Les bourses sont soutenues par les perspectives d’une forte reprise économique en 2021 grâce à la sortie de crise pandémique avec les vaccins et les plans de relance. Puis, le contrôle du Congrès US par les Démocrates et la tentative d’un coup d’Etat constitutionnel par Donald Trump constituent un scénario qui plaît aux investisseurs, du moins à court terme: pour tourner la page de la gestion trumpiste calamiteuse, certains Républicains modérés ou centristes seraient prêts à une approche plus bipartisane, en tout cas le temps de la sortie de la pandémie et de la récupération économique.

Les premiers jours de 2021 ont été marqués par une surperformance des segments Value et cycliques, en particulier les sociétés minières, les métaux de base finis et les pétrolières. A l’annonce de la victoire des 2 candidats démocrates en Géorgie, les valeurs vertes ont explosé, avec un petit parfum d’exubérance, c’est-à-dire des hausses entre 20% et 50%. En 2021, l’indice WilderHill Clean Energy a progressé de 23.5% (au 12 janvier). L’entrée du Coréen SK Holding dans le capital de Plug Power pour $1.5 milliard a rehaussé les valorisations du secteur de l’hydrogène. Le secteur du Vert, intégrant tous les produits et services liés à la décarbonation de l’économie globale, va profiter des investissements massifs ces prochaines années, mais aussi d’une activité de fusions et acquisitions intense. La thématique verte intègre de très nombreuses sociétés de taille petite et moyenne actives dans des domaines très pointues qui les rendent très intéressantes pour des grands groupes et pour les sociétés pétrolières européennes qui veulent réussir leur transition écologique.

On est dans un bull market. A court terme, on pourrait s’inquiéter d’un bitcoin qui avait franchi les 40’000, d’une action Tesla à $850 (90x le cash flow 2021, alors qu’Amazon n’a jamais été au-delà des 30x durant ces 15 dernières années) et de quelques hausses impressionnantes dans le segment Vert (solaire, éolien, hydrogène), mais certains indicateurs comme le Fear & Greed de CNN Money ou le RSI ne sont pas encore dans des zones rouge vif.

Dans une situation plus confortable avec la majorité au Congrès, Joe Biden a dit qu’il fallait dépenser beaucoup d’argent maintenant. Pour son premier exercice présidentiel, il a annoncé des dépenses de $3’900 milliards pour les ménages, les Etats, les gouvernements locaux, l’infrastructure traditionnelle et verte, la santé et l’éducation. Joe Biden va demander au Congrès l’annulation législative de $10’000 de dettes pour chaque étudiant, souvent payées par les parents. Le Démocrate Chuck Schumer demande l’annulation de $50’000 par étudiant par un décret administratif du gouvernement.

Joe Biden va présenter plus en détail son programme de dépenses et le financement par des hausses d’impôts adressée essentiellement aux ménages et sociétés riches. Le plan fiscal de Joe Biden consiste en une hausse marginale du taux d’impôt de 37% à 39% pour les revenus supérieurs à $400’000, une hausse du taux d’impôts pour les sociétés de 21% à 28% et un taux plancher de 15%, et une hausse du taux sur les gains en capital et les dividendes de 20% à 39.6% sur les revenus supérieurs à $1 million. Le marché pense que ce plan ne sera mis en place dans sa totalité qu’en 2022 en raison de la fragilité de l’économie.

Une hausse du taux d’imposition sur les sociétés réduirait de 7% les profits du S&P 500 et aura un effet défavorable indirect sur les programmes de rachats d’actions. Le segment Croissance sera le plus affecté, les Big Tech, la Technologie et la Pharma en tête.

Nous favorisons les valeurs vertes globales liées à l’économie décarbonée (solaire, éolien, batteries, hydrogène, etc…) et les métaux de base qui en profiteront comme l’aluminium ou le cuivre, ainsi que les secteurs dans l’infrastructure traditionnelle aux Etats-Unis (ciment, acier, ingénierie) avec Martin Marietta, Vulcan, Nucor ou Aecom. La reflation et une hausse du taux d’imposition pour les sociétés seront défavorables aux Big Tech, en performance relative en tout cas, qui, en plus, subissent des pressions antitrust croissantes et feront face à de nouvelles régulations contraignantes.

 

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