L’Audio du 7 septembre 2020

https://www.investir.ch/wp-content/uploads/laudio-du-7-septembre-2020.mp3

Télécharger le podcast (.mp3)

Le retour des dérivés

Pour ceux qui étaient à la plage vendredi, il faudra retenir que le marché US a à nouveau plongé à l’ouverture, un peu dans le sillage de ce qu’il avait fait jeudi, mais en cours de journée, il a fait un « 180 » et est reparti à la hausse comme un seul homme. D’ailleurs, si l’on observe les graphiques de certains titres « technologique », cela ressemble plus à la trajectoire d’un type qui saute à l’élastique et qui parvient à remonter sur le pont qu’au comportement d’un marché censé qui est basé sur la réflexion, l’analyse fondamentale et l’investissement long terme. Si vous avez un doute, on peut déjà prendre quelques chiffres.

Graphique du Nasdaq 100 – Source : Tradingview.com

Au plus bas de la journée de vendredi, Apple était en baisse de 8%, Facebook de 7%, Amazon de 7.5% et le Nasdaq 100 reculait de 5.3%. À la clôture, Apple était en hausse, et le reste en baisse de 1 à 2%. Le rebond était au-delà du spectaculaire, on pouvait largement commencer à dire que des forces qui sont bien au-dessus de nos têtes étaient à l’action. Et il semblerait que si l’on cherche des coupables, ça soit encore une fois de la faute des options et autres produits dérivés. Si l’on en croit les rumeurs, il y a un gros joueur au Japon qui a acheté massivement des options depuis des mois propulsant le marché technologique bien plus haut qui serait en train de mettre à mal pas mal de monde aux USA, des spécialistes optionnels, qui sont en train de pagayer dans tous les sens pour essayer de s’en sortir. Mais comme d’habitude, sur les options, quand ça part en sucette, c’est tout le marché qui en prend plein les gencives , la volatilité explose, les mecs se retrouvent mal pris, il faut corriger les positions et comme tout le monde est mal pris, tout part en vrille, très vite et plus personne ne comprend rien.

Le tout à la veille d’un week-end de trois jours

La bonne et la mauvaise nouvelle dans tout ça, c’est que tout cela s’est passé à la veille d’un long week-end – le Labor Day aux USA – ça permet de se poser et de se poser les bonnes questions. Ça permet aussi à tout le monde de venir avec sa théorie et son opinion sur la suite, histoire d’essayer de catalyser un peu de gloire et de célébrité dans sa direction. Pour faire simple et si l’on reprend un peu la presse de ce week-end, on retiendra l’avis des Bulls qui disent que rien n’a changé que la liquidité abondante est toujours là et le soutien anti-COVID de la FED et des gouvernements n’a pas changé et que si les technos sont montées comme elles sont montées ces derniers mois c’est aussi parce qu’elles gagnent une chiée de pognon et que le fait que les gens restent un peu plus à la maison leur parfaitement favorable et qu’en plus après le Labor Day, le Sénat et le Congrès vont se remettre au boulot et que ce foutu stimulus 2.0 va bien finir par arriver. Sans compter que lorsque l’on voit les chiffres de l’emploi publiés vendredi dernier on se dit que l’économie n’est pas non plus super-rapide pour sortir de sa tombe, mais elle est en train d’y parvenir quand même. Lentement, mais sûrement. En conclusion : mort aux ours et longue vie à ce jeune Bull Market qui date de 5 mois à peine et que quand on compare à la bulle de l’an 2000, on est encore loin de l’état gazeux de la bulle au bord de l’explosion.

Du côté des Bears, c’est exactement le contraire. Selon certains experts, cette incertitude pourrait bien avoir jeté les bases d’importants épisodes de turbulences, voire de chutes brutales des actions. Septembre est un mois notoirement faible pour les investisseurs, et même si cette faiblesse est quelque peu modérée dans une année électorale, le mois d’octobre est également marqué par une période difficile pour Wall Street, avec l’élection présidentielle du 3 novembre qui se profile à l’horizon. La possibilité d’une résurgence de COVID-19 à l’automne et à l’hiver est également une raison de prendre ses profits sur les actions.

Il est impossible d’évaluer ce qui attend le marché, mais on retiendra qu’une explosion des volumes liés à la vente pourrait signaler un changement dans la tendance à la hausse des actions. Pour la première fois depuis le 3 avril, le S&P 500 a clôturé en dessous de sa tendance haussière. Ce n’est pas quelque chose que l’on aime voir et cela pourrait indiquer que la tendance tente de s’inverser. En ce qui concerne le rebond massif de la clôture de vendredi dernier, les Bears insistent sur le fait que cela pouvait aussi bien être des couvertures de shorts à l’approche d’un long week-end, plutôt que des « vrais achats ».

En conclusion : choisis ton camp camarade, à la fin tu as de toutes façons une chance sur deux d’avoir raison.

