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Voilà, on en parlait il y a encore quelques jours, le marché n’est pas parvenu à « tenir » plus de 109 jours. 109 jours sans jamais baisser de plus de 1%, hier on a craqué et le S&P500 termine en baisse de 1.24%.

Les avis sont clairs, les investisseurs ont perdu leur enthousiasme. Tous en même temps et au même moment, la parfaite harmonie des marchés boursiers a encore frappé et visiblement, hier en fin de matinée à New York, tout le monde merveilleux de l’investissement a donc décidé qu’il était temps de vendre.

Les arguments pour cela ne manquent pas ; doutes sur l’efficacité de la politique de Trump, problème pour la mise en place de la politique de Trump, questions sur la rapidité de la mise en place de la politique de Trump, question sur le fait que Trump est peut-être un agent double de Poutine, le marché est trop haut, le marché est trop cher, l’indicateur Black Swan est au plus haut, volonté d’être le premier à shorter le marché, envie de tout vendre au plus haut, envie de pouvoir dire (enfin) : « je vous l’avais dit », excitation d’être un jour plus proche du prochain krach boursier, en résumé, on appliquait encore une fois la stratégie du lemming : tout le monde suit le premier qui saute d’un pont sans se poser de question.

Pourquoi s’en poser après tout, tout est trop cher et puis, depuis le temps qu’on nous dit que ça ne peut pas marcher, il était temps.

Que dire de plus ?

Eh bien maintenant tout le monde est de sortie, tous les « neinsagers » qui s’entêtent à shorter depuis 12 mois sont aux anges parce qu’ils ont enfin raison et ils ont enfin vendu au plus haut – en même temps ça fait 18 mois qu’ils vendent tous les jours, ça devait finir par arriver – les statisticiens ont ressorti leurs archives et se demandent : « mais qu’est-ce qui se passe quand le marché n’a pas baissé de plus de 1% pendant 109 jours et que soudainement il baisse de 1.24% ? » et la réponse est sans appel : soit il baisse…. soit il remonte.

Sans rire, ce matin j’ai trouvé un article qui dit que sur les 7 dernières fois que le S&P500 a été « suracheté » comme il l’était hier soir, le marché à baissé de près de 1% dans la semaine qui a suivit, il est remonté 6 fois, dans le mois qui a suivit, il a baissé deux fois et remonté 5 fois et sur les trois mois suivants, c’est proche de moitié/moitié.

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Ce qui nous mène inévitablement à la question suivante : que va faire le marché ensuite ?

Heureusement, parce qu’en lisant Investir.ch tous les matins vous aller avoir la réponse :

Donc à la question que va faire le marché après la baisse d’hier soir, la réponse est évidente, puisqu’après avoir consulté les archives du New York Stock Exchange, après avoir analysé 387 graphiques du S&P500 sous 387 configurations différentes, après avoir étudié la carte du ciel, analysé les 845 derniers discours du Président de la FED, après avoir médité assis sur le clavier d’un Bloomberg et finalement, après avoir relu les 234 dernières éditions du Barron’s en trois langues, à la question «que va faire le marché ensuite ? », je peux vous répondre avec certitude :

Ça dépend !

Mais je serai tout de même plus précis en vous disant : « il y a une chance sur deux que ça continue de baisser et une chance sur deux que ça remonte et une chance sur deux que l’on consolide à ces niveaux ». Alors faites vos jeux et n’hésitez pas à jouer, tous les gagnants ont tenté leur chance.

Nous voici donc le lendemain d’une soirée un peu trop arrosée, une soirée où l’on aurait décidé de déguster du whisky avec des verres à bière histoire de gagner du temps, ce matin on est soudainement bourré de questions – mais pas que – se demandant si l’on ne s’est pas laissé endormir par la volatilité inexistante ces derniers temps et que son retour va soudainement nous casser les pattes arrières, ce matin, c’est la matinée des interrogations, le temps des questions.

Dans un besoin de réconfort, l’or a pris 20$ et remonte à 1244$ et le pétrole a lâchement lâché les 48$ et se traite à 47.50$, parce que si le marché baisse de plus de 1%, ça veut dire que l’on se pose des questions sur la santé de l’économie et si l’économie ne va pas bien, les Américains vont arrêter de faire le plein. CQFD.

