait que si le pétrole monte, l’inflation aussi et donc les taux vont suivre.

Puisque l’on ne peut pas parler pétrole sans parler or noir et que l’on ne peut pas aborder le sujet de l’or noir sans toucher à l’or jaune, on dira simplement que l’or ne fait pas grand-chose, si ce n’est pinailler autour de son support/résistance des 1290$.

Une semaine lourde qui nous attend

Vu que la semaine qui nous attend promet d’être sportive, on peut tout de même s’attendre qu’à un certain moment, la volatilité pourrait éventuellement peut-être se réveiller. On peut toujours rêver.

Ce matin l’Asie est partagée. Le Nikkei est fermé, la Chine qui teste les supports mais qui n’ose pas vraiment y aller parce que « hé, quand même y a le Trade Deal qui arrive »… et ce n’est pas simple de jouer la baisse. Et puis il y a Hong Kong qui est en hausse homéopathique.

Nouvelles du jour

Dans les nouvelles du jour, on retiendra que le dernier volet des Avengers a pulvérisé tous les records du Box-Office et que ça va être bien difficile d’aller les chercher là-bas. Pendant ce temps, dans les histoires fantastiques aussi, on apprend que la gauche a remporté les élections en Espagne dans un effort surhumain de refaire encore et encore la même chose, virer la droite pour laisser la gauche tout foutre en l’air et refaire l’inverse dans 2 ans.

Autrement les Américains ont mis en garde la Chine de ne pas continuer les provocations contre les bateaux de pêche dans la Mer de Chine, ce qui va sûrement aider les discussions de cette semaine. Et puis Boeing est à nouveau sous les feux de la rampe, puisqu’on les accuse d’avoir modifié certains paramètres des avertisseurs de décrochage de leurs 737 max sans en avoir informé les clients. C’est la compagnie Southwest qui rue dans les brancards, Southwest qui n’est rien d’autre que le plus gros client de Boeing en terme de 737 MAX.

Uber, la licorne qui n’existe pas ?

Dans quelques semaines UBER va faire son entrée en bourse. On pense que la valorisation devrait friser les 83 milliards lors de la mise en bourse. Or, il est intéressant de noter qu’en 2018, trois compagnies qui sont valorisées au-dessus des 50 milliards ont publié une perte : CVS, Qualcomm et GE. Et là on va mettre en bourse une boîte qui vaut 83 milliards et qui en a perdu 3 rien que l’an passé…

Est-ce que l’arrivée en bourse d’UBER va marquer le début de la fin de la hausse, un peu à l’image de ce qui s’est passé en l’an 2000 ? Quand nous avons perdu toute raison et que tout était valorisé à la louche ? Que tout ce qui allait à 10$, allait à 100$ et tout ce qui franchissait les 100$ allait à 1000$ ??? On peut se poser la question…

Sondages du week-end

Le Barron’s a sondé les investisseurs ce week-end ; les Bulls sont de plus en plus prudents pour la suite, ce qui veut dire que tout le monde réduit les positions alors que ça continue de monter et que l’on peut se demander ce qu’il nous restera à vendre lorsque ça va baisser. Et surtout comment ça va baisser si personne n’a rien à vendre.

Autrement on aime bien la tech (selon les sondages) et on est méfiant sur Tesla. Accessoirement, le graphique de Tesla est immonde. Mais je dis ça, je dis rien.

Côté chiffres économiques, il n’y aura rien, mais par contre pour les trimestriels, c’est reparti à 200 à l’heure. Au cas vous ne l’auriez pas compris, ce soir il y a Google qui va publier, mais il y aura aussi Spotify, Western Digital, On Semiconductors, TransOcean ou encore AK Steel.

Pour le moment les futures sont inchangés, le Japon est fermé et on prie pour de nouveaux records ou le retour de la volatilité, c’est selon. Mais disons que si cela pouvait au moins bouger un peu, ça serait toujours ça de pris.

Passez une excellente journée et on se retrouve demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

« En plus je connais une technique pour tuer trois hommes en un coup rien qu’avec des feuilles mortes ! Alors là, vous êtes deux, vous avez bien de la chance. »

Perceval

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