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Hier, durant la plupart de la journée, les marchés étaient paralysés en attendant le discours de Trump. Le monde de la finance était suspendu aux lèvres du Président Américain espérant secrètement qu’il allait tout balancer au sujet de sa réforme fiscale et que, du coup on serait fixé sur le comportement futurs des indices.

Mais que nenni. Trump a été suffisamment intelligent pour rester très flou durant son discours de l’Union et continuer de laisser planer le doute sur ses intentions. Qui dit laisser planer le doute, laisser le marché penser que la réforme fiscale serait positive pour l’économie, donc devrait permettre aux indices de continuer leur ascension paisible vers les sommets et les territoires inconnus.

Pour ceux qui n’arrivent pas à dormir le soir, voici le lien du discours de Trump, je vous défie de ne pas vous endormir avant la quatrième ligne ..

 

Même si hier les indices américains terminaient en baisse – parce qu’il fallait tout de même laisser le temps aux intervenants de bien analyser le discours – le Dow Jones, le S&P et le Nasdaq viennent tout de même de s’offrir le meilleur en mois – en terme de performance – depuis plus d’une année. C’est tout de même pas mal pour un marché qui n’est plus censé pouvoir aller en avant si l’on croit les avis des uns et des autres. Hier soir l’indice de volatilité, ou l’indice de la peur comme certains aiment à l’appeler, se traitait tout de même au plus haut depuis 2 mois. On sent que l’on attend avec impatience cette correction annoncée et qui devrait permettre à bon nombre d’entre nous de pouvoir annoncer à leurs amis « qu’ils ont vendu au plus haut ». Ce qui devrait être facile, puisqu’à entendre certains professionnels, ils achètent TOUJOURS au plus bas et vendent TOUJOURS au plus haut.. On est un demi-dieu de la finance ou on ne l’est pas.

En résumé, il y a de moins en moins de choses à dire… Hier le marché US n’a rien fait parce que finalement, on n’en sait pas plus qu’avant après le discours de Trump qui est resté flou. En Europe les français ont bien essayé de mettre l’ambiance en demandant aux snipers de la police française de tirer sur la foule pour mettre de l’ambiance pendant un discours de Concon Premier, mais comme pour preuve que tout le monde s’en fout, même si François Hollande se fait tirer dessus, le marché n’a rien fait. On notera peut-être un intérêt certain pour le secteur de la défense, dans la foulée du discours de Trump.

Finalement la seule chose qui a peut-être vraiment bougé hier, c’est le dollar qui s’est bien renforcé pendant que Trump parlait devant le Congrès. Il s’est bien renforcé, c’est peut-être vite dit, mais disons que l’Euro/Dollar a baissé autant qu’il est monté lorsque Bayrou a renoncé à sa campagne présidentielle… C’est dire comme on est à fond dans les nouvelles « vraiment » importantes en ce moment.

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Ce matin le dollar est cependant clairement le caïd de la cour d’école. Il est à 1.0554 contre Euro, à 1.2375 contre la Livre et à 113.48 contre le Yen, il est toujours bêtement à parité avec le Franc Suisse, mais ça comme nous faisons tout comme disent les Américains, il est normal que le Franc Suisse marche dans l’ombre de Washington, pour ne pas déranger.

Si les investisseurs n’ont pas compris ou tout au moins pas appréhendé toute la valeur du discours de l’état de l’Union, il semblerait que les Japonais aient bien compris le concept et très tôt ce matin, ils fêtaient ça en poussant le Nikkei à la hausse de 1.5%. Hong Kong ne fait rien et la Chine est en hausse de 0.5%. Une des raisons qui pousse le marché japonais à la hausse, c’est aussi les commentaires de certains pontes de la FED qui laissent entendre que les taux pourraient monter en mars déjà.

Au cas où vous demandiez, l’or ne fait rien et le pétrole non plus.

Dans les nouvelles du jour, mis à part l’analyse du discours de Trump qui n’apporte visiblement pas grand chose au schmilblick, on analyse rétroactivement le superbe mois de février que l’on vient d’avoir et on se demande ce que mars nous réserve, le consensus qui avait prévu la fin du monde en février persiste et ne fait que décaler son objectif d’un mois, mais si l’on en croit les performances historiques mensuelles des indices – ce qui ne veut strictement rien dire, mais pas plus que les prévisions des analystes – le mois de mars est tout de même le mois qui rapporte le plus puisque ces dernières années, c’est 2.7% de performance moyenne sur 31 jours. Les paris sont donc ouverts, les jeux sont faits, rien ne va plus.

mars

Dans les autres nouvelles super-importantes, on retiendra que les Obamas ont signé un deal pour écrire chacun un livre pour la modique somme de 65 millions de dollars. Seulement Barrack et Michelle, on attend le prix pour les livres des filles et du chien.