L’Asie est en pleine débandade parce que les Américains ont craqué, le Nikkei recule de près de 2%, Hong Kong plonge de 1.5% et la Chine recule de 0.8%, on sent que l’angoisse de voir la fin du Bull Market se matérialiser angoisse tout le monde. Le plus stressant c’est qu’on nous l’avait dit depuis tellement longtemps que là tout de suite, la trouille ça ne se commande pas ! ça serait quand même ballot de rater le début du krach boursier alors que les journaux, la radio et la télévision et Marc Faber nous l’annoncent depuis des mois, si ce n’est des années.

Bref, ce matin c’est courage fuyons ! Ou courage shortons !

La bonne nouvelle c’est qu’alors que la fin du monde a officiellement commencé pour bien des observateurs boursiers, Snapchat remontait enfin d’un peu plus de 2%, comme quoi même quand tout part en vrille, tout espoir n’est pas perdu, puisque même la daube peut remonter.

Autant vous dire que côté « nouvelles du jours », il n’y en a qu’une qui importe, c’est la baisse du marché. C’est dire comme les choses ont changé, il y a quelques années, 1.24% aurait été une journée de consolidation ou de prise de profits, mais aujourd’hui on est en train de se demander déjà combien de temps il nous reste à vivre.

D’ailleurs le Barron’s, le FT et le Wall Street journal ne s’y trompent pas, les titres « choc » ne manquent pas ce matin, je cite en vrac :

– La réalité frappe à la porte des Bulls
– Les valeurs financières peuvent-elles chuter encore plus ?
– Pourquoi les bancaires se sont faites massacrer hier ?
– 7 titres à acheter avec une protection à la baisse
– Les investisseurs sont-ils trop Bullish sur l’économie US

Et ça c’est juste la première page du Barron’s.

Bonne ambiance je vous dis…

Bref, le marché a baissé de 1.24%, c’était la première fois depuis 109 jours et le réveil est difficile, il fait partie de ces jours où l’on se jure que l’on ne nous reprendra plus à boire, tout en sachant que vendredi soir on a un apéro et qu’il va bien falloir assumer, parce qu’au Coca Zéro, c’est plus long. Pour le reste, on verra demain, mais il y a une chance sur deux que l’on baisse encore plus.

Les futures sont en baisse de 0.35% ce matin, l’Euro/Dollar réclame les 1.08, même la Livre remonte contre le Dollar à 1.2475, le Yen casse les 112 à la baisse et se traite à 111.62, le Dollar/Suisse est à 0.9939, l’Euro/Suisse est à 1.0736 et heureusement, la valeur refuge – le Bitcoin –remonte à 1098$. Le rendement du 10 ans US est à 2.41% et les radeaux de sauvetage sont à droite sous l’escalier.

Il n’y a pas un chiffre économique valable qui devrait nous faire changer d’avis aujourd’hui, si ce n’est les inventaires pétroliers.

Pour le reste, l’angoisse est à son comble et c’est terrible de se dire que l’on savait que la fin était proche et que l’on allait tous mourir et que l’on a n’a rien fait. En ce qui me concerne, je vais tenter de vous souhaiter une bonne journée, même si c’est vachement gonflé de faire ça un jour comme aujourd’hui, et on se retrouve demain pour voir si les prédictions ont fonctionné, statistiquement on a une chance sur deux que ce soit pire demain. J’angoisse, vais d’ailleurs peut-être déplacer l’apéro de vendredi à ce soir, juste pour oublier.

Belle journée à vous tous et on se retrouve demain pour une analyse approfondie de ce qui ne se SERA pas passé aujourd’hui, mais qui aurait pu, si on avait voulu.

À demain !!!

Thomas Veillet
Investir.ch

Genève, le 10 mai 2016. Thomas Veillet, fondateur Investir.ch. Photo: Laurent Guiraud.

“J’arrêterais de faire de la politique quand les politiciens arrêterons de nous faire rire !”

Coluche

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