L’Asie ce matin

Ce matin les chiffres des exportations chinoises étaient bon, nettement au-dessus des attentes. Ce n’est cependant pas l’euphorie non plus. Certains titres actifs dans les semi-conducteurs sont sous pression parce que l’administration Trump veut encore serrer la vis aux Chinois concernant les exportations de technologie. Du coup, on ne se sent pas trop à l’aise si les tensions Sino-Américaines continuaient en plus de la volatilité actuelle. Néanmoins, les marchés sont inchangés et c’est déjà pas mal compte tenu du fait que tout le monde n’est pas d’accord avec la théorie du rebond à Wall Street et qu’en plus ils seront fermés ce lundi. Et même si Powell a fait des commentaires positifs sur l’économie suite aux NFP de vendredi dernier, on sent comme une tension qui pèse un peu partout dans le monde merveilleux de la finance où normalement on gagne à tous les coups.

En parlant de gagner à tous les coups, l’or est à 1942$ et le pétrole vient de passer sous les 40$ et s’échange à 39.55$ le baril et je m’interroge sur la suite des évènements en ce qui concerne ce truc-là. Techniquement il est en train de casser les supports mais en même temps, la tendance long terme semble repartir à la hausse. Je crois que je vais me mettre neutre sur le sujet pour le moment.

Nouvelles du jour

Pour ce qui est des nouvelles du jour, on va parler de Tesla – pour changer – après que le titre se soit fait massacrer ces derniers jours, suite à la vente massive de la part d’un des gros actionnaires externes qui s’est vu « obligé » de prendre les profits et également au placement de 5 milliards effectué par la société, voici que le S&P500 annonce que pour son nouveau re-balencement, ils vont intégrer Teradyne, Etsy et Catalent. Et pas Tesla. Autant dire que la déception est immense chez certains analystes qui avaient déjà le champagne au frais pour fêter l’entrée dans l’indice de référence américain. Le titre est sous pression depuis vendredi soir suite à cette annonce et ça pourrait continuer encore un peu étant donné que certains fonds indiciels ont dû jouer la carte de l’anticipation et que maintenant, il va falloir égaliser les bords, surtout que les coups de sac sur le S&P500, c’est pas toutes les trois semaines.

Autrement on parle des discussions autour du Brexit qui font toujours l’actualité. Il paraît que ça intéresse des gens, mais je ne sais pas trop qui. Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’ils ne soient pas trop d’accord entre eux et que ça pourrait poser problème pour la sortie de l’Europe. En même temps, l’Europe, là tout de suite, quelqu’un y croit encore ? Peut-être que je me trompe, mais depuis le début du COVID ; on a bien compris que c’est chacun pour soi et que l’Europe est un joli concept qui ne sert à rien et qu’on ne saura bientôt plus quoi faire des drapeaux bleus avec plein d’étoiles qui brillent de moins en moins. Mais bon, autant s’exciter sur le BREXIT pour faire croire que ça intéresse encore quelqu’un. Aux USA, suite aux « relativement bons chiffres de l’emploi », la Maison Blanche est en train de penser que le stimulus 2.0 n’a pas de raison d’être, puisque l’économie semble capable de s’en sortir seule. Je sens qu’on va aimer ça dans les jours qui viennent. On parle aussi du risque d’un éventuel « shutdown » de l’administration américaine, puisque le budget est, comme d’habitude, à côté de ses pompes, mais Mnuchin a annoncé hier qu’il n’y aura pas de problème et qu’ils ont trouvé un accord – probablement sous l’égide du COVID – pour empêcher un « shutdown ».

Les chiffres du jour

Comme les Américains sont fermés, autant vous dire que ce ne sont pas les chiffres de la production industrielle en Allemagne qui vont nous changer la vie, la journée pourrait être calme en Europe, histoire de commencer la semaine gentiment avant le Meeting de la BCE ce jeudi. Demain à l’ouverture de New York, nous aurons encore les chiffres de Peloton et de Slack, histoire de voir si la thématique du « home office » fonctionne toujours aussi bien et pour l’instant les futures US sont inchangés – normal, ils sont en mode BBQ aux USA et Fauci – l’équivalent de l’OFSP en Suisse – estime que si le COVID est contenu ce week-end, ils auront fait un pas en avant, si ce n’est pas le cas, faudra acheter les boîtes qui préparent des vaccins.

Je vous souhaite une excellente journée et je vous retrouve dans quelques heures sur Morningbull Live, en vidéo et en couleur. Bon début de semaine à tous !

Vidéo du 7 septembre :

Thomas Veillet

Investir.ch

«OK, première règle de Wall Street – Personne – et je me fous de savoir si vous êtes Warren Buffet ou Jimmy Buffet – personne ne sait si un titre monte, descend ou va de côté. Mais nous devons faire semblant de savoir. ” – Mark Hanna – Le Loup de Wall Street

L’article On ne sait pas si ça va aller en haut, en bas, à droite ou à gauche, mais on donne son avis est apparu en premier sur investir.ch.