Le prix de l’IPO de Snapchat devrait être « pricée » entre 17 et 18$ – à ces prix là, c’est plus ou moins 2 fois plus cher que Facebook en terme d’évaluation. Mais je ne ferai pas de commentaires. Même si je n’ai toujours pas compris comment ils vont faire de l’argent, même si ça me terrorise quand on arrive à lire que le business modèle de Snapchat est basé sur le fait que les utilisateurs deviennent des utilisateurs compulsifs.. Déjà que la plupart d’entre nous sont devenus incapables de marcher dans la rue sans avoir le yeux fixés sur leur portable au cas où le MI6 les contactaient pour une mission secrète qui ne peut pas attendre, on peut craindre le pire avec Snapchat, puisque les « utilisateurs » utilisent l’app en moyenne 18 fois par jour – mais je suis sûr que l’on peut faire mieux – personnellement, j’ai trouvé un truc : j’ai désinstallé Snapchat de mon téléphone et je me suis mis un patch pour arrêter de fumer, on ne sait jamais.

Bref, l’IPO devrait donc sortir plus chère que prévue et Evan Spiegel ne devrait plus avoir trop de soucis à se faire pour l’avenir. Par contre, la croissance des utilisateurs de Snapchat est en baisse, un peu comme Twitter. Je dis ça, je dis rien, mais entre investir 10 francs dans Snapchat et me péter une jambe, je vais aller chercher un marteau…

Autrement les investisseurs institutionnels d’Apple, les gros quoi, sont très très bullishs sur l’avenir de la compagnie. C’est clair que quand on voit Samsung qui fait des pubs pour expliquer qu’ils ont passé les 12 derniers mois à tester leurs batteries et que s’ils étaient des consommateurs, ils achèteraient leurs téléphones, l’avenir d’Apple à l’air plutôt sympa de ce côté-là. Dans les moins bonnes nouvelles, Stephen Curry n’est plus aussi fort sur le parquet et n’est pas d’accord avec les vues politiques du CEO de son sponsor principal – Under Armour – pas forcément une bonne nouvelle pour le fabricant de vêtements de sports, puisqu’il y a quelques mois, Under Armour exprimait clairement que son business model est intrinsèquement lié à Curry… Comme quoi une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, non seulement le titre s’est fait défoncer ces derniers mois, mais si maintenant Curry ne joue plus le jeu, c’est pas gagné.

Le Barron’s pense que Priceline va à 2000$. Le plus gros fonds souverain, le fonds souverain norvégien a gagné 53 milliards dans le Trump Rally. JP Morgan a développé un nouveau software qui remplace des avocats dans les contrats commerciaux, il suffit de quelques secondes à l’ordinateur pour faire ce qu’un avocat fait en 360’000 heures. Comme quoi l’intelligence artificielle ne va pas faire plaisir à tout le monde. Palo Alto, qui fait dans la Cybersecurity a annoncé des chiffres tout pourris et pas mal de challenges à venir. Le titre a perdu 20% hier soir after close.

Nous sommes le premier mars, c’est la saison des PMI’s, il y en aura partout de toutes les couleurs et pour tous les goûts, mais pas sûr que ça change la face des marchés. Il y aura aussi les inventaires pétroliers, si ça intéresse encore quelqu’un.

Pour le moment les futures sont en hausse de 0.2%, le Bitcoin est à 1192$ et le rendement du 10 ans US est de 2.34%.

Voilà, voilà, ça fait plaisir de voir qu’en ne faisant rien, mais en étant suffisamment subtil, Trump parvient à garder le marché en vie et l’économie pleine d’espoir. Ça ne suffit pas à la plupart des investisseurs qui restent cependant assis sur leurs pattes arrières en attendant le krach annoncé, mais pour le moment, le marché à l’air – j’ai dis « à l’air » indestructible…

Moi je vous retrouve demain à la même heure et au même endroit, si tout va bien.

À demain.

Thomas Veillet
Investir.ch

Genève, le 10 mai 2016. Thomas Veillet, fondateur Investir.ch. Photo: Laurent Guiraud.

“Success is not final, failure is not fatal: it is the courage to continue that counts.”

Winston Churchill